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Le Brexit effraye la filière laitière française

Le Royaume-Uni est le 4ème client de la France en produits laitiers. Un Brexit sans accord serait catastrophique pour la filière laitière française et le reste de l'UE.

Au jour où nous mettions sous presse (23 janvier), nul ne savait dans quelles conditions le Royaume-Uni sortirait de l'Union européenne. L'hypothèse d'une sortie sans accord se renforçait suite au rejet le 15 janvier par la Chambre des communes de l'accord négocié par Theresa May avec l'Union européenne (UE).

Un Brexit sans accord " représenterait un coût de 500 millions d'euros pour les exportations de nos filières agroalimentaires, sur une perte de estimée à 3 milliards d'euros pour l'économie française ", estime l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture. L'enjeu est de taille pour les vins et spiritueux, les pommes et les produits laitiers. " Les exportations de la France en produits laitiers vers le Royaume-Uni pesaient 562 millions d'euros courants en 2017. Le Royaume-Uni est le quatrième client de la France en produits laitiers, derrière l'Allemagne, la Belgique et la Chine, décrit Vincent Chatellier, économiste à l'Inra. Le Royaume-Uni est un pays durablement déficitaire en produits laitiers. En 2017, il en a importé pour 3,56 milliards d'euros en provenance des autres pays de l'UE. Les principaux pays fournisseurs sont l'Irlande, la France, l'Allemagne et les Pays-Bas. " 

Un retour probable des droits de douane

Si le Royaume-Uni sort de l'Union européenne sans accord, " l'UE lui appliquera les droits de douane qui s'appliquent pour des pays tiers. Ils sont suffisamment élevés pour que cela empêche tout produit laitier britannique de venir en Europe (1,37 milliard d'euros d'exportations britanniques vers l'UE en 2017). Le Royaume-Uni pourrait alors faire de même avec les produits européens. Ce serait catastrophique pour la France et les autres pays gros fournisseurs, mais aussi pour toute l'Union européenne, par effet de ricochet ", développe Gérard Calbrix, économiste à Atla. Outre les droits de douane, l'impact économique pourrait aussi être marqué par la dépréciation de la livre sterling. Sans oublier les barrières non tarifaires, comme les difficultés logistiques ou les normes sanitaires.  

En cas de droits de douane élevés sur les produits de l'Union européenne, le Royaume-Uni essayera d'importer d'ailleurs pour satisfaire sa demande, notamment de Nouvelle-Zélande. " Mais les autres pays ne sont pas capables de fournir certains fromages par exemple. Donc mettront-ils vraiment des droits de douane très élevés ? Vraiment, on ne sait pas ce qui va se passer ", conclut Gérard Calbrix. Les laiteries les plus exposées au marché britannique essayent de se préparer au pire, en cherchant de nouveaux débouchés.

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