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Saisonnalité: vraie ou fausse priorité ?

Selon les laiteries, désaisonnaliser la production est ou n’est pas une priorité. Côté producteurs, certains y trouvent un intérêt au-delà d’un meilleur prix du lait. Pour d’autres, un changement de répartition des vêlages est trop perturbant.

La contractualisation
pousse à s’intéresser
à la saisonnalité
La contractualisation
pousse à s’intéresser
à la saisonnalité
© B. Griffoul

Ces dernières années, en France, la répartition des volumes de lait produits chaque mois est devenue bien plus régulière. La production laitière française se désaisonnalise, ou se linéarise, suivant le vocabulaire que l’on préfère.

Mais la courbe des livraisons n’atteint pas encore le profil très plat des courbes allemande, néerlandaise ou danoise. En outre, cette linéarité toute récente semble fragile, et très dépendante des conditions climatiques et donc des quantités et qualités de fourrage, et très dépendante également du rapport entre le prix du lait et les coûts de production.

Faut-il chercher à linéariser davantage la production française ? La réponse varie selon les laiteries et leurs marchés. Pour certaines, la linéarité est un enjeu majeur, et elles ont mis en place des systèmes fortement incitatifs, comme par exemple Sodiaal et Danone. Les laiteries qui donnent des primes significatives assurent que leur courbe de collecte s’améliore. Elles les maintiennent pour continuer à soutenir les efforts des producteurs. Car décaler ses vêlages pour les avancer, les étaler… peut être lourd de conséquences, et s’avérer coûteux sur le plan alimentaire.

Pour d’autres laiteries, la linéarité n’est pas affichée comme une priorité. Pour autant, elles y font attention, pour ne pas revenir à une saisonnalité plus marquée. En ce début d’année 2014, toutes les entreprises procèdent donc à un lissage du prix du lait, pour reporter une partie de la hausse du prix du lait sur les mois d’été. Fait nouveau, certaines laiteries agissent sur les volumes (avec ou sans prime), en accordant des volumes supplémentaires préférentiellement sur les mois d’été, et en encadrant les volumes produits au printemps.

Et les éleveurs, ont-ils un intérêt à désaisonnaliser leur production de lait ? Certains l’ont fait. Ils ont décalé leurs vêlages, de l’automne-hiver vers le printemps-été, ou les ont étalés davantage. Les éleveurs qui témoignent dans ce dossier livrent chez Sodiaal ou Danone, et bénéficient de systèmes fortement incitatifs. Leur motivation va au-delà de la recherche d’un meilleur prix du lait. Leur changement de stratégie de vêlage vise avant tout des objectifs plus structurants : optimisation du robot et des bâtiments, santé des veaux, répartition du travail…

Enfin, l’entrée dans l’ère de la contractualisation peut être une autre source de motivation. Chez Danone et Bongrain, l’encadrement des volumes par mois ou par trimestre est un élément contractuel. Pour des coopérateurs, la motivation est de participer à l’amélioration de la rentabilité de leur laiterie.

SOMMAIRE du dossier

Page 28 : Dispositifs des laiteries - L’incitation par les volumes, un nouveau levier

Page 34 : Côté éleveurs - Avantages et inconvénients d’un décalage des vêlages

Page 36 : Au Gaec des quatre chemins, en Meurthe-et-Moselle - «Nous saturons au maximum notre stabulation et notre robot»

Page 38 : Au Gaec de Beauchêne, en Mayenne - «Nous cherchons un système compatible avec le pâturage»

Page 39 : A la SCEA rivière lactée, en Meurthe-et-Moselle - «Étaler le plus possible, mais pas de vêlages en juillet!»

Page 40 : Au Gaec de Grossart, dans le Pas-de-Calais - «J’ai opté pour une stratégie basée sur le lait d’été»

Page 42 : À l’EARL Bouchet, dans le Jura - «J’ai empoché 6500 euros de primes saisonnalité en 2013»

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