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Buttage des vignes : quels équipements choisir ?

Ramener de la terre sur le rang présente plusieurs intérêts. Selon les conditions, il existe plusieurs types de matériel pour réaliser ce travail.

<em class="placeholder">Disques crénelés Clemens</em>
Les disques pleins assurent un débit de chantier et un flux de terre importants.
© Clemens

Le buttage des vignes peut être réalisé dès la fin des vendanges et jusqu’au début de la taille. Pour réaliser cette opération, il existe principalement trois familles de matériels : les buttoirs, les disques pleins (lisses ou crénelés) et les disques émotteurs.

Trois familles d’outils de buttage

Composés des socs et de versoirs, les corps butteurs et les buttoirs (associant deux corps butteurs en symétriques pour les vignes étroites) constituent probablement la solution la plus ancienne pour remonter la terre sur le rang. « On voit beaucoup de viticulteurs qui ressortent les vieilles charrues vigneronnes ou les socs du père ou du grand-père, qu’ils vont bricoler sur un châssis », explique Rémi Faure, de Clemens. « C’est une solution économique pour remonter potentiellement des gros volumes de terre, explique Christophe Gaviglio de l’IFV. Le soc et le versoir réalisent un travail de désherbage efficace en retournant l’horizon de terre. La terre est moins fragmentée qu’avec des disques émotteurs ou des disques pleins, qui projettent plus et affinent davantage le sol. Pour ceux qui souhaitent enlever à la main les rhizomes de certaines adventices, c’est l’outil le plus adapté. »

<em class="placeholder">Buttoirs à socs et versoirs Boisselet</em>
Les buttoirs à socs peuvent intervenir dans une majorité de conditions comme les sols humides et/ou pierreux. © Boisselet
La vitesse de chantier est en revanche limitée à 4 à 5 km/h. Si cet outil est plus à l’aise dans les conditions humides, il tend à générer une petite semelle de labour, qui constitue une barrière physique, défavorable au développement racinaire, au drainage de l’eau, à l’oxygénation des sols et à leur réserve utile. Dans les sols pierreux, les corps butteurs et les buttoirs sont à leur avantage. Ils conservent leur profondeur de travail quand les disques tendent à rouler au-dessus des pierres et à se soulever.

Plus de débit de chantier avec les disques

Autre solution pour retourner des volumes de terre importants, les disques. À bord crénelé ou à bord lisse, ils permettent de projeter si besoin une quantité importante de terre à des vitesses de chantier plus élevées (7 à 9 km/h). Pour ramener le même volume de terre que le buttoir, il faut piocher un peu plus profond ou sur une largeur plus importante. Du fait de la vitesse de travail plus élevée, la terre projetée est plus fine. L’orientation des disques (plus ou moins parallèle avec la ligne d’avancement), ainsi que la vitesse de travail agissent sur la distance de projections. Pour une vitesse donnée, il faut donc gérer l’orientation des disques pour verser la terre sous le rang et piloter la profondeur de travail du disque pour doser le volume de terre retourné.

Selon les marques et les modèles, il est possible de régler l’inclinaison des disques. En couchant un peu plus le disque, on favorise sa pénétration dans les sols secs et durs et on limite le pianotage de l’outil dans les terres pierreuses. L’utilisation de disques crénelés avec angles saillants a également un impact positif sur la capacité de pénétration. Ils génèrent un fond plus irrégulier qui attenue les effets de ruissellement.

Un buttage moins intensif avec les disques émotteurs

Composés de disques ajourés associés par deux ou par trois, les disques émotteurs réalisent un travail de désherbage par fragmentation, tout en limitant les phénomènes de lissage dans le fond de la zone travaillée. La terre projetée est plus fine, ce qui favorise l’étouffement des adventices sur le cavaillon. Le volume de terre, réglable avec l’orientation et l’inclinaison des pièces travaillantes, reste moindre comparativement aux disques pleins ou aux buttoirs. Ceci veut dire également que les disques émotteurs se montreront moins efficaces si la végétation sous le rang est trop développée.

<em class="placeholder">Disques émotteurs Braun</em>
Les disques émotteurs projettent une terre fine qui étouffe les adventices sur le cavaillon. © Braun
« Ces outils ont connu un certain succès ces dernières années, explique Lilian Lespinasse, de la société Braun. Ils sont très répandus et leur vitesse de travail élevée (6 à 9 km/h) est intéressante quand on veut avaler des hectares dans la journée. » Comme les disques pleins, ils peuvent être réglables en inclinaison, pour leur donner de la capacité de pénétration. En revanche, ces outils demandent des terres bien ressuyées : dans des sols trop gras, ils bourrent facilement. De même, les terres caillouteuses sont à proscrire, les pierres se coinçant entre les dents. C’est cependant moins vrai dans les sols à galets.

Autre point, en piochant la terre sur une bande assez large, les disques émotteurs sont moins sujets à la formation de sillons dans laquelle le tracteur risque de glisser lors des passages ultérieurs.

Essayer avant de l’adopter

Quelle que soit la solution, Christophe Auvergne, de la chambre d’agriculture de l’Hérault, insiste sur la nécessité d’essayer les matériels sur son exploitation. « Les démonstrations sont organisées dans des lieux et des conditions généralement favorables. Si un matériel vous intéresse, demandez une démonstration chez vous », insiste le conseiller.

Des solutions pour un travail régulier

Pour une qualité de travail constante, il est préférable de recourir aux solutions maintenant la profondeur de travail constante. Cela peut être des roues de jauge, un rouleau arrière sur un châssis ou un montage des outils entre roues.

Le travail régulier peut aussi être obtenu en travaillant le rang complet et non deux demi-rangs. Avec les pièces travaillantes face à face, les flux de terre s’opposent, procurant un affinage plus important. De plus, cela simplifie les réglages des outils, notamment l’angle d’attaque.

Travailler l’interrang

Pour augmenter l’intensité du désherbage, certains viticulteurs souhaitent non seulement butter mais aussi scalper la zone sous le cavaillon, avant que celle-ci ne soit recouverte. Cela passe par des outils interceps montés en amont des outils de buttage, ou par l’utilisation d’outils de buttage montés sur interceps. Dans les deux cas, cela impactera plus ou moins la vitesse de travail.

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