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Des prêts d’honneurs jusqu’à 90 000 euros

Dans le cadre d’une installation ou d’un changement d’échelle, certains organismes solidaires proposent des prêts à taux zéro.

Dans le cas d’un projet d’achat de parcellaire, il est possible d’avoir recours au groupement foncier viticole (GFV) pour éviter d’alourdir de façon considérable la dette de l’entreprise.
© gutner archive

Obtenir un prêt sans intérêt et sans garantie personnelle, impensable me direz-vous. Et pourtant, c’est possible ! « En 2010 nous avons créé un fonds de dotation régional spécifique à l’agriculture, qui couvre actuellement toute la Nouvelle Aquitaine », informe François Gaumet, directeur du réseau Initiative Périgord. Un capital destiné à aider le lancement des agriculteurs et vignerons non éligibles à la dotation jeune agriculteur. Le tissu associatif Initiative France (auquel appartient Initiative Périgord) œuvre pour l’intérêt général, et fonctionne grâce au mécénat, aux aides publiques, ainsi qu’à des professionnels bénévoles, qui évaluent la viabilité du projet des candidats. Il permet d’obtenir un prêt d’honneur de 5 000 à 20 000 euros, remboursable en 3 à 5 ans.

Pour les vignerons déjà installés, des solutions similaires existent, afin d’aider l’entreprise lors d’un projet de forte croissance. Le réseau Entreprendre propose notamment un accompagnement sur la durée par un chef d’entreprise expérimenté, couplé à des prêts d’honneur. « Il ne s’agit pas seulement d’obtenir un financement, mais une aide globale, avec un suivi individuel et collectif sur 24 à 36 mois », explique Emmanuel Libaudière, directeur du pôle marketing du réseau. De cette façon, 30 000 à 90 000 euros peuvent être débloqués pour supporter un projet d’agrandissement, de développement export ou autre, avec l’objectif de doubler le chiffre d’affaires en trois ans. « C’est en plus un levier majeur auprès des banques. L’accompagnement est un facteur de réassurance », complète le directeur. Autre avantage, le partage d’expérience aide aussi à sortir du maquis administratif. « Nous sommes animés par des valeurs humanistes, ce que l’on fait est gratuit. L’idée est que l’entrepreneur rende ce qu’il a reçu en devenant membre du réseau une fois son projet réalisé », conclut Emmanuel Libaudière.

en bref

Conditions projets de reprise/installation, de développement ou innovants.

Montant 5 000 à 90 000 €, voire plus si projet innovant.

Contacts réseaux locaux d’Initiative France et réseau Entreprendre, BPI France, CCI…

 

S’agrandir grâce au GFV

Lorsque le prix du foncier devient trop important, s’associer à des investisseurs au travers d’un groupement foncier viticole est une option intéressante.

Dans le cas d’un projet d’achat de parcellaire, il est possible d’avoir recours au groupement foncier viticole (GFV) pour éviter d’alourdir de façon considérable la dette de l’entreprise. « En particulier lorsque le prix dépasse les 300 000 euros l’hectare, observe Sabine Eyquem, présidente de la société de conseil en patrimoine GFV Saint Vincent. Une fois libéré du foncier, le vigneron peut se concentrer sur d’autres choses et garde sa capacité d’entreprendre. » Concrètement, le vigneron va s’associer à des investisseurs. Ce sont eux qui vont acheter les terres, puis faire un bail au producteur. « De plus en plus de gens souhaitent investir dans du réel, et le secteur viticole bénéficie d’un fort attrait, éclaire la conseillère. Ce sont souvent des chefs d’entreprise voulant diversifier leur patrimoine et profiter d’avantages fiscaux. »

Mais Marc-Antoine Seris, co-fondateur de la banque d’investissement Canovia, prévient : « Il y a des pièges à éviter, notamment pour les petits domaines. Les gros investisseurs, au-delà du million d’euros, seront forcément très exigeants derrière. Ils ne feront pas de cadeaux. De même, les petits investisseurs qui ne recherchent que l’aspect spéculatif sont dangereux pour un domaine avec une vision sur le long terme de qualité et de transmission. » L’idéal, dans ce cas, est de trouver un groupe de personnes passionnées par le vin, prêtes à établir une relation de partage avec le propriétaire. « Il faut donc un projet fédérateur », analyse Olivier Antoine-Geny d’AOC Conseil. Ce type de projet est plutôt destiné aux vignerons ayant un potentiel de notoriété important ou bien situés sur des appellations prestigieuses. « Cela convient d’autant plus aux personnalités avec un capital sympathie, car il faut animer un minimum son réseau d’investisseurs, les recevoir… Il ne faut pas oublier que c’est aussi un potentiel réseau d’ambassadeurs », ajoute Sabine Eyquem. « Dans le cas où le but du vigneron est de récupérer son patrimoine et des investisseurs de récupérer leur argent, il est possible de prévoir la sortie de ces derniers dès le montage de projet », rassure Maxime Debure, conseiller en ingénierie financière.

en bref

Conditions avoir un projet foncier et un potentiel de notoriété.

Montant de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d’euros.

Contacts conseillers en gestion de patrimoine (GFV Saint Vincent, Canovia…), experts-comptables.

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