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L'excédent brut d'exploitation baisse, mais ce n’est pas la crise de 2009 !

Clôtures de décembre 2012. Les résultats des exploitations laitières du réseau Cerfrance de la Manche diminuent, et remonteront pour les clôtures de décembre 2013.

Le creux de la vague sera atteint avec les clôtures de mars à juin 2013.
Le creux de la vague sera atteint avec les clôtures de mars à juin 2013.
© S. Grente

« Les clôtures du printemps 2012 affichaient un bon résultat, en hausse. En six mois, la situation s’est inversée », souligne Xavier Beaufils, directeur du conseil agricole du Cerfrance de la Manche.
Les clôtures de décembre 2012 montrent une baisse de l’EBE et du revenu disponible. Le produit total est stable, grâce aux produits viande et grandes cultures en progression, qui compensent la diminution du produit lait, due à la baisse du prix du lait et du volume produit.
La hausse des charges opérationnelles, qui s’explique surtout par la hausse du coût des aliments achetés, et des charges de structure, pèse sur l’EBE, qui baisse de 13 %. La baisse du volume produit concentre le poids des charges de structure et des annuités aux 1 000 litres de lait vendus.


La baisse des volumes produits accentue celle du résultat

Le prix d’équilibre sur 2012 est de 365 euros pour 1000 litres avec 17 000 euros par UTAF de prélèvements privés. « Avec un lait payé à 344 euros, il en résulte une dégradation de la trésorerie de 21 euros pour 1 000 litres. Le boni de trésorerie acquis sur 2011, a quasiment été consommé sur six mois de conjoncture défavorable », fait remarquer Xavier Beaufils.
« La situation n’est pas comparable à 2009, où le revenu disponible était tombé vraiment très bas (moins de 8 000 euros par UTAF). Pour les clôtures décembre 2012, le revenu disponible est en moyenne de 14 350 euros par UTAF. »
Si la conjoncture n’est pas catastrophique, elle est difficile. « Le manque de lisibilité sur la PAC et sur les volumes entretient le sentiment de crise, ainsi que le manque de lisibilité sur les prix, avec des systèmes d’avances. »
L’autre difficulté est que certains ne sont pas sortis de la crise de 2009. Certains remboursent encore des prêts de trésorerie. D’autres, moins efficaces techniquement et économiquement, n’ont pas pu constituer une épargne de précaution pendant la période plus favorable de 2010-2011 et 2011-2012.
« Les écarts entre exploitations se creusent. Les résultats de la clôture décembre 2012 montrent que les « 25 % meilleures » , même en année difficile, s’en sortent mieux que la moyenne de l’exercice précédent. Cela suggère qu’un certain nombre d’exploitations ont encore des marges de progrès pour améliorer l’efficacité (EBE/produit) et la cohérence de leur système(1). Et qu’encore trop peu d’exploitations se sont adaptées à la volatilité des prix, en : raisonnant prix d’équilibre à l’année et coût marginal à l’occasion pour profiter d’embellies sur les marchés ; se laissant un peu de souplesse pour pouvoir produire plus en cas d’opportunité ; faisant de la gestion de trésorerie pluriannuelle (mettre de côté les bonnes années). »

Gérer en conjoncture instable n’est pas suffisamment répandu

« Il faut aussi se donner plus de marge de manœuvre financière. Chaque investissement doit apporter un plus à l’exploitation : efficacité économique, gain de productivité. Les fluctuations étant de plus en plus importantes, il est également important de se fixer un seuil d’annuités à ne pas dépasser : 80 € à 100 € en fonction de la performance des exploitations. »
Sur 2013, les clôtures les plus défavorables seront celles du printemps 2013, avec douze mois de baisse du prix du lait (-20 €/1 000 l), un volume de lait produit encore plus en retrait, et des charges opérationnelles qui seront en hausse de 20 à 25 €/1 000 l, soit un delta de 45 €/1 000 l, ce qui représente une baisse de 18 000 € pour une exploitation de 400 000 litres.
Pour les clôtures de décembre 2013, les résultats sont attendus à la hausse. Cette reprise sera très hétérogène entre les exploitations, suivant le fourrage et les vaches disponibles.


(1) Cohérence entre le potentiel des outils de production (bâtiment,
main-d’œuvre, potentiel des animaux, des terres…) et le niveau de production
et d’intensification.

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