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« Mon objectif, créer de la plus-value avec ma station de triage »

Armel Tassot valorise ses cultures bio avec deux trieurs rotatifs et alvéolaires à poste fixe, qu’il utilise aussi en prestation de service. Son installation est prévue pour être évolutive, afin d’alimenter la future meunerie de l’agriculteur.

Céréalier sur 300 hectares, dont 145 en agriculture bio à Annelles dans les Ardennes, Armel Tassot assure l’activité de triage à l’aide d’un trieur rotatif, et depuis un an, d’un trieur alvéolaire. « Dans mon assolement, je cherche à intégrer des cultures adaptées à mes sols et au climat, comme le seigle, les grands et petits épeautres, par exemple. Je diversifie mes cultures dans l’optique de couper le cycle des adventices, mieux répartir mon chiffre d’affaires et maîtriser mon prix de vente avec des lots de qualité, grâce à mes deux trieurs, explique l’agriculteur. Mes parents se sont équipés il y a trente ans d’un trieur rotatif, afin de séparer leurs cultures en agriculture bio. Le besoin d’un tel équipement acheté 25 000 euros à l’époque, a été motivé par la demande d’exploitations bio du secteur pour lesquelles nous réalisions de la prestation de tri. » L’exploitant associe des cultures, comme du triticale avec du pois au rendement parfois aléatoire. La séparation et le nettoyage des deux espèces lui permettent de créer une plus-value d’environ 50 €/t.

Le triage commence dès la récolte, avec une moissonneuse-batteuse bien réglée. « À la ferme, le grain est vidé dans une fosse qui alimente le trieur rotatif capable d’absorber jusqu’à 15 t/h. Les grains tombent jusqu’au rideau de répartition, dont l’ouverture influe sur le débit et se règle à l’aide de deux contrepoids », précise Armel Tassot. Le premier nettoyage est réalisé par un flux d’air qui passe à travers ce rideau, afin de retirer les déchets légers (adventices, grains cassés…). Dans le fond du caisson de détente, une vis récupère les déchets mi-lourds qui se déposent par gravité. Les plus légers partent jusqu’à un cyclone situé à l’extérieur du bâtiment qui sépare poussière et résidus par effet centrifuge. Ces déchets possèdent un bon pouvoir méthanogène et sont valorisés auprès d’une unité de méthanisation.

Les grains traversent ensuite trois grilles inclinées, qui sont changées en fonction de la forme, de la taille et de l’épaisseur du grain. « Sur du blé par exemple, la première grille possède des trous ronds de 3,5 mm pour laisser un maximum de grains passer vers la seconde grille, tout en éliminant les brisures, récupérées dans un premier sac. Cette seconde est composée de trous oblongs 4x20 mm, qui éliminent les petits grains envoyés dans un des deux élévateurs, pour finir en cellule. Les bons grains finissent sur la troisième grille à trous ronds de 8 mm et envoyés par un deuxième élévateur dans une autre cellule », explique Armel Tassot. Les gros résidus sont récupérés à la fin dans un sac. La précision du triage impose de posséder plusieurs jeux de grilles pour s’adapter aux grains dont la taille varie d’une année à l’autre. Armel Tassot ajoute : « Après le premier triage, je récupère une partie des graines pour les envoyer sur une table densimétrique, afin de réaliser mes semences fermières. »

Il y a un an, l’acquisition d’un trieur alvéolaire d’occasion acheté 20 000 € a permis de faire face aux limites du trieur rotatif, surtout pour des cultures associées. « Lorsque je souhaite séparer du triticale et du pois, je sélectionne des grilles pour éliminer seulement le triticale. Celui-ci est envoyé en cellule, le pois termine dans la fosse pour repasser dans le trieur », précise l’agriculteur. « Les grilles, trop épaisses, provoquent un effet « cylindre » avec des bouchages au niveau des trous, diminuant la surface de triage », ajoute Armel Tassot. Le trieur alvéolaire sépare des mélanges plus complexes, comme du seigle avec de la lentille. Celui-ci débite jusqu’à 500 kg/h. Un cylindre rotatif épouse un manteau composé d’alvéoles plus ou moins profondes et larges pour une sélection par forme de graines. Un système de ventilation à l’entrée et à la sortie du cylindre élimine les particules légères. À l’intérieur, un auget réceptionne les graines emportées au plus haut du manteau qui tombent de leur propre poids. L’angle de l’auget est réglable manuellement, une vis sans fin à l’intérieur de celui-ci envoie par exemple la lentille dans une cellule, le seigle dans une autre.

La station de triage est appelée à évoluer, afin d’être compatible avec la future meunerie de l’agriculteur. « Je prévois de renouveler mon trieur rotatif pour bénéficier de 5 grilles. Cet investissement implique des élévateurs et un système d’aspiration plus conséquent. Cela fera un bon compromis avec mon trieur alvéolaire qui va être complété par un trieur optique dans les prochaines années », ajoute Armel Tassot. Insistant sur la qualité de ses futurs lots de céréales pour garantir une bonne farine, l’exploitant a déjà fait ses calculs. « Une tonne de seigle panifiable produit 800 kg de farine, celle-ci étant vendue 600€/t, je devrais vite m’y retrouver. Avec la combinaison de mes trois futurs trieurs, je garantirai des farines de qualité à mon boulanger et une chaîne de triage précise pour mes différentes prestations. »

En chiffres

300 ha dont 145 en bio : 15 ha de luzerne, 10 ha de tournesol, 7 de petit épeautre, 10 de grand épeautre, 8 ha de triticale/pois, 9 ha de sarrasin, 15 ha de seigle, 35 ha de blé, 10 ha d’orge, 6 ha de maïs, 20 ha d’avoine

2 000 tonnes triées par an

1 salarié, 1 apprenti

Triage, séchage et stockage en prestation de service

La station de triage d’Armel Tassot est aussi utilisée en prestation de service par des exploitations bio des alentours. Une opération de triage coûte entre 6 et 8 €/t, tandis que, la séparation de graines est facturée 12 €/t. L’agriculteur dispose également d’un séchoir et de 1 200 t de capacité de stockage, répartie en 14 cellules, qu’il valorise avec la coopérative Probiolor. Celle-ci fait aussi appel au service de triage, garantissant des lots stockés de qualité et des départs de camion toute l’année.

Des solutions compactes et mobiles :

En l’absence d’installation de stockage à la ferme et dans l’optique d’expédier dès la récolte une culture associée avec le moins d’impureté possible, des trieurs mobiles proposés par CI2T ou Dorez s’utilisent directement au champ. Ces équipements peuvent être mutualisés en Cuma et trouvent leurs intérêts lorsque les parcelles sont dispersées, afin de faciliter la logistique. Les configurations sont différentes selon les constructeurs mais embarque des trieurs rotatifs Marot. Par exemple, les modèles TM 4000 et 8000 de l’entreprise CI2T pouvant trier jusqu’à 30 et 60 t/h, sont équipés d’un trieur rotatif à 8 grilles totalisant une surface de triage de 17 m2 pour atteindre 2 à 3 % d’impuretés. Le grain propre est déposé sur un tapis alimentant une vis repliable permettant de remplir une remorque ou un camion (hauteur de déchargement de 5 m).

Affiner son système de triage

Avec un marché porteur en cultures bio, la rentabilité s’avère d’autant plus intéressante avec des lots propres et réguliers, nécessitant un tri plus précis. C’est ce que propose la société Dorez avec son trieur rotatif Cleaner tribio à 5 grilles capable de nettoyer, trier plusieurs graines ou encore produire des semences. Ce matériel est équipé d’une aspiration par colonne densimétrique verticale qui empêche tout circuit préférentiel d’air. Celle-ci est étroite et mesure 80 cm de haut, favorisant la séparation par densité et l’accélération des vents avec un effet venturi pour une aspiration régulière. Sur son modèle Combi bio, CI2T affine aussi sa solution de triage en associant un trieur rotatif et deux trieurs alvéolaires en cascade, avec ventilation en entrée et en sortie. Cette configuration est appréciée par les utilisateurs qui commercialisent en direct avec des critères de qualité de vente stricts.

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