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En Gironde : « L’autopalissage des vignes nous fait économiser 75 000 euros de prestation de levage »

Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux (Gironde), expérimente depuis trois ans l’autopalissage des vignes. Les relevages sont remplacés par des rognages, moins coûteux.

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Bruno Laffitte, chef de culture des Vignobles Jaubert, 150 hectares à Ladaux, en Gironde, pratique l'autopalissage de la vigne
© B. Laffitte

« Nous avons testé l’autopalissage de la vigne en 2024, sur cinq hectares, car nous cherchions des sources d’économie. Nous étions déjà passés à un seul levage au lieu de deux, mais cette technique semblait apporter une nouvelle marge de manœuvre en les supprimant complètement. Nous avons été conquis et sommes passés à 40 hectares conduits ainsi en 2025 et 110 hectares cette année. Sur l’ensemble du domaine cela fait 75 000 euros par an de prestation d’économisés !

Le seul prérequis est de faire en sorte qu’il y ait un fil tous les 15 ou 20 centimètres. Nous avions déjà majoritairement des systèmes à 4 fils, avec deux releveurs et deux fixes en haut, donc il a suffi de les repositionner. Convertir les parcelles est très simple sur les piquets en fer, où il n’y a qu’à changer d’encoche. C’est un peu plus fastidieux sur des piquets bois où il faut clouer les crampillons.

Le principe de l’autopalissage est de gérer la vigne par simple rognages et de la laisser monter dans les fils toute seule en s’accrochant avec les vrilles. Il est primordial de réaliser le premier passage tôt, dès que les premières branches commencent à pousser vers l’interrang, et d’y revenir rapidement. Cela représente davantage de rognages. Début juin nous entamions notre premier passage dans les vignes relevées manuellement alors que nous étions au quatrième pour celles en autopalissage. Mais nous avons trois écimeuses double-rang, c’est rapide, une personne seule fait une quinzaine d’hectares par jour. Et ça n’est pas l’opération la plus gourmande en gasoil.

Une technique qui n’empêche pas d’avoir du bois pour les astes

Pour moi le résultat n’est pas aussi parfait qu’avec deux relevages, il faut être clair, mais bien meilleur qu’avec un seul. La végétation n’a pas le temps de s’entasser et les grappes sont toujours apparentes. Je pense que cela rend les traitements beaucoup plus efficaces. Et arrivé au mois de juillet, je défie quiconque de me dire quelles parcelles ont été levées manuellement ou autopalissées ! Il faut par contre que les vignes soient assez vigoureuses, sinon elles ont du mal à s’accrocher. Nous faisons cela aussi bien sur les sauvignons, cabernets sauvignon, merlots que malbecs. Il n’y a que pour les cabernets sauvignon, qui poussent moins droit, qu’il faut faire attention. On a peut-être un petit peu moins de choix pour les bois à la taille, mais ça n’est pas gênant. Nous avons vérifié avec la chambre d’agriculture certains paramètres comme le rendement ou la qualité des raisins, et n’avons pas vu d’impact. Nous sommes même allés jusqu’à la vinification pour comparer deux cuvées témoin et nous n’avons pas vu de différence. Je vois surtout des avantages dans cette technique… »

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