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Luzerne déshydratée : la culture retrouve une dynamique positive en 2025-2026

Après une campagne 2024-2025 difficile, la filière luzerne déshydratée dresse un premier bilan favorable de la campagne 2025-2026 avec une bonne dynamique commerciale.

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Coupe de luzerne dans la Marne.
© Thierry Michel

Si en 2025 la production de luzerne est un recul en France comme au niveau européen, la rémunération des producteurs et la commercialisation de luzerne déshydratée reprennent, elles, des couleurs. Avec une récolte 2024 de luzerne qui avait généré des stocks importants en Europe en fin de campagne et en raison d’un déficit de rémunération pour les producteurs, les emblavements sont en effet apparus en baisse en 2025.

Les surfaces ont atteint seulement 66 500 hectares dans l’Hexagone, soit 3 % de moins que l’année précédente. Conséquence, la production finale de luzerne a atteint 725 000 tonnes en 2025. Les dirigeants de La Coopération agricole - Luzerne de France assurent que ces « surfaces restent essentielles pour asseoir l’ambition européenne portée par la PAC » dans sa démarche d’autonomie en protéine.

La luzerne concurrencée par d’autres cultures industrielles et des importations de soja compétitives​​​​​

La baisse de production est même encore plus marquée à l’échelon européen. « La production est passée pour la première fois sous le plancher des 3 millions de tonnes », constatent les dirigeants de La Coopération agricole - Luzerne de France. C’est particulièrement vrai pour la filière espagnole, leader de la luzerne sur le Vieux continent. Il faut ajouter qu’en 2025, la luzerne s’est retrouvée à de nombreuses reprises en concurrence commerciale avec « une meilleure rentabilité de certaines cultures industrielles et des importations de protéines de soja très compétitives ».

Une campagne commerciale 2025-2026 plutôt positive avec un retour de la luzerne dans les rations animales

Malgré ce contexte difficile issu de l’année de production 2024, la campagne commerciale 2025-2026 (achevée le 30 avril 2026) « se termine positivement avec un retour à une situation normalisée » pour Désialis, le principal metteur en marché de luzerne déshydratée en France et à l’exportation pour la luzerne tricolore, qui a énormément travaillé sur la « digestion » des stocks. « Le marché a été très dynamique pour nos produits ces derniers mois, nous avons retrouvé toute notre place dans les rations animales et la situation est désormais assainie », explique Pierre Begoc, directeur général de Désialis et de France-Luzerne. « Après le succès de la première phase de l’opération de reconquête de parts de marché par la filière française, nous poursuivons notre démarche en 2026, en axant notre travail sur l’amélioration de la valeur ajoutée de nos gammes en Europe » (en fonction des segments de marché et des pays utilisateurs, NDLR).

La remontée des cours, d’environ 175 €/t début mai 2025 à environ 210 €/t fin avril 2026 (source  : La Dépêche Le Petit meunier), a aussi aidé à redynamiser la filière.

Des pistes prometteuses de nouveaux marchés pour la luzerne déshydratée

En 2026, Désialis a identifié des axes de croissance pour le développement des ventes de luzerne déshydratée. « Nous avons renforcé notre présence commerciale en Allemagne avec un bureau au sud de Brême, pour couvrir notamment l’Allemagne et les Pays-Bas. On monte en puissance aussi en Irlande et on a détecté un certain intérêt en Autriche et en Pologne mais il faut arriver à gérer la logistique pour ces deux pays ».

Également à signaler dans cette volonté de développer les marchés à l’international, le marché chinois qui s’est ouvert suite à la visite du président de la République française en Chine fin 2025. « On teste des variétés de luzerne pour cette destination, on travaille avec des acheteurs pour lancer un courant d’affaires », précise Pierre Begoc.

Un objectif de production de luzerne en hausse d’ici à 2030

Au final, « l’espoir est bien là » selon les principaux dirigeants de la filière, qui évoquent des objectifs de production revus à la hausse : 3,2 à 3,5 Mt au niveau UE et 750 000 t à 800 000 t pour la France d’ici à 2030.

Une ombre au tableau toutefois : la situation reste à surveiller autour du conflit au Moyen-Orient et dans la zone du détroit d’Ormuz. « Ce conflit crée un contexte inflationniste autour des coûts de production et de renforcement du prix du fret aussi, notamment sur le poste du gasoil routier. Et la filière luzerne n’y échappe pas », signale Pierre Begoc.

Quel premier bilan de la récolte 2026 ?

  • Démarrage de la récolte : le 20 avril pour les toutes premières coupes, plutôt précoces.
  • Bonnes conditions de travail, rendements corrects sur les premiers travaux de coupe, bonne qualité a priori.
  • Nombre de coupes prévues : quatre avec une deuxième coupe attendue début juin.
  • Rendement estimé: dans la moyenne décennale.

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