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Des outils pour broyer l’enherbement

Broyeur à axe horizontal ou gyrobroyeur ? Ces appareils d’entretien bien connus ont chacun leurs atouts mais ne manquent pas pour autant d’innovations.

Portance, maîtrise des rendements, lutte contre l’érosion, interdiction d’herbicides, conversion à la viticulture biologique… Les raisons de mettre en place un enherbement sont nombreuses mais imposent une bonne maîtrise, pour ne pas se faire envahir. " Dans toutes les régions françaises, nous constatons une tendance grandissante vers l’enherbement intégral, y compris sur le rang ", remarque Thierry Gohin, responsable technique de Desvoys. Pour entretenir l’interrang, deux types de machines sont proposés sur le marché : les gyrobroyeurs et les broyeurs à axe horizontal. Dotés d’un ou plusieurs rotors à axe vertical, les premiers sont les plus répandus, notamment car ils sont moins chers. "Pour un gyrobroyeur de 1,30 m, compter autour de 2 500 euros, quand un broyeur de même largeur approche les 4 000 euros", donne pour exemple Thierry Gohin. Ces appareils proposent des vitesses de travail sensiblement plus élevées. Par contre, ils présentent l’inconvénient d’être plus encombrants, avec un porte-à-faux plus important, qu’un broyeur à axe horizontal, et tendent à andainer à proximité du rang lorsque les volumes à broyer sont trop importants. Cela peut handicaper les opérations sur le rang, telles que le travail du sol. Par ailleurs, certains constructeurs ont coupé les angles arrière pour limiter le porte-à-faux lors des manœuvres de demi-tour, l’absence d’angle réduisant également selon eux la formation d’andain. D’autres constructeurs ont pris le parti de concevoir des gyrobroyeurs à deux, trois, voire quatre rotors. En augmentant le nombre de rotors, le diamètre de ces derniers est réduit, le porte-à-faux moins important et la répartition de résidus plus étalée.

De leurs côtés, les broyeurs à axe horizontal offrent une bonne qualité de broyage, à condition d’avoir les éléments de coupe adaptés. Convenant au broyage des sarments, les marteaux doivent être remplacés par des fléaux pour une coupe fine de l’herbe. Le flux d’herbe offre une bonne répartition des résidus sur toute la largeur. Avec le système SDS, Kuhn ajoute une vis sans fin animée hydrauliquement en sortie de broyeur qui transfère et dépose les résidus sur le rang. « Ce système assure un paillage sur le rang, vecteur d’humus et de fraîcheur, explique Joseph Tard, de Kuhn, et limite la pousse d’adventice la pousse sur le rang. » « À condition d’avoir un volume de biomasse suffisamment important », précise Loïc Pasdois, conseiller machinisme de Gironde.

À chacun sa polyvalence

Ces broyeurs offrent une bonne polyvalence en étant capables de broyer finement les sarments, lorsque l’itinéraire cultural le permet (absence de maladie de bois, etc.). « De l’autre côté, on voit émerger un certain nombre de gyrobroyeurs sur lesquels sont montées des rogneuses », constate Loïc Pasdois. Les viticulteurs profitent de la stabilité du gyrobroyeur – les patins ou la combinaison des roues gomment les irrégularités du terrain – pour réaliser un travail d’entretien qualitatif.

Travailler au plus près du rang

Entretenir son interrang devient plus compliqué lorsque l’écartement entre les vignes est différent d’une parcelle à une autre. Une des solutions consiste à utiliser un broyeur déportable mécaniquement ou hydrauliquement. Le broyage complet de l’interrang dans les vignes larges se fait alors en deux passages. Certains constructeurs proposent des gyrobroyeurs multirotors dont l’écartement entre les deux rotors centraux est variable. D’autres disposent d’appareils dotés de têtes de broyage satellites. Animées mécaniquement ou hydrauliquement, ces têtes sont pourvues d’un dispositif d’effacement pour contourner les ceps et broyer sur le rang. Pour Loïc Pasdois, il n’existe cependant pas d’équipement totalement adapté au broyage sur le rang. « On voit des têtes de broyage sans carter, ce qui est contraire à la réglementation. Quant aux autres, celles dotées d’un capot qui protège des projections, ce dernier tend à coucher l’herbe empêchant une fauche efficace. À moins d’intervenir très tôt et passer très régulièrement. Pour ce qui est du système de coupe, entre les lames qui ne vont pas assez près des ceps et les fils qui s’usent en une journée tout au plus, il n’y a pas encore d’outil idéal. »

En Gironde, faucher plutôt que broyer

Pour Loïc Pasdois, l’enherbement intégral constitue une bonne solution de lutte contre l’érosion dans les fortes pentes. Le conseiller machinisme de la chambre d’agriculture de Gironde incite les viticulteurs concernés par l’érosion à se diriger vers cette solution. « Pour obtenir une longueur de coupe plus importante et une meilleure efficacité contre l’érosion, nous avons modifié des broyeurs pour réduire leur vitesse de rotation, essais qui ne se sont pas montrés suffisamment satisfaisants. Pour cette saison, nous allons faire venir d’Italie des barres de coupe, c’est-à-dire des lamiers à sections tout simples pour juste faucher et non broyer. »

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