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Marché des céréales et du sucre du 8 au 15 juillet 2026 - Des prix en hausse sous le double effet de la géopolitique et des canicules

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 8 et le 15 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

Image générée par l'IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d'évolution.
© Généré par l'IA

Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a fortement augmenté entre le 8 et le15 juillet 2026, de 20,5 €/t sur la période octobre - décembre à 232 €/t, dans le sillage du marché à terme européen et de 27,5 €/t sur la période juillet-septembre à 233 €/t. Sur Euronext, le contrat blé a connu un gain important sur la semaine, de 21,75 €/t sur l'échéance décembre 2026 à 234,75 €/t €/t et de 27 €/t sur septembre 2026 à 231,5 €/t.  Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont quant à eux grimpé, gagnant 69,75 cts$/boisseau sur l’échéance septembre, à 667,5 cts$/boisseau et 68,75 cts$/boisseau à 692 cts$/boisseau sur décembre 2026.

Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été plutôt calmes en termes d’activités. La flambée des prix ce mercredi 15 juillet en raison des difficultés logistiques rencontrées par les russes et les ukrainiens, a bouleversé le marché et stoppé les transactions, chacun préférant attendre de voir comment le marché évoluera.  Les vendeurs attendent le lendemain pour vendre espérant que la hausse se poursuivra et les acheteurs patientent.

Les récoltes des céréales à paille sont terminées dans le Sud-Ouest et se terminent dans le Sud-Est. Les rendements sont décevants. Dans l’Allier, par exemple, il manque 10 à 15 quintaux par hectare, selon l'un des correspondants de La Dépêche Le Petit Meunier, pour avoir une récolte satisfaisante par rapport à une année moyenne.

La bonne qualité de la récolte se confirme avec des PS proche de 80 et des taux de protéines supérieurs à 12 % pour une partie de la récolte.

Le blé tendre français est compétitif et les chargeurs privilégient l’origine Union Européenne.

 

Maïs

Un marché à la hausse sans acheteur

Le cours du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, est incoté, compte tenu de l’absence d’acheteur. Sur Euronext, le prix du maïs a augmenté de 12,75 €/t à 245,25 €/t sr août 2026 et de 14 €/t sur novembre à 246,25 €/t tiré à la hausse par les périodes de fortes chaleurs. Sur le CBOT, le prix du maïs a lui aussi progressé de 12,5 cts$/boisseau à 447,5 cts$/boisseau sur septembre 2026 et de 13,25 cts$/boisseau sur décembre 2026 à 469,5 cts/boisseau.

De grosses inquiétudes existent sur la production de maïs et en particulier sur les superficies non irriguées. Une partie du maïs grain a d’ores et déjà été récolté et valorisé en ensilage. Une autre partie du maïs a été valorisée en méthanisation. Concernant les champs irrigués, de graves problèmes de fécondation ont d’ores et déjà été enregistrés en raison des fortes chaleurs. Une partie des cultures de maïs grain va être valorisé en direct élevage, baissant d’autant plus la production de maïs grain. Les dernières parutions officielles annoncent un niveau de production en-dessous des 9,5 Mt en 2026, voire plus bas. Dans certaines régions, la baisse de production pourrait atteindre au moins 30 % par rapport à une année moyenne. On s’achemine vers une année pire que 2003.

Il reste peu de marchandise en ancienne campagne mais les OS ne veulent pas les vendre pour pouvoir honorer les contrats en nouvelle récolte qu’ils ont déjà engagé. 

Avec la hausse des prix, le maïs n'est pas intéressant pour les acheteurs espagnols. Seul un peu de maïs de l’ancienne campagne est acheté par les négociants espagnols  (à perte probablement) pour honorer leurs contrats alors que des négociants revendent leur position sur le maïs ancienne et nouvelle campagne.

Des fabricants d’aliments devront probablement s’approvisionner à l’import en maïs, en provenance d’Ukraine ou d’Argentine, même si les maïs seront OGM dans ce cas.

 

Orge fourragère

Un prix qui progresse dans le sillage du prix du blé

En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont augmenté, de 21 €/t à 208,5 €/t sur la période juillet-septembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 8 juillet et le 15 juillet 2026. Il a progressé de 21,5 €/t 

Les achats d’orge sont limités, l’origine France n’étant pas compétitive en particulier vis-à-vis des pays de la mer Noire.

 

Orge de Brasserie

Absence d’acheteurs sur les marchés

Les cotations de l’orge de brasserie sur le marché physique français sont stables entre le 8 et le 15 juillet 2026.  Les fortes variations du marché à terme ont perturbé les marchés mais quoiqu’il en soit, les brasseurs ne sont pas aux achats en ce moment.

