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FCO, MHE, DNC et tuberculose bovine : différences et points communs de ces quatre maladies qui touchent les vaches

Quatre maladies touchant les bovins occupent le devant de la scène ces deux dernières années : fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE), dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) et tuberculose bovine. Mode de transmission, dangerosité … Elles suscitent beaucoup d’interrogations et des confusions. En 5 tableaux synthétiques, voici ce qui les distingue ou les rapproche sur le plan sanitaire.

Les symptômes de la FCO et de la MHE sont similaires.
© C. Pruilh - Archive

Le point commun entre la fièvre catarrhale ovine (FCO), la maladie hémorragique épizootique (MHE), la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) et la tuberculose bovine, est que ce sont des maladies à déclaration obligatoire. En cas de suspicion, il ne faut pas tarder à faire venir le vétérinaire. Pour une efficacité maximale de la lutte collective, cette réactivité est fondamentale. 

Dans les 5 tableaux que nous présentons (sources : ministère de l'Agriculture et GDS France), nous ne traitons pas les mesures administratives de lutte, ni les impacts économiques pour les filières lait, viande, semences, cuir.

Nous avons conservé la maladie hémorragique épizootique (MHE) dans nos tableaux même si elle semble avoir très peu diffusé en 2025 (seulement 5 foyers entre le 1er juin 2025 et le 15 janvier 2026), car elle pourrait circuler à nouveau en 2026 : la vigilance reste de mise. 

 

1 – Tableau des caractéristiques des maladies FCO, MHE, DNC et tuberculose bovine

Pour la FCO et la MHE, la transmission ne se fait que par voie vectorielle. La transmission de la DNC, plus complexe, utilise principalement la voie vectorielle, mais elle est aussi contagieuse. Pour la tuberculose bovine, il n'y a pas de vecteur. 

Pour la tuberculose bovine, l’objectif de maîtrise à un niveau le plus bas possible est dicté en premier lieu par un enjeu de santé publique, la maladie étant transmissible à l’homme (c’est une zoonose).   

 FCO – Fièvre catarrhale ovin ou bluetongue MHE - maladie hémorragique épizootiqueDNC – dermatose nodulaire contagieuse bovineTuberculose bovine
Agent pathogèneVirus Reoviridae. Les sérotypes BTV 3 et 8 circulent en Europe. Le 4 est présent en Corse.  Virus EDH ou EDHV. Le sérotype 8 circule en Europe. Poxvirus, virus DNCV (même genre que les varioles ovines et caprines)Bactérie Mycobacterium bovis
Transmission vectorielle

Oui. 

Via les culicoïdes (moucheron transportable par les vents sur plusieurs dizaines de kilomètres) 

Par piqure 

Transmission biologique : le vecteur ingère le virus, le multiplie et le régurgite à chaque repas de sang, tout au long de sa vie. 

Comme la FCO. 

 

Oui. 

Via les stomoxes ou les taons. Plus grands que des culicoïdes, ils se déplacent sur des distances de quelques kilomètres maximum.

Transmission mécanique : le virus reste sur les pièces buccales quelques heures, et ne s’y multiplie pas. C’est le principal mode de transmission. 

Pas de transmission vectorielle

 

 

Transmission directe, c’est-à-dire contagiosité Non, sauf par le sperme et de la mère au fœtus Comme la FCO

Oui. Par contact direct et par contact indirect (via un objet contaminé), via les sécrétions (salive, jetage, semence, lait) et les croûtes des nodules.

 

Oui. Par contact direct avec un animal infecté ou avec la faune sauvage contaminée et par contact indirect. Via les sécrétions (salive et jetage surtout, mais aussi lait, urine, excrément, sperme, sécrétion utérine). 
Transmissible à l’homme (aspect zoonotique)Non, ni par contact, ni par consommation des produits (lait, viande)Comme la FCONon, ni par contact, ni par consommation des produits (lait, viande)Oui par contact rapproché et via la consommation de produits au lait cru.

 

2 – Tableau des impacts sur le bovin de ces quatre maladies

Les impacts de la FCO et de la MHE sur la santé des bovins se ressemblent beaucoup. La grande différence entre la FCO, MHE d’un côté, et la DNC de l’autre, tient à leur impact sur la santé des animaux et leur mode de transmission. « Autant il serait envisageable de vivre avec la FCO et la MHE, avec possibilité de maîtriser l’impact clinique à l’aide de la vaccination. Autant, pour la DNC, les experts scientifiques estiment que les impacts sur la santé et le bien-être des animaux seraient trop lourds pour les élevages professionnels français », résume Kristel Gache, directrice de GDS France.

 FCOMHEDNCTuberculose bovine
Symptômes Fièvre, affaiblissement, jetage, boiterie, conjonctivite, langue qui pend, salivation, ulcère dans la bouche et sur la mamelle, œdèmes

Similaires à la FCO : 

Fièvre, affaiblissement, jetage, boiterie, conjonctivite, langue qui pend, salivation, ulcère dans la bouche et sur la mamelle, œdèmes

40 à 50% des animaux infectés développent des signes cliniques visibles. 

Nodules sur la peau et les muqueuses, fièvre, affaiblissement, perte d’appétit, jetage nasal ou buccal, ganglions hypertrophiés, œdèmes, boiteries, atteinte d’organes internes (système digestif et respiratoire)

Les animaux souffrent quand les croûtes tombent et laissent un ulcère. 

Le plus souvent asymptomatique, mais des symptômes visibles parfois au bout de plusieurs mois, voire des années :  ganglions, toux, difficultés respiratoires, perte d’état général liée à des lésions dans l’organisme (ganglions lymphatiques, avant de s’étendre aux poumons et à la mamelle).
Délai d’incubation : durée entre l’entrée du pathogène dans l’organisme (infection) et l’apparition de symptômes2 à 8 joursComme la FCO4 à 28 jours, parfois davantage. 

Incubation longue, jusqu’à plusieurs années. 

Durant la phase asymptomatique, le bovin excrète la mycobactérie

Durée de la présence du pathogène dans l’organisme

15 à 30 jours de virémie (présence du virus dans le sang) 

 

Comme la FCO

 

Dans les lésions cutanées des animaux convalescent, le virus peut être isolé pendant 39 jours. La mycobactérie peut rester longtemps cachée dans les ganglions. Elle reste à vie dans l’organisme. 
Transmission placentaire Oui pour certaines souches des sérotypes 3 (BTV3) et 8 (BTV8)Pas encