Aller au contenu principal

Des capteurs intelligents pour agir et détecter en amont

Les instituts de recherche planchent sur de nombreuses pistes en vue d’améliorer les traitements. Détection précoce des champignons et meilleure adaptation de la dose au végétal sont au programme.

L'Irstea et l'IFV travaillent au développement d'outils embarqués de type Lidar (télédétection par laser), afin d'adapter la dose au volume foliaire.
© C. Zambujo

Lors de la journée Agriculture numérique du pôle de compétitivité Terralia, le 2 février dernier à Avignon, Nathalie Gorretta, de l’Irstea, a présenté ses travaux sur la détection précoce des maladies fongiques par imagerie hyperspectrale. Le but est de repérer la présence de champignons quelques jours après l’infestation, alors que les symptômes, eux, sont encore invisibles. « Les enjeux sont nombreux : la détection précoce, la différenciation des maladies en présence, la diversité des causes des symptômes, la quantification de la sévérité de l’attaque », explique-t-elle. Dans le détail, l’imagerie hyperspectrale utilise différentes méthodes d’optique et de réflexion des rayonnements, permettant de voir quand la plante met en place différentes parades physico-chimiques en réaction aux bioagresseurs. « Nous nous intéressons au rayonnement réfléchi par le végétal, indique-t-elle. La plante réagit avec son milieu et le rayonnement lumineux qu’elle capte ressort avec différentes bandes d’absorption, qui renseignent sur les métabolites produits, les nouvelles protéines en présence, une modification structurale comme le renforcement des parois… »

Fluorescence, réflectance et bancs Polis

L’Irstea travaille ainsi sur différentes méthodes : la fluorescence ultraviolet, la réflectance visible et très proche infrarouge et la réflectance infrarouge, les bancs Polis, etc. « Ces derniers permettent de polariser la lumière pour ensuite extraire différents signaux : la réflexion de surface qui montre que le signal lumineux n’a pas pu pénétrer dans le végétal ; la réflexion diffuse interne qui donne des informations sur la composition chimique, ou la réflectance totale, qui combine les deux », poursuit-elle. Dans un essai, des feuilles inoculées et des feuilles saines de pommiers sont mesurées quotidiennement. Les endroits qui développent des tâches de tavelure sont « photographiés », et les images ainsi obtenues traitées avec des outils de chimiométrie, en remontant dans le temps. « L’idée, c’est d’aller jusqu’à l’approche statistique pour voir quels phénomènes sont présents et à quelle date le processus de développement de la maladie a commencé », poursuit la chercheuse. Ce travail se réalise sur plusieurs plantes modèles, dont la vigne pour l’oïdium.

Dans le cadre de ces travaux, une thèse va débuter sur l’imagerie hyperspectrale. « Nous sélectionnons différentes longueurs d’onde – sur une gamme spectrale allant de 400 nm à 2 500 nm – et construisons des indices, détaille Nathalie Gorretta. C’est ainsi que nous avons découvert que le taux de chlorophylle ou le taux de pigments bruns étaient pertinents pour déterminer la présence de tavelure. » Enfin, étape ultime, la reconstitution du végétal en imagerie 3D avant de transférer les outils « vers le champ ».

Dans le cadre du projet Architech dose viti, l’Irstea et l’IFV travaillent au développement d’outils embarqués de type lidar (télédétection par laser), afin de mesurer l’expression du végétal et d’adapter la dose au développement végétatif de la vigne. « Nous utilisons un lidar terrestre monté à l’arrière d’un tracteur vigneron et nous avons testé les résultats obtenus par rapport à des indicateurs connus », détaille Matthieu Bastianelli, de l’Irstea. Ce sont le LWA (Leaf wall area) pour la hauteur de végétation, le TRV (Tree row volume) pour le volume de végétation et le TAI (Tree area index) pour l’expression du taux d’interception des faisceaux au sein du couvert végétal, « et donc sa porosité ». Les travaux se poursuivent, mais des premiers acquis ont été obtenus : le lidar est un outil embarqué opérationnel pour définir des indicateurs de l’expression de la vigueur de la vigne. Cette année et l’an prochain, l’équipe va s’attacher à valider la mesure lidar et ses indicateurs sur des vignobles de différentes régions à quatre stades végétatifs, avec une représentation spatiale des parcelles. Par ailleurs, un outil d’aide à la décision est en cours de développement pour ensuite aider au raisonnement des doses.

Les plus lus

<em class="placeholder">Émilie Faucheron</em>
Dans l’Hérault : « Nos couverts végétaux ne donnent pas assez de biomasse pour pailler le rang de vigne »

Émilie et Benjamin Faucheron, viticulteurs à Montady, dans l’Hérault, ont l’habitude d’implanter des couverts végétaux dans…

<em class="placeholder">barriques de vinaigre dans une serre à Cadillac en Gironde</em>
En Gironde : « J’ai installé mes barriques à vinaigre dans une serre et non dans mon chai »

Vigneron multi-actif, Vincent Lataste, du Château Mamin à Cadillac en Gironde, vient d’ajouter la production de vinaigre à son…

<em class="placeholder">Chai de la cave coopérative de Tutiac. Cuves en inox de 600 hl, goulotte pour décuvage, vis sans fin sous le sol grillagé pour évacuer le marc</em>
Crise : les caves coopératives de vinification au pied du mur

Pour faire face aux réductions de surfaces qui amputent leur rentabilité et au manque de perspectives encourageantes des…

<em class="placeholder">Benoît Belly, vigneron en bio sur 45 ha au Moulin de Vignolle, à Pleine-Selve, en Gironde</em>
En Gironde : « Je gagne beaucoup de temps en paillant mes rangs de vigne avec la PFA »

Benoît Belly, vigneron sur 45 hectares au Moulin de Vignolle, à Pleine-Selve, en Gironde, paille ses cavaillons avec l’herbe…

<em class="placeholder">Graphique = Davantage de cépages patrimoniaux dans les petits bassinsRépartition des 45 variétés inscrites au Catalogue national officiel des variétés de vigne par les ...</em>
Viticulture : 45 cépages ancestraux sont inscrits au Catalogue national officiel

La Commission technique nationale de sélection de la vigne (CTNSP) œuvre pour préserver et valoriser la diversité génétique de…

Vidéo - En Gironde : une remorque faite maison pour lutter contre le gel de la vigne

Un vigneron bordelais, Frédéric Lahaye, a conçu une remorque antigel. La voici en action.

Publicité
Titre
OFFRE SPÉCIAL PRINTEMPS
Body
A partir de 86,40€/an​
Liste à puce
Profitez de notre offre Printemps: -20% jusqu'au 05 avril 2026! Code Promo : OFFRE_PRINTEMPS_2026​
Accédez à tous les articles du site Vigne
Consultez les revues Réussir Vigne au format numérique sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters des filières viticole et vinicole