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Prix du lait : la Normandie augmente les fréquences d’analyses qualité

Teneur en matière grasse et protéine, cellules, point de congélation… ces critères de paiement du lait à la qualité sont systématiquement analysés à chaque livraison de lait depuis le 1er juillet en Normandie.

Depuis le 1er juillet, la région Normandie applique un accord signé par les trois collèges membres du Cniel (1) en février 2022. Cet accord fixe notamment les fréquences minimales d’analyses pour des critères de qualité liés au paiement du lait. Toutes les régions devront l’appliquer progressivement d’ici 2025. La Normandie fait partie des premières régions à mettre en place cet accord national. Concrètement, la teneur en MG et MP, le point de congélation et les cellules sont désormais systématiquement analysés à chaque livraison de lait.

« À partir du 1er octobre, nous avons choisi de conserver deux analyses par mois sur l’ensemble de l’année pour les butyriques, afin d’être plus en accord avec les besoins et pratiques des exploitations et entreprises », explique Justine Cuffel, directrice du Criel Normandie Lait. La fréquence minimale fixée par l’accord interprofessionnel national pour ce critère est d’une analyse par mois, les autres régions pourraient fixer une fréquence supérieure.

Les analyses d’urée seront également réalisées à chaque prélèvement de lait, même si ce critère n’entre pas dans le paiement du lait. Cet accord ne modifie pas la fréquence d’analyses pour les antibiotiques ni pour les germes. « La fréquence d’analyses était déjà systématique pour les résidus d’antibiotiques », précise Justine Cuffel. Pour les germes, elle reste fixée à au moins deux par mois.

Plus de réactivité pour les éleveurs

Cet accord est-il une bonne nouvelle pour les producteurs laitiers ? Ludovic Blin, éleveur laitier dans la Manche et administrateur du Criel Normandie Lait, en est convaincu. « Le passage à une analyse systématique à chaque livraison de lait permet aux éleveurs d’être plus réactifs. C’est notamment très intéressant pour les cellules. L’analyse systématique des taux et de l’urée nous permettra aussi d’ajuster plus rapidement les rations distribuées aux vaches. »

Autre argument en faveur de cette évolution. « Un mauvais résultat d’analyse pourra être dilué sur les quinze résultats mensuels lorsqu’il y a une collecte de lait tous les deux jours. » Ludovic Blin estime que « le jeu en vaut la chandelle » même si l’augmentation de la fréquence des analyses engendre un surcoût. « Le coût supplémentaire est de 0,03 €/1000 l, soit 18 € par an pour un éleveur qui livre 600 000 litres de lait. »

(1) Producteurs, coopératives et industriels laitiers. Depuis le Cniel a accueilli un nouveau collège : celui de la distribution.

Focus sur les autres régions

La fréquence des analyses est également liée aux entreprises qui collectent le lait. « Certaines entreprises appliquaient déjà des fréquences d’analyses à chaque livraison de lait pour certains critères avant la signature de cet accord », rappelle Justine Cuffel, directrice du Criel Normandie Lait. Ainsi, dans certaines régions la majorité des entreprises appliquent déjà les analyses systématiques. « C’est le cas pour la zone Occitanie et les régions Nord, Picardie et Ardennes. En revanche, d’autres régions telles que la Bretagne prévoient un passage en systématique pour le 1er janvier 2025. »

De nouvelles règles de gestion des écarts prévues cet automne

« De nouvelles discussions sont en cours au Criel Normandie Lait pour retravailler les accords régionaux. Il est question de reprendre les règles de gestion des écarts (« droit à l’erreur ») afin qu’elles soient plus en adéquation avec l’augmentation des fréquences d’analyse », indique Justine Cuffel. Ces nouvelles règles devraient s’appliquer cet automne.

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