Aller au contenu principal

Avec la contractualisation, la filière ovine montre l’exemple

En production ovine, la contractualisation entre éleveurs et acheteurs a été mise en place dès 2010, pour sécuriser les prix et les volumes d’agneaux et limiter le recours aux importations, importantes dans le secteur.

Dans le secteur ovin, la contractualisation s’est mise en place avant que la loi de modernisation de l’agriculture (LMA) ne l’impose. Un premier accord a été signé entre les treize familles de l’interprofession viande ovine le 6 janvier 2010. « Fin 2008, un séminaire de réflexion a révélé la nécessité d’une plus grande lisibilité sur l’approvisionnement et la façon de gérer l’offre » explique Jacques Giroux, directeur d’Interbev Ovins. Des opérations de promotion de l’agneau français programmées dans des grandes et moyennes surfaces cette année là ont du être annulées dans trois cas sur quatre, faute de connaissance à l’avance des volumes disponibles. La France étant déficitaire en viande ovine, la demande n’est satisfaite qu’avec des importations de Royaume-Uni, d’Irlande et de Nouvelle-Zélande. D’après des données Agreste, un dispositif contractuel permettant une meilleure concordance entre l’offre et la demande pourrait conduire à une croissance de 66 % du revenu annuel des éleveurs d’ovins.

En 2009, le bilan de santé de la politique agricole commune a conduit à accorder à la filière une enveloppe de 125 millions d’euros. Afin de renforcer l’efficacité économique du secteur, sur les 24 euros de prime à la brebis, trois euros ont été conditionnés à la contractualisation. Pour pouvoir toucher cette majoration, l’éleveur doit être adhérent d’une organisation de producteurs commerciale ou s’engager à commercialiser au moins 50 % de sa production auprès d’un maximum de trois acheteurs. Afin qu’Interbev puisse connaître plus précisément tout au long de l’année les sorties d’agneaux en fonction des bassins de production, les éleveurs doivent joindre au formulaire de demande de la prime ovine un prévisionnel de mise en marché. En 2010, 15 709 éleveurs détenant 4 420 800 brebis ont perçu la majoration et 12 382 éleveurs ont retourné le prévisionnel à Interbev, ce qui représente 72 % des brebis éligibles à la majoration. Pour gérer plus efficacement l’offre en viande ovine, l’interprofession procède à des extrapolations et calcule chaque mois le taux de concordance entre le déclaratif et la réalité des abattages. Celui-ci tourne autour d’une moyenne de 95 %.

En juillet 2010, la contractualisation est devenue obligatoire par la LMA. S’il n’y a pas d’accord interprofessionnel, elle fait l’objet d’un décret. En ovin, un accord s’appuyant sur les antécédents de 2009 est rapidement trouvé et signé le 1er décembre 2010. L’accord dit de premier niveau, entre les éleveurs et les acheteurs, porte toujours sur les volumes, mais avec l’ajout de clauses obligatoires sur des critères de détermination du prix, des modalités de paiement, de collecte et de livraison, et de révision ou résiliation du contrat, conformes à la LMA.

Des discussions pour un accord de deuxième niveau, entre les acheteurs et les distributeurs, souhaité par l’Autorité de la concurrence, ont été entamées en 2011. « Elles n’ont pour l’instant pas pu aboutir en raison des difficultés conjoncturelles dues à la sécheresse et parce que cela va au-delà des obligations de la LMA » note Jacques Giroux. Mais dans les deux autres secteurs jugés prioritaires par le ministère de l’agriculture, le lait et les fruits et légumes, aucun accord interprofessionnel même de premier niveau n’a pu être trouvé. L’ovin fait donc figure d’exception.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Pâtre.

Les plus lus

La Ferme Aozteia a déjà fait parrainer toutes ses brebis.
Adopte une brebis avec le site crowdfarming.com
Le site CrowdFarming.com propose d’adopter une brebis, une chèvre, un pied de vigne, un arbre ou une vache. Ce site d’origine…
Sacripant, Sifredi ou  Sauterelle ? © I. Heeren
2021 sera l’année des S
L’habitude de nommer ses animaux par une même lettre permet de connaître facilement leur millésime. Dans les petits troupeaux,…
C'est juste avant la mise à l'herbe qu'il est le plus intéressant de traiter brebis et agnelles car lorsque la météo est encore humide, la pression parasitaire au pâturage est très forte. © B. Morel
Un antiparasitaire injectable pour les petits ruminants
Enfin les éleveurs de petits ruminants disposent d’un traitement injectable pour traiter leurs animaux contre les parasites…
Les panneaux photovoltaïques permettent à l'herbe de continuer sa pousse même en été et pourvoient les brebis en ombre. © E. Mortelmans
Des surfaces additionnelles grâce à l’agrivoltaïsme
Emmanuel Mortelmans bénéficie de surfaces de pâturage additionnelles pour ses brebis grâce à la centrale photovoltaïque proche de…
Georges Ferté change ses brebis de parc environ tous les trois jours. © A. Peucelle
« J'ai diversifié les grandes cultures avec des moutons pour pérenniser l'exploitation »
Installé en 2002 sur une ferme de grandes cultures, Georges Ferté se heurte aux évolutions de la PAC ainsi qu’à un système…
Cindy Simon, 25 ans, est à la tête d’une exploitation de polyculture élevage de 139 hectares. © A. Peucelle
Je cherche à améliorer les performances du troupeau 
Dès son arrivée sur l’exploitation familiale en 2016, Cindy Simon, à Bonnet dans la Meuse, a cherché à moderniser l’atelier ovin…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 93€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir Pâtre
Consultez les revues Réussir Pâtre au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter Réussir Pâtre