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La tuberculose bovine inquiète les laiteries en Normandie

La lutte contre la tuberculose bovine perturbe beaucoup les filières laitières, notamment celles au lait cru. En Normandie, Isigny-Sainte-Mère et Lactalis rappellent également l'enjeu du statut indemne pour les exportations de produits laitiers. 

<em class="placeholder">Sophie Renouf, responsable qualité chez Isigny Sainte Mère, et Erwan Lozevis, responsable qualité chez Lactalis</em>
Au colloque sur la tuberculose bovine du 9 septembre, Sophie Renouf, responsable qualité chez Isigny Sainte Mère, et Erwan Lozevis, responsable qualité chez Lactalis, ont témoigné sur l'enjeu de l'éradication de la tuberculose bovine.
© C. Pruilh

Le lait issu des cheptels suspectés d'être infectés par la tuberculose bovine et donc sous APMS (arrêté préfectoral de mise sous surveillance) ne peut pas être commercialisé et consommé cru. Les laiteries peuvent pasteuriser ce lait pour le valoriser en produits laitiers. C'est le choix de la coopérative Isigny Sainte Mère. Elle organise une collecte séparée du lait sous APMS, et elle le paye selon les mêmes modalités que le reste de la collecte. Il est pasteurisé. Même si ce serait possible, la coopérative ne l'exporte pas. « Nous en faisons du beurre pour le marché français et de la poudre de lait destinée aux animaux », précise Sophie Renouf, responsable qualité chez Isigny Sainte Mère.

Lire aussi La lutte renforcée contre la tuberculose bovine porte ses fruits en Normandie

Lactalis collecte et détruit le lait sous APMS

D'autres laiteries comme Lactalis, ne transforme pas ce lait. « Nous le collectons et le payons à l'éleveur, mais nous le détruisons. Ce serait trop coûteux de transformer de petits volumes dans nos usines qui sont dotées d'installations de grande taille. Par ailleurs, il y a un risque médiatique que notre groupe ne veut pas courir », développe Erwan Lozevis, responsable qualité chez Lactalis.

La perte du statut indemne déséquilibrerait les filières

La perte du statut indemne est une menace pour l'industrie laitière, mais également viande, et par conséquent pour les éleveurs. Sans ce statut, il est interdit d'exporter des produits au lait cru. Certains pays pourraient interdire l'entrée d'autres produits laitiers venant des zones non indemnes. Enfin, des contraintes pour exporter (tests à réaliser, certificats à obtenir) mettront en difficulté les échanges de produits laitiers et de viande bovine. 

Isigny exporte 90% de ses poudres de lait infantile et 60% de ses produits laitiers. « La perte du statut indemne serait une catastrophe pour la coopérative et ses 590 éleveurs coopérateurs », insiste Sophie Renouf. Même inquiétude chez Lactalis, où « l'équivalent d'un litre sur deux est exporté de France »

Tous deux indiquent que les mesures de biosécurité sont les moyens de lutte que les laiteries peuvent aider à déployer. « Ces mesures servent aussi dans la lutte contre les salmonelles ou listeria », ajoute Erwan Lozevis. 

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