Aller au contenu principal

Robot de traite : quel gain de production laitière lors du passage de la salle de traite au robot ?

Le passage de la salle de traite au robot de traite s’accompagne d’un gain de production par vache laitière. À paramètres constants - ration, chargement, effectif – les éleveurs peuvent miser, en moyenne, sur une hausse de 10 % de lait par vache. Attention, ce chiffre varie selon la situation de l'exploitation. 

En 2023, en France, la part de robotisation représente 74 % des nouvelles installations.
© Annick Conté

Quel est le gain de production laitière estimé en passant au robot de traite ? 

Un gain estimé à 10% sans ajustement de la ration 

« Le dernier éleveur en date que j’ai accompagné pour changer sa salle de traite en robot de traite est passé de 29 kg de lait par vache le 15 avril à 32 kg le 21 mai », rapporte Germain Néré, consultant nutrition robot chez Seenovia. D’une manière générale, il estime que le gain de production laitière, sans changer la conduite du troupeau par ailleurs, est de 10 %, compris entre 5% et 15% selon les élevages. « C’est un ressenti, modère-t-il, la lecture précise est difficile. Car même si la ration ne change pas, la qualité des fourrages par exemple, elle, varie d’une année sur l’autre. » 

« Les éleveurs qui ont un DAC avant l’installation du robot gagneront un peu moins car les concentrés sont déjà optimisés », Pierre Vogel, Seenorest. 

Un gain moyen de production laitière confirmé par les constructeurs et les conseillers traite 

Chez Littoral normand, Louis Jacquin, référent robot, confirme la fourchette « de 5% à 15 % de gain de production par vache ». Chez Lely, Tifenn Civi, directeur de l’activité traite en France et Antoine Perrudin, consultant FMS d’élevage, annoncent, eux, une fourchette un peu plus resserrée : « 9% à 14 % de gain en lait par vache, selon les éleveurs et les troupeaux, souvent au bout de trois mois ». 

 

Qu’est-ce que le robot de traite permet d’améliorer ? 

Le robot de traite permet une augmentation de la fréquence de traite 

Le passage de la salle de traire au robot s’accompagne d’une augmentation du nombre de traites. « Surtout pour les vaches en début de lactation. Elles vont se faire traire trois à quatre fois par jour et expriment mieux leur potentiel laitier », avance Germain Néré. « Au bout d’un an, quand toutes les vaches auront fait leur début de lactation au robot, on peut espérer gagner encore un peu. » Selon lui, la tendance est d’autant plus marquée pour les races à dominante laitière comme la prim’Holstein ou la montbéliarde

Le robot de traite permet une meilleure expression du potentiel laitier des vaches hautes reproductrices 

Pierre Vogel, consultant robots chez Seenorest, évoque aussi le gain de production, notamment pour les hautes productrices grâce à l’augmentation de la fréquence de traite et à une meilleure expression de leur potentiel laitier, en fonction de la charge de la stalle et de l’implantation du robot dans le bâtiment. « Une circulation aisée pour les vaches et une installation peu chargée vont être favorables à la fréquentation au robot, et ainsi à un éventuel gain de production. » 

 

Quels sont les autres avantages du passage au robot de traite ? 

Une ration mieux optimisée lors du passage au robot de traite 

Pierre Vogel préfère ne pas s’avancer en donnant des chiffres, mais il est « convaincu qu’il y a un gain de lait car la majorité des éleveurs en salle de traite, dans notre secteur, n’ont pas de DAC. Lorsqu’ils installent un robot, ils passent d’une ration complète à l’auge à une ration semi-complète avec complémentation au robot qui fait gagner en production. Les éleveurs qui auraient un DAC avant l’installation du robot gagneront un peu moins car les concentrés étaient déjà optimisés. » 

« Les gains de production sont variables selon les élevages et ils ne sont pas dus qu’à l’augmentation du nombre de traite, complète Louis Jacquin. Souvent, le passage au robot s’accompagne de l’optimisation de la ration par des apports plus justes et d’un tri plus important des vaches à tarir ou à réformer. En salle de traite, l’éleveur gardera plus facilement une vache à faible production, ce sera moins le cas en robot. Régulièrement, le passage à la traite robotisée encourage les éleveurs à optimiser d’autres rations comme celle de la préparation au vêlage, ce qui peut aussi induire un gain de production. » 

Une meilleure maîtrise sur les performances de sa production laitière 

Au-delà de l’augmentation de la fréquence de traite – qui passe de « 2 à 2,7 ou 3 traites en moyenne » - Lely évoque un « protocole de mise en route cadré pour donner les clefs de la performance et obtenir des résultats dès les premières semaines ». Le constructeur souligne aussi « la qualité de la traite » (pulsation par quartier, décrochage selon le débit de lait), la « préparation de la traite » ou encore des chaleurs mieux détectées « si les données du robot sont bien utilisées » comme autant de facteurs jouant sur la production laitière

 

Quelques conseils avant d'investir dans un robot de traite  

  

Comment alliez robot de traite et pâturage ? Retrouvez nos articles pour affiner votre stratégie : 

Les plus lus

<em class="placeholder">démonstrateur centrale agrivoltaïque Voltalia sur prairie avec des vaches</em>
Agrivoltaïsme : les ombrières de faibles hauteurs perturbent peu les vaches mais modifient la composition de la prairie à Poisy, en Haute-Savoie

Avec des hauteurs inférieures à 2,20 mètres, les panneaux fixes installés sur une prairie pâturée de la ferme de Poisy, en…

<em class="placeholder">Laurence, Christophe et Matthieu Debreuilly et leur conseillère Caroline Tostain</em>
« Avec notre passerelle, nos vaches traversent la route en sécurité », dans la Manche

Le Gaec Debreuilly dans la Manche dispose depuis l’été 2025 d’un pont pour que les vaches puissent traverser une route…

<em class="placeholder">Gilles Onillon, éleveur laitier, dans une prairie avec ses vaches Jersiaises</em>
« La fétuque élevée repart toujours après une période de chaud », dans le Maine-et-Loire

Le Gaec de la Jutière, dans le Maine-et-Loire, intègre de la fétuque élevée méditerranéenne dans son mélange prairial. Cette…

<em class="placeholder">éleveur qui lit son contrat</em>
Contrat : que risque un producteur agricole qui ne livre pas volontairement les quantités prévues ?

Les cours grimpent et le prix de votre contrat de vente ne suit pas. Vous aimeriez saisir l’opportunité et vendre une partie…

<em class="placeholder">John Plard, éleveur laitier</em>
« J’aurais dû anticiper l’explosion des cellules au robot de traite », dans la Sarthe
L’EARL Plard dans la Sarthe n’avait pas de problème de cellules avant le passage au robot de traite. Pourtant, l’élevage a dû…
<em class="placeholder">Jérémy Amans, éleveur laitier</em>
« J’ai investi dans un robot de traite reconditionné pour 30 vaches », dans l’Aveyron

Installé seul, Jérémy Amans a fait le choix de l’automatisation de la traite et du raclage, ainsi que de la délégation de la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière