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Lactalis bloque les attributions de volume

Face aux excédents laitiers et à la faible valorisation des marchés, le groupe freine sur les volumes pour la campagne en cours.

La négociation avec Lactalis sur le contrat avance et les choses vont dans le bon sens", affirme Claude Bonnet, président de l’Unell (Union nationale d’OP Lactalis). On s’oriente vers une formule de prix qui prendra en compte le mix produit de l’entreprise et devrait suivre l’indice de marge Milc pour faire remonter le prix si nécessaire". Le point qui gêne l’Unell, pour cette campagne, est le gel des attributions hors installation et hors reprise à l’identique d’une exploitation (sauf dans le sud de la France où il n’y a pas de gel). Lactalis met en avant la forte dynamique de la production européenne alors que les stocks de poudre pèsent énormément sur les marchés. "C’est un frein au développement des exploitations. Mais l’entreprise sait qu’elle ne peut pas continuer longtemps à bloquer les projets, si elle ne veut pas voir partir des exploitations d’avenir. Nous avons demandé qu’il y ait une contrepartie avec un meilleur prix du lait, mais nous n’avons pas obtenu de réponse,"commente Claude Bonnet.

Une baisse hypothétique pour les cinq ans à venir

"Au cours des réunions de négociations, Lactalis a laissé entendre qu’il pourrait y avoir une réduction des volumes collectés en France de 10 % dans les cinq ans à venir, dans l’idée de fabriquer moins de beurre et de poudre basique produits en France, indique Claude Bonnet. Mais cela se ferait sans toucher aux références individuelles. La baisse serait mécanique, en n’attribuant pas tous les volumes libérés par les cessations."

"Il ne s’agit aucunement d’une décision du groupe, souligne Michel Nalet, responsable communication de Lactalis. Cette baisse des volumes n’interviendrait que si la restructuration restait aussi élevée qu’en 2016 (environ -5 %), si les marchés restaient compliqués et si la compétitivité du prix du lait français était moins bonne que celle des pays concurrents. Avec des marchés plus favorables et un lait français compétitif, les volumes ne baisseraient pas."

Par ailleurs, l’OPLGO, l’une des OP Lactalis dans le Grand Ouest, a été étonnée d’entendre Lactalis évoquer en réunion un double volume double prix, l’entreprise étant jusque-là contre un tel dispositif. "L’entreprise nous explique que si les EGA (Etats généraux de l’alimentation) survalorisent le lait français avec la prise en compte du coût de production dans la fixation du prix du lait, elle fera un prix A pour les volumes valorisés sur le marché intérieur et un prix B pour les volumes valorisés à l’export (environ 50 % des activités Lactalis France), pour rester compétitive à l’export", affirme-t-elle.

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