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La moiss-batt comme lieu d’échange

Et si l’on rompait la solitude des longues journées de moisson pour discuter avec les néophytes de l’agriculture.

Communiquer sur son métier auprès du grand public, tel est le leitmotiv de David Forge, célèbre agriculteur de l’Indre-et-Loire connu pour son rendez-vous hebdomadaire sur la Chaîne agricole sur Youtube. Le céréalier vient de lancer le site moissonneuse.fr, qui met en relation céréaliers et grand public, pour un échange au sein d’un lieu de rencontre original, la cabine de la moissonneuse-batteuse pendant la moisson. La plupart de ces machines possèdent une cabine spacieuse, fermée, silencieuse et climatisée, avec un siège passager, ce qui en fait un lieu confortable et privilégié, lorsqu’il fait 35 ou 40 °C dehors. L’idée a germé dans la tête de l’agriyoutubeur lors du salon de l’agriculture 2018, les visiteurs se bousculant pour monter dans la cabine d’une moissonneuse-batteuse à l’arrêt exposée sur le salon. « Sur les réseaux sociaux, j’avais quelques collègues agriculteurs qui mettaient une photo d’eux dans la cabine avec le siège passager vide, invitant la communauté qui les suit à le rejoindre dans le poste de conduite, précise David Forge. Et puis j’ai quelques copains qui, des années après, gardent de très bons souvenirs des quelques heures passées en ma compagnie dans la cabine de la moissonneuse-batteuse. »

Aidé pour une bonne communication par la presse généraliste, le site lancé le 1er juillet dernier a rapidement connu un succès : près de 80 agriculteurs s’y sont inscrits et il reste encore beaucoup de place. David Forge aimerait que chacun puisse trouver une moiss-batt avec les portes ouvertes à moins d’une heure de chez lui, « même si certains visiteurs ont fait plusieurs heures de route pour monter en cabine. Moi-même, j’ai accueilli une personne qui a roulé pendant 4 heures pour venir me rencontrer. »

Une communication proactive pour lutter contre l’agribashing

Le monde agricole a accueilli positivement cette initiative, comme Julien Aubrée, agriculteur à Saint Martin de Fontenay, à 3 km du périphérique de l’agglomération caennaise. Exploitant un peu plus de 200 hectares, le céréalier de 35 ans s’est inscrit sur le site pour casser les préjugés. Lassé de l’agribashing, il souhaite avoir une démarche de communication proactive, plutôt que défensive et revendicative. « Je souhaite expliquer mon métier et pourquoi je travaille ainsi », déclare-t-il. Julien a en tête plusieurs sujets concernant l’agriculture qu’il entend éclaircir avec ceux qui n’y connaissent rien. « Le glyphosate, qu’on n’applique qu’en interculture, et non pas directement sur les cultures à vocation alimentaire, comme c’est le cas aux Etats-Unis avec les variétés OGM résistantes au pesticide. Mais aussi les néonicotinoïdes utilisés depuis plus de vingt ans en agriculture et qu’on accuse d’être le principal, voire l’unique vecteur de la forte mortalité des abeilles, beaucoup plus récente. » Le jeune homme souhaite aussi expliquer ses méthodes de travail et ses préoccupations par rapport à l’environnement et à la santé des consommateurs. « Je travaille en bas volume et traite forcément à des heures matinales ou tardives. Or, parce qu’on intervient à ces heures, on soulève la suspicion de la part des néophytes : ils nous soupçonnent de nous cacher et d’appliquer des substances interdites, alors qu’on essaie, au contraire, de travailler à des hygrométries optimales pour limiter la quantité de produits autorisés. »

En attendant de recevoir son premier visiteur du site dans sa cabine, Julien sait, pour avoir déjà accueilli des curieux dans sa moiss-batt, que le nombre de sujets abordés pendant quelques heures de moisson peut être important.

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