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Aude : un projet innovant dédié à la défense contre les incendies des vignes et des zones agricoles

La chambre d’agriculture de l’Aude veut développer des paiements pour services environnementaux spécialement dédiés à la lutte contre les incendies et abondés par le secteur privé.

<em class="placeholder">Ludovic Roux, président de la chambre d&#039;agriculture de l&#039;Aude.</em>
Ludovic Roux entend développer des paiements pour services environnementaux spécifiquement dédiés à la lutte contre les incendies.
© Y. Kerveno

Depuis la chambre d’agriculture de l’Aude, qu’il préside depuis le début de l’année, Ludovic Roux espère que la leçon des incendies de l’été 2025 et ses près de 25 000 hectares parcourus, servira enfin. À l’heure de se pencher sur la reconstruction, il sait aussi que c’est une somme d’aménagements qui pourra rendre au territoire un futur plus désirable et qu’il faut innover. D’où l’idée d’un système de paiements pour services environnementaux (PSE) spécialement consacré à la défense contre les incendies (DFCI) et alimenté par le privé. Notamment par les entreprises qui subissent les conséquences des incendies comme Enedis qui doit rebâtir des réseaux ou Vinci avec la fermeture de l’autoroute.

Créer des coupe-feux dans les zones critiques

« Nous avons finalisé ce projet avec les pompiers pour identifier les zones critiques où l’agriculture peut jouer un rôle déterminant dans la prévention en créant des coupe-feux. Si nous avions eu ce système, le feu de Narbonne n’aurait peut-être pas parcouru 2 000 hectares », affirme Ludovic Roux. Le projet devrait être présenté officiellement à la mi-septembre aux partenaires pressentis.

La politique de l’eau doit se structurer

Autre point qu’il juge crucial : l’eau. Il plaide pour avoir « une vraie politique structurante et ambitieuse de l’eau pour permettre à l’agriculture, la vigne, l’élevage en l’occurrence ici, de continuer à jouer son rôle protecteur des territoires ». Sans quoi, estime-t-il, les agriculteurs ne pourront plus gagner leur vie et les friches gagneront encore plus de terrain.

Toutefois il le reconnaît, l’eau ne pourra être amenée partout. « Mais elle est essentielle et la profession agricole est prête à bouger sur les règles. Construisons des réserves et que le paiement de l’eau, qui servira à tout le monde et pas seulement au monde agricole, serve à rembourser les emprunts nécessaires. Nous sommes aussi ouverts à discuter des droits d’eau pour les adapter à la culture plutôt qu’à l’historique comme c’est le cas aujourd’hui » avance-t-il. Un pas majeur.

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