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Organisation du travail : les jeunes plébiscitent les sociétés pour se dégager du temps

L’organisation du travail est un enjeu fort des éleveurs laitiers pour se libérer du temps ou augmenter les performances de l’élevage sans accroître la charge de travail. L’observatoire d’Innoval présente des solutions.

Parmi les 839 répondants à l'enquête réalisée début 2024, 62% déclarent ne vouloir ni agrandir ni réduire leur cheptel.
Parmi les 839 répondants à l'enquête réalisée début 2024, 62% déclarent ne vouloir ni agrandir ni réduire leur cheptel.
© Innoval

« À travers notre observatoire, nous voyons l’évolution des profils et des attentes des éleveurs, avec des jeunes qui disent qu’ils s’organisent pour se libérer du temps et/ou pour améliorer la performance de l’exploitation sans augmenter le temps de travail, dépeint Patrice Guiguian, président de la coopérative Innoval, qui a lancé l’observatoire de l’élevage en 2023. L’enquête 2024 portait sur l’organisation du travail en élevage bovin, qui avait été identifiée en 2023 comme la première préoccupation des éleveurs de vaches laitières. Plus de 800 éleveurs ont répondu. Les répondants sont plus jeunes que la moyenne des 30 000 adhérents Innoval (sur 26 départements du Nord, Grand Ouest et Nord Massif Central). Les grandes structures sont également surreprésentées.

Le premier profil d’organisation est le grand collectif, c’est-à-dire plus de trois associés. L’organisation du travail est un objectif prioritaire dans leur stratégie. On y trouve beaucoup de jeunes qui choisissent ces structures pour leur souplesse en termes d’organisation du travail. Ils prennent de fait davantage de week-ends et de congés que d’autres profils d’éleveurs.

Les sociétés à plus de trois associés attirent

Le grand collectif leur permet de répondre à cette attente forte, tout en leur permettant de monter en compétence. « Le schéma qui fontionne bien consiste à spécialiser un associé responsable d’atelier, tout en mutualisant les travaux d’astreinte et de saison », relève Patrice Guiguian.

Ces jeunes ne veulent pas forcément vouer leur vie à une exploitation « Ils peuvent utiliser leur revenu à autre chose qu’à rembourser leurs emprunts, grâce au fait que la reprise de parts sociales est moins lourde qu’un investissement individuel. Cela répond aussi à une autre posture des jeunes : c’est l’exploitation qui est au service des éleveurs et pas l’inverse. »

Ainsi, « même si la vie en Gaec n’est pas simple, nous pensons que les grands collectifs sont amenés à se généraliser davantage, avec des hors cadre familiaux et des jeunes non issus du milieu agricole (Nima). »

Trois-quarts des jeunes ont un projet robot

Dans ce profil, l’observatoire montre que les associés investissent dans du matériel pour gagner en performance tout en n’augmentant pas la charge de travail. Avec le robot de traite, il s’agit aussi d’organiser différemment le travail et de lever l’astreinte de traite.

Il y a aussi souvent une vie sociale plus riche dans les grands collectifs, quand il y a un recours à la main-d’œuvre extérieure. L’observatoire montre qu’ils embauchent et recourent au service de remplacement.

Ces structures seraient plus enclines à se diversifier qu’à agrandir l’atelier laitier. D’une part, en lien avec la présence du robot de traite. D’autre part, en lien avec le modèle d’organisation avec un responsable par atelier.

La délégation, un important levier chez les individuels

L’enquête 2024 fait ressortir un deuxième profil d’organisation : les individuels spécialisés en lait, où l’on retrouve beaucoup d’éleveurs en milieu de carrière. Leur principal levier pour mieux organiser leur travail et se libérer du temps est la délégation. Autre levier : ils simplifient leur système.

Dans le troisième profil, les structures familiales - essentiellement des couples d’éleveurs plus âgés - mettent le revenu en premier objectif, et l’organisation du travail en arrière-plan. Les investissements pour mieux organiser le temps de travail sont plus mesurés.

Des groupes et des coachs pour trouver des solutions

Innoval décline trois grands types d’actions à déployer pour aider les éleveurs à mieux s’organiser : animer des groupes d’éleveurs sur cette thématique pour que les expériences réussies inspirent les autres ; développer l’accompagnement individuel sur l’organisation du travail et promouvoir les applications et autres solutions numériques qui répondent à cet enjeu.

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