 

Blé dur

Des inquiétudes sur la teneur en protéines

Les prix du blé dur sur le marché physique français sont reconduits cette semaine.

 

Céréales secondaires

Cours sans changement

Il n’y a pas de demande à l’achat sur le triticale en ancienne récolte. 

 

Sucre

Les prix du sucre ont retrouvé le chemin de la baisse 

Le prix du sucre brut a baissé de 0,27 cts$/livre pour la semaine allant du 6 au 10 juillet 2026, passant de 15,74 cts$/livre à 15,47 cts$/livre. Celui du sucre raffiné en a fait de même : - 15,75 $/t, à 465,85 $/t.  

Le recul des cours du pétrole, aussi bien pour le WTI étatsunien que pour le Brent européen avant la fin de la semaine dernière et la reprise du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran pendant le week-end, ont pesé négativement sur les cours du sucre. Cette baisse induit une baisse des cours de l’éthanol, et donc une baisse du sucre de canne, ce dernier étant moins rémunérateur que le biocarburant. Autre raison de cette baisse, des annonces en provenance d’Inde faisant état de pluies de mousson plus favorables que les semaines précédentes. Elles sont en tout cas moins en déficit que la semaine dernière. Les opérateurs du marché du sucre sont également très attentifs aux positions longues accumulées par les fonds sur le marché du sucre à Londres (ICE).  

 

Frets fluviaux

Les basses eaux perturbent le trafic sur le bassin du Rhin et le chantier du Grand Paris congestionne celui de la Seine

Les coûts de fret n'ont pas évolué cette semaine par rapport à celle du 8 juillet. Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial sur le trajet Pont-Saint-Maxence/Rouen se maintiennent pour l’instant à 7,50 €/t en cette semaine du 8 au 15 juillet 2026, après une hausse de 0,75 €/t enregistrée il y a deux semaines, en raison de la rareté de la cale en cette période de moissons. 

Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. Les chargeurs sont donc confrontés à un manque de bateaux pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais. Pour l’instant, ils restent attentistes car ils disposent encore de capacités de stockage temporaires suffisantes pour conserver les grains récoltés. Cependant, alors que la moisson sur l’hinterland du port de Rouen se poursuit en orge et en blé, avec une qualité qui semble au rendez-vous, la pression de la récolte pourrait créer une situation d’urgence. « Les chargeurs les plus appétants en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d'ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d'insatisfaction du côté des donneurs d'ordre ». Selon les échos des opérateurs de la filière céréalière, 70 % à 90 % de la récolte devrait être stockée à l’abri des intempéries dans les silos portuaires, chez les collecteurs ou les agriculteurs, entre le 20 et le 25 juillet. Cette situation de pénurie de cales fluviale amène certains acteurs de la filière des grains à réfléchir à la possibilité de travailler différemment, et de mettre en place une réflexion collective dans l’objectif de mettre en place une organisation collégiale du fret fluvial sur le bassin de la Seine. « Il se pourrait qu’à la rentrée, en septembre, soit tenue une réunion constructive à ce sujet », anticipe notre interlocuteur. Pour l’heure, tout porte à croire que le niveau de fret enregistré en cette période de dégagement devrait être maintenu tout au long de la campagne, et non révisé à la baisse comme à l’habitude.


Sur l’intracommunautaire, l’activité est réduite au départ du nord de la France.


Sur le Rhin, la navigation est pénalisée par la baisse drastique du niveau du fleuve en raison des récentes températures caniculaires et de l’absence de pluies, ce qui conduit à l’application de surcoûts de transport très importante. Les chargeurs fuient le marché en raison de ce surcoût du fret fluvial. Certains craignent qu’un retour à la normale ne soit pas possible avant septembre. Pour le moment, les exécutions sont majoritairement reportées avec des demandes en départ camion. Même s’il est possible de faire un peu de navigation, avec des bateaux considérablement allégés, les opérateurs manquent de bateaux car ils ont du mal à venir jusque dans les ports et une bonne partie des cales sont déjà occupées ailleurs.   
 

À SURVEILLER

Blé tendre

  • Impact de la guerre au Moyen-Orient sur les prix des grains.

  • Prix des engrais et niveau de fertilisation azotée par les agriculteurs

  • Coûts des travaux dans les champs

  • Impact du conflit russo-ukrainien sur les infrastructures et la logistique en zone mer Noire.

  • Compétitivité du blé argentin.

Maïs

  • Évolution du coût des intrants avec la guerre au Moyen-Orient.

  • Quid des ensemencements dans l’hémisphère nord.

  • Niveau de production en Argentine

  • Production australienne

  • Niveau de pollinisation en France et en Europe.

Orge

  • Conditions de culture en France.

  • Demande par les entreprises de nutrition animale

  • Compétitivité de l’orge françaises

 

 

 

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