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Engrais verts : la méthode Merci pour calculer la restitution dans les sols viticoles évolue

Outil de référence pour estimer le retour des couverts végétaux sur la fertilité des sols, la méthode Merci vient d’être mise à jour. Le point sur les évolutions.

<em class="placeholder">Viticulture. Couvert végétal de légumineuses (sainfoin, luzerne méditerranéene, trèfle de perse, trèfle incarnat) et plantes d&#039;intérêt écologique (pimprenelle, ...</em>
La quantité d'éléments minéraux restitués à la vigne grâce aux couverts végétaux peut être calculée à l'aide de l'outil Merci.
© Château de Nages

La méthode Merci intègre un nouveau paramétrage des calculs

La nouvelle version de la méthode Merci a permis de compiler environ 6 800 essais afin d’améliorer la finesse des calculs. La teneur en matière sèche est aujourd’hui appréciée pour six durées de développement du couvert végétal, avec un renforcement des données pour des dates de destruction du couvert tardives : moins de 60 jours ; 60 à 90 jours, 90 à 120 jours, 120 à 180 jours, 180 à 240 jours et plus de 240 jours.

Pour la teneur en azote des parties aériennes, les données ont pu être réparties en sept classes de biomasse afin d’obtenir une estimation satisfaisante des quantités d’azote accumulées, tout en prenant en compte le phénomène de dilution de l’azote observé dans les végétaux. On remarque que cette dilution est logiquement importante en début de végétation et s’estompe progressivement avec la croissance en matière sèche. Cette baisse de concentration en azote ou augmentation du C/N est également présente chez les légumineuses. Ces nouvelles données expliquent et viennent corriger certaines surestimations pour des couverts très chargés en légumineuses à forte biomasse.

Enfin, de nouvelles espèces ont été paramétrées : vesce de Narbonne, chia, carthame, rave… afin de suivre l’évolution des pratiques.

La méthode Merci prend maintenant en compte la destruction du couvert par pâturage

De nouvelles équations de calcul ont été établies en ce qui concerne le pâturage du couvert végétal. Ces calculs différencient le pourcentage de biomasse pâturée de chaque espèce afin d’apprécier les éventuelles différences d’appétence par rapport à la consommation par les animaux. Cette nouvelle fonction va permettre d’évaluer plus précisément l’impact des animaux sur les parcelles et d’en établir plus nettement les bénéfices agronomiques.

On observe que le pâturage du couvert végétal, comme il est souvent pressenti, entraîne une minéralisation plus rapide de l’azote contenu dans le couvert par rapport à une destruction sans pâturage. Les restitutions sont logiquement quasi identiques pour le phosphore et la potasse. Au regard des niveaux de fertilité globale captés par le couvert et restitués au sol, la consommation réelle (ou plutôt l’exportation) par les animaux est négligeable. Cependant, ils ne sont pas des créateurs de fertilité, comme certains voudraient le croire, mais simplement des accélérateurs de flux. Concernant le stockage du carbone, les animaux consomment pour leur métabolisme des quantités importantes de carbone qu’ils renvoient sous la forme de CO2 principalement mais aussi de méthane. Mais le pâturage du couvert végétal ne diminue le stockage de carbone et de matière organique que de 15 %.

La plateforme Merci bénéficie de nouvelles fonctionnalités pour plus de précision

De nouvelles fonctionnalités ont été développées afin de faciliter l’utilisation de la plateforme Merci. Des « infos bulle » ont été ajoutées et fournissent une définition rapide du paramètre permettant de limiter les erreurs lors de la réalisation des calculs. Pour les utilisateurs inscrits, il est maintenant possible de recharger, modifier et dupliquer un calcul, mais aussi de modifier les informations personnelles de votre compte (adresse mail, nom…). La bibliothèque et la foire aux questions (FAQ) ont été enrichies.

Enfin, des tests de cohérence ont été ajoutés lors de la saisie des dates, la biomasse aérienne verte ou la surface de prélèvement. Ils permettent de limiter les erreurs de saisie et de préciser les résultats.

comprendre

La méthode Merci (pour Méthode d’estimation des restitutions des cultures intermédiaires) permet d’évaluer la quantité d’éléments fertilisants restitués par les couverts végétaux (engrais verts). Développée par Arvalis et les chambres d’agriculture, elle estime les apports en azote, phosphore, potassium, magnésium et soufre produits par la biomasse aérienne et racinaire des couverts. Le protocole consiste à prélever et peser la biomasse sur plusieurs placettes représentatives avant destruction, puis à convertir la matière fraîche en matière sèche à l’aide de coefficients spécifiques à chaque espèce. Les données sont ensuite saisies dans l’outil en ligne Merci, qui calcule les restitutions potentielles selon une base de références agronomiques.

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