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Bordeaux ausculte le profil de ses vins rouges

Le CIVB poursuit le travail engagé en 2021 pour identifier les réussites et augmenter la satisfaction des consommateurs de vins rouges de bordeaux sur le créneau des vins entrée de gamme.

Les travaux du CIVB sur les vins rouges de Bordeaux de 5 à 8 euros révèlent que les consommateurs ont des goûts variés mais que deux profils se détachent.
Les travaux du CIVB sur les vins rouges de Bordeaux de 5 à 8 euros révèlent que les consommateurs ont des goûts variés mais que deux profils se détachent.
© C. Gerbod

Dans le contexte de difficultés commerciales rencontrées par les vins rouges de Bordeaux sur le créneau des entrées de gamme, le CIVB a initié en 2021 un travail sur le profil de ces vins. L’originalité de l’étude est de croiser l’appréciation des consommateurs et l’analyse par les professionnels d’une même sélection de vins. Le but est d’identifier le profil des vins qui plaisent et d’en tirer des pistes concrètes en matière de vinification.

Une variété de goûts s’exprime

Les premiers résultats des travaux 2023 ont été présentés le 31 août lors d’un webinaire. Ils ont porté sur la perception de vingt vins du millésime 2020 auprès de consommateurs de 18-45 ans. L’étude précédente a montré que ces derniers étaient plus sévères que leurs aînés.

Comme en 2021, il n’est pas constaté de différence d’appréciation entre hommes et femmes et selon les catégories socioprofessionnelles. Les consommateurs jugent avant tout le goût et l’équilibre du vin et s’attachent peu à la couleur. Les appréciations sont bonnes, presque toutes autour de 6-6,5/10 mais avec des écarts types importants. C’est le signe d’une diversité de goûts, relève Laurent Charlier, responsable recherche et innovation au CIVB.

Une attente de vins rouges fruités et frais

Deux groupes se distinguent toutefois ayant chacun des coups de cœur différents en dehors de quelques rares vins consensuels. D’un côté, des amateurs de vins fruités, frais, légers, pas amers. De l’autre, de consommateurs valorisant les vins plus structurés, boisés, empyreumatiques et pas trop acides, correspondant davantage au profil type des bordeaux. « On est peut-être dans un changement de typologie de produit », a interrogé Laurent Charlier.

Les consommateurs jugent l’intensité comme un défaut lorsqu’elle est attribuée à un excès d’alcool dans le vin. Le boisé est apprécié par une partie d’entre eux, mais il convient de mieux cerner quel type de boisé plaît. Le fruité et la sucrosité sont appréciés dans les vins testés. Ces dimensions peuvent encore être travaillées, puisque aucune note n’est très élevée sur ces critères, constate Laurent Charlier.

Des défis à relever à la vigne et au chai

« Le curseur a avancé sur le fruit mais pas encore assez au bout pour répondre aux attentes des consommateurs », a estimé Pascal Hénot, consultant chez Enosens, en commentant les résultats. « L’alcool est un frein à l’expression des fruits frais même lorsque l’on extrait avec retenue. C’est un amplificateur du boisé », a souligné de son côté Romain Bocchio, consultant chez Derenoncourt Consultants. Il a aussi invité à ne pas confondre puissance et concentration. Paul Godard de Beaufort, œnologue conseil chez Œnocentre Bordeaux-Médoc a évoqué un « changement d’attitude à avoir ».

Le CIVB présentera des résultats approfondis, le 18 janvier 2024, lors d’un forum technique. Ils seront complétés par un éclairage sur les blancs secs.

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