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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 11 au 18 février 2026 - L’intérêt pour la nouvelle récolte se confirme, alors que l’activité est calme sur l’ancienne

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 11 et le 18 février 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

© Généré par l'IA

Les cours du blé tendre ont évolué à la marge entre le 11 et le 18 février 2026, que ce soit sur Euronext (+0,25 €/t sur l’échéance mars) ou en rendu Rouen (0 €/t sur la période février-mars), sa place de référence sur le marché physique français. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont quant à eux bien progressé, gagnant 9,75 cts$/boisseau sur l’échéance mars.

Concernant la problématique des inondations sur la façade ouest de l'Hexagone, les opérateurs ne sont pas alarmistes pour le moment. Mais il faudra surveiller l’état des cultures dès que les agriculteurs pourront rentrer dans les champs, notamment en termes de pression maladie et de manque de nutriment. Si le ressuyage intervient rapidement dans les zones inondées, il sera toujours possible de ressemer en cas de cultures détériorées. A surveiller.

Pour l'heure, FranceAgriMer qui a reprend la publication de son rapport Céré’Obs sur l’état des cultures céréalières dans l’Hexagone (voir ci-dessous), a affiché une progression des conditions "bonnes à très bonnes" en blé tendre et en orge d’hiver mais un léger recul en blé dur sur la semaine. Les semis d’orge de printemps apparaissent comme stable.

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Le marché physique français est calme dans l’ensemble.

En ancienne récolte, le marché est toujours peu actif, notamment en portuaire. ​​On note tout de même quelques affaires en blé fourrager. Dans le Nord-Ouest, l'activité est calme en Bretagne, en cette période de vancances soclaires ; on rapporte quelques contrats de blé fourrager dans le Centre. Dans le Nord-Est, beaucoup d'acteurs sont également en congés, ce qui limite les affaires. Attention, les dégagements en nouvelle moisson risquent d’être compliqués si on continue à ne rien exporter sur l’Algérie et si le Maroc achète moins, s'inquiètent les courtiers. Dans le Sud-Ouest, le marché est plus calme cette semaine, tant du côté de l'offres que de la demande, après un début de mois bien animé. En portuaire, il existe un décalage de prix qui n’est pas en faveur des produits français. Les Espagnols se sont retirés du marché en raison de prix à l’importation dans leurs ports plus compétitifs et des producteurs locaux qui commencent à liquider leur volume pour préparer la nouvelle récolte (qui est en avance d'un mois par rapport à la France). Dans le Sud-Est, on enregistre quelques achats en blé meunier de la part d’acteurs français et italiens, et en blé fourrager à destination des fabricants d'aliments pour animaux.

En nouvelle récolte, l'intérêt pour la nouvelle récolte s'étoffe. Dans le Nord-Est, le marché s'anime en qualité amidonnerie et meunière, bien qu'il n'y ait pas forcément grand-chose encore à vendre sur le Rhin. Les clients semblent bien couverts. Les bases tarifaires ont tendance à baisser sur la Moselle et à se maintenir sur le Rhin. Dans le Sud-Est, les acheteurs interrogent sur les niveaux de prix de la nouvelle récolte. On notera l’apparition des premières cotations en blé fourrager et en orge fourragère en départ Rhône-Alpes. Quelques affaires se sont traitées en blé panifiable, la meunerie française commençant à se couvrir.

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Sur la scène internationale, l'activité commerciale a été limitée cette semaine par les nombreux jours fériés à travers le monde, synonyme de fermeture de certains marchés à terme. ICE et CBOT n'ont ainsi pas ouvert leurs portes lundi 16 février. Les opérateurs internationaux intègrent également l’arrivée du Nouvel An lunaire (du 17 février au 3 mars) et du Ramadan (du 18 ou 19 février au 19 mars 2026), en plus des jours fériés, nationaux ou régionaux, en Argentine et au Brésil pour cause de carnaval.

