Aller au contenu principal

Prix du lait : qui a ouvert le débat sur le paiement de la matière grasse du lait ?

Parti d’un questionnement des éleveurs de jersiaises de l’est de l’Hexagone, le débat sur le paiement de la matière grasse a pris une ampleur nationale. Il rejoint la stratégie de souveraineté alimentaire des pouvoirs publics. 

jersiaise au pré dans le Gers
Parti d’un questionnement des éleveurs de jersiaises de l’est de l’Hexagone, le débat sur le paiement de la matière grasse a pris une ampleur nationale.
© A. Juanchich

« Au fur et à mesure que le prix de base augmente, le système actuel de paiement du lait est plus avantageux pour les producteurs de lait standard », estime Christophe Diss, trésorier de l’association de passionnés de la race jersiaise Jersi’Est, qui milite pour revoir la valorisation du gramme différentiel au profit des producteurs de lait riche. Toutes les races sont concernées selon lui. « Tous les schémas de sélection travaillent sur la matière utile. Quel est l’intérêt, si en face, il n’y a pas de rentabilité ? », interroge l’éleveur, qui dit ne pas vouloir « tout révolutionner mais gommer les iniquités de paiement. C’est une mesure de justice entre les producteurs ».

Lire aussi Faut-il plus payer la matière grasse aux éleveurs ?

Pour y parvenir, une option proposée par Jersi’Est est de définir des grilles de paiement selon des paliers de prix de base avec une valeur du TB plus élevée à mesure que le prix de base augmente. Un calcul qui ne semble pas possible en Criel du fait du cadre réglementaire, mais qui pourrait être discutée entre OP (organisation de producteurs) et laiterie.

Reconquérir la souveraineté alimentaire

Un autre argument peut s’immiscer dans le débat : la recherche de la souveraineté alimentaire. Depuis 2017, la France n’est plus autosuffisante en matière grasse laitière : nous devons en importer pour répondre à la demande intérieure.

Lire aussi La souveraineté française mise à mal

« Les pouvoirs publics demandent à la filière comment elle pourrait redevenir autosuffisante », témoigne Caroline Helleisen Errant, directrice générale du Cniel.

Toutefois, le déficit en volume cache un excédent en valeur. « Nous exportons des produits riches en matière grasse très bien valorisés et nous importons des crèmes et beurres bon marché », décrypte la directrice de l’interprofession. La question est de savoir si cela a un intérêt pour un industriel de produire de la matière grasse bon marché, plutôt que de l’importer.

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

Collecte du lait (à la ferme)
Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »

Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

Chargement d' un camion de pomme de terre. Tubercules de pommes de terre sur bandes transporteuses. Transport des produits agricoles
Alimentation animale : face à une surproduction en pommes de terre, une plateforme pour valoriser les excédents

Une nouvelle plateforme nationale met en relation producteurs de pommes de terre et éleveurs bovins afin de transformer des…

<em class="placeholder">site de transformation laitière en France</em>
Prix du lait : les industriels laitiers français manquent-ils de compétitivité ?

Durant un an et demi, le prix français a été largement distancé par nos voisins d’Europe du Nord. La compétitivité des…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière