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Création de l’union des producteurs laitiers fermiers

Nouvellement créée, l’Union nationale des producteurs laitiers fermiers représente les fromagers bovins, ovins et caprins. Cette structure nationale traite les questions techniques et réglementaires des fromagers fermiers.

Qu’ils transforment du lait de vache, de chèvre ou de brebis, les fromagers fermiers rencontrent souvent les mêmes problématiques techniques et réglementaires. Pour y faire face ensemble, ils ont tenu la réunion constitutive de l’Union nationale des producteurs laitiers fermiers (UNPLF) le 17 novembre dernier à Paris. Cette commission fermière de la Fédération des éleveurs de chèvres élargie aux autres espèces laitières et aux autres structures va reprendre les missions précédemment suivies par le syndicat caprin. Et les sujets ne manquent pas…

Des contrôles à harmoniser avant de les rendre publics

Par exemple, les fromagers fermiers s’inquiètent de la volonté de l’administration de rendre publics les résultats des contrôles sanitaires. Cette transparence pose la question de l’homogénéité des contrôles ; un même atelier pouvant être évalué différemment par deux inspecteurs distincts. La DGAL a bien essayé d’harmoniser ces contrôles en créant une grille d’évaluation et un vade-mecum de l’inspection mais la variabilité demeure et le contenu du vade-mecum reste obscur. « D’accord pour que nos pratiques d’hygiène soient évaluées mais encore faudrait-il savoir sur quels critères » reproche Frédéric Blanchard, le nouveau président de l’UNPLF. Surtout qu’une mauvaise note peut être pénalisante commercialement. « La sanction commerciale ne concerne pas spécialement la remise directe où les consommateurs font confiance à leur fromager fermier de proximité mais plutôt la vente par un distributeur. Demain, les grandes surfaces pourraient ainsi exiger les notes maximales, ce qui leur éviterait de coûteux audits… »

Autre discussion du moment, les conséquences de la décision du conseil d’état excluant la possibilité d’appeler un fromage fermier s’il est affiné hors de la ferme. « Nous regrettons cette décision mais nous sommes attachés à garder un sens au terme fermier. Même quand le fromage est affiné à l’extérieur, c’est important que le nom du producteur soit affiché » soutient Frédéric Blanchard.

Des experts fromagers à mobiliser en cas de coup dur

Avec un financement de FranceAgriMer, l’Union des producteurs a démarré un programme d’action technique qui comprend notamment la création d’un réseau d’experts mobilisables en cas d’alerte sanitaire grave. « Quand il s’agit d’une difficulté sérieuse type Listeria, le technicien fromager local apprécie que des personnes expérimentées puissent accompagner le producteur dans la résolution des problèmes techniques et administratifs ». Si, aujourd’hui, cette prestation d’appui peut profiter à tous, elle ne sera réservée demain qu’aux seuls producteurs qui auront cotisé 50 euros via leurs structures locales. « Les fromagers fermiers sont souvent assez individualistes mais même les individualistes ont besoin d’aides en cas de coup dur ». Pour compléter ce service, l’UNPLF veut rapidement proposer une assurance collective négociée pour prendre en charge les pertes d’exploitations liées au rappel de produits laitiers suite à une alerte sanitaire. « Le retrait des produits représente une grosse perte d’exploitation et le fromager peut être tenté de vite relancer la fabrication avant d’avoir complètement réglé son problème de contamination bactérienne. »

Les membres de l’UNPLF

L’Union nationale des producteurs laitiers fermiers (UNPLF) est présidée par Frédéric Blanchard, éleveur caprin de l’Isère, et deux vice-présidents qui sont Jocelyn Pesqueux, éleveur bovin de Seine-Maritime, et Brigitte Cordier, éleveuse ovin des Alpes-de-Haute-Provence. Le bureau est également composé de Benoit Fagegaltier (bovin, Aveyron), Bernard Gois (bovin, Seine-Maritime), Laurence Gueit (caprin, Gard), Marie-Henriette Hemelsdael (bovin, Nord) et Marc Lesty (caprin, Yvelines).

En plus du bureau, le conseil de l’UNPLF comprend Jean-Michel Durand (caprin, Haute-Loire), Jean-André Etchebarne (ovin, Pyrénées-Atlantiques), Pascale Francillon (caprin-bovin, Isère), Jean-Baptiste Gorisse (bovin, Nord), Yves Grandemange (bovin, Vosges), Nelly Lazzarini (caprin, Corse), Jean-François Le Liard (bovin, Côte d’armor) et Daniel Rizet (caprin, Saône-et-Loire).

Le GBPH européen validé fin 2016 ?

Le guide de bonne pratique d’hygiène (GBPH) adapté à la fabrication des produits laitiers et fromages fermiers a été validé en 2004 par la France. Ce document fait référence lors des contrôles officiels des fromageries fermières par les services sanitaires. Pour étendre la portée du guide, l’UNPLF travaille activement à la création d’un GBPH européen en lien avec Face Network, le réseau européen des artisans et fromageries fermières.

Pour cela, la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire de la Commission européenne a attribué 250 000 euros à Face Network. « C’est le signe que la Commission européenne est à notre écoute » apprécie Frédéric Blanchard, par ailleurs président de Face Network. Après plus d’un an d’échange et de travaux, Face network devrait présenter un modèle de GBPH en mars 2016 qui sera ensuite évalué par les administrations sanitaires des états membres. « La validation européenne est attendue pour la fin 2016, espère Frédéric Blanchard. Le GBPH européen devrait être plus simple, plus lisible et mieux prendre en compte les nouvelles règles du paquet hygiène de 2006??????. Il sera aussi, je l’espère, mieux accepté par l’administration française. »

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