Aux Etats-Unis, la demande à l’exportation continue d’être soutenue, notamment par rapport à la même époque l’an passé et ce malgré des prix locaux moins compétitifs que ceux de la concurrence internationale, notamment en provenance d'Amérique du Sud et de la zone mer Noire. Cependant, il est à noter que dans ces zones, les intempéries perturbent l'acheminement des marchandises vers les ports d'exportation. Des pluies bienfaitrices sont attendues à court terme aux Etats-Unis, alors que 45 % des surfaces de blé d’hiver souffrant d’un niveau plus ou moins fort de sécheresse. 

En Inde, le gouvernement a décidé d'exporter 2,5 Mt de sa production dans les mois à venir.

Arrêt de la navigation sur la Seine au niveau de Paris

Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 11 et le 18 février 2026. Sur le port du Rouen, l’activité est bloquée par l’arrêt de navigation pris par la préfecture de Paris, dans les deux sens de circulation, depuis samedi et jusqu’à nouvel ordre, en raison de la montée et du fort débit des eaux. Outre le port rouennais, l’approvisionnement des industriels agroalimentaires franciliens est impacté, notamment l’usine de Panzani qui se fournit par voie fluviale. Ce mercredi, 66 bateaux, tous vrac confondus, étaient en attente. Sur l’intracommunautaire, on observe une recrudescence des transports entre les bassins de la Seine et du Nord, via le canal du Nord, avant sa fermeture pour cinq semaines à partir du 2 mars. L’infrastructure ne sera pas navigable pour cause d’entretien programmé, après deux ans de report. Une alternative existe par Saint-Quentin, mais sur un réseau à petit gabarit. Dans le bassin du Nord, l’activité vers le nord UE se maintient à la faveur du grand gabarit.

La Moselle est en situation de crue

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La majoration des taux de fret fluvial, consécutive aux basses eaux (qui obligent à moins charger les péniches), a été supprimé. 

S’il n’y a pas de contrainte de navigation sur le Rhin, la Moselle est annoncée en situation de crue. A noter la tenue d’une réunion à Trèves en Allemagne le 23 mars sur les conditions de navigation sur la Moselle. L’objectif de la rencontre est « de permettre un échange entre les acteurs de la navigation mosellane français et le gestionnaire de la Moselle allemande pour discuter de sujets comme le projet de doublement des sas d’écluses mosellanes allemandes ou d’obtenir un premier retour sur la cause des avaries survenues à Müden et Saint Aldegund », précise la Commission de la Moselle.

Karine Floquet et Thierry Michel

Maïs

Semaine animée dans le Nord-Est

Les cours du maïs se sont dépréciés entre le 11 et le 18 février sur l’échéance mars d’Euronext (-0,50 €/t), comme en rendu Rouen sur la période février-mars (-3,50 €/t), sa place de référence sur le marché physique français. Le CBOT suit également une tendance baissière, perdant 0,50 cts$/boisseau sur l’échéance mars.

Le marché en ancienne récolte est relativement calme. Dans le Nord-Est, on a enregistré une semaine animée ; néanmoins, l’écart de prix entre les acheteurs et les vendeurs est encore trop important pour que des volumes significatifs se traitent. Sur le portuaire, on note également un peu d’activité en petits bateaux. Ailleurs, les échanges commencent à se tourner vers les nouvelles récoltes. Dans le Sud-Est, les acheteurs interrogent sur les niveaux de prix sur la prochaine campagne ; on enregistre quelques affaires.

En Europe, les perspectives d’exportations semblent limitées face à la concurrence internationale (production record au Brésil notamment, prix très attractifs en Argentine), en raison de bonnes récoltes dans des pays traditionnellement importateurs (comme le Maroc) ou encore de difficultés de logistique chez de gros exportateurs (Russie et Ukraine par exemple). 

En Ukraine, plusieurs spécialistes du maïs signalent que 2 Mha de maïs (voire 3,7 Mha pour certains) n’ont pas encore été récolté, avec des coûts de séchage importants inhérents. Pour le site Latifundist.com, ces maïs pourraient arriver sur le marché à des prix très bas. 

La Chine a annoncé qu’elle cessait ses achats de maïs états-unien pour le moment, pour privilégier l’achat de sorgho en origine Etats-Unis et Australie.

Orge fourragère

Faible activité en portuaire

En orge fourragère, les prix sur le marché physique français se sont légèrement repliés, perdant 0,50 €/t sur la période février-mars en rendu Rouen, sa place de référence.

Sur le portuaire, de petites contrats se traitent mais il n’y quasiment plus de volumes à vendre. Dans le Sud-Est, les acheteurs interrogent sur les niveaux de prix de la nouvelle récolte. Quelques lots d'orge fourragère se sont traités au prix du blé fourrager. 

Orge de brasserie

Tendance haussière

Les cotations d’orge de brasserie sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière entre le 11 et le 18 février, davantage marquée en orge de printemps (Planet) qu'en orge d'hiver (Faro). En France, Les inondations qui frappent le grand ouest, de façon plus ou moins importante selon les régions, est source d'inquiétude pour les cultures en place mais également pour les semis de printemps, qui s'étalent de février à mi-avril. A noter qu'une part significative des orges brassicoles de printemps ont été semées à l'automne dans les zones crayeuses. Dans ce contexte, le marché, globalement peu actif, se focalise en orge de printemps.

Blé dur

Tendance haussière

Les prix du blé dur sur le marché physique français ont globalement suivi une tendance haussière. La cotations en rendu Port-La-Nouvelle, sa place de référence, s'est stabilisée. Le marché est très calme sur toutes les places, les acheteurs recherchant des prix beaucoup plus bas que ceux proposés par les vendeurs.

Céréales secondaires

Renchérissement du triticale

Le triticale suit une tendance haussière en départ Allier (+3 €/t) entre le 11 et le 18 février 2026. Les prix des autres céréales secondaires n'ont pas évolué sur la semaine.

Le marché est relativement calme, à l'image de celui des céréales principales.

Sucre

Les prix encore en baisse à l’annonce de surplus mondiaux importants

Les prix du sucre brut ont plutôt reculé pour la période allant du 9 au 16 février 2026 (- 0,50 cts$/livre, à 13,58 cts$/livre), repassant ainsi au-dessous des 14 cts$/livre, tout comme ceux du sucre raffiné (- 5,95 $/t, à 403,90 $/t). La semaine a réagi à des opérations techniques, des ventes importantes ayant lieu sur les marchés avant que quelques rachats techniques redonnent une certaine dynamique aux prix. De plus, vendredi était le dernier jour de négociations pour le contrat indexé mars à Londres, provoquant des ajustements de la part des fonds notamment. Fondamentalement, la tendance demeure baissière, l’analyste spécialisé sucre Czarnikow ayant confirmé mercredi une précédente prévision de surplus important de sucre pour la campagne 2026/2027 : 3,4 Mt après 8,3 Mt en 2025-2026. Pour sa part, un autre analyste, StoneX, a publié vendredi un surplus mondial de sucre à 2,9 Mt pour 2025-2026. Enfin, le Financial Times a publié un article en fin de semaine dernière faisant état d’un prix du sucre au plus bas depuis plus de cinq ans, la demande mondiale ne cessant de reculer. 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Conditions de culture en France.
  • Écart de prix entre l’ancienne et la nouvelle récolte.
  • Levée de dormance des cultures dans l’hémisphère nord.
  • Impact éventuel des grands froids en Russie et Ukraine notamment.
  • Impact de la sécheresse dans les plaines états-uniennes.
  • La compétitivité du blé argentin face aux autres origines.

Maïs

  • Logistique au départ de l’Ukraine.
  • Météorologie en Amérique latine, notamment en Argentine et au Brésil.
  • Semis de la safrinha brésilienne.
  • Évolution des cours du pétrole.

Orge

  • Conditions de culture en France.
  • Écart de prix entre l’ancienne et la nouvelle récolte.
  • Évolution relative de l’euro et du dollar.

Karine Floquet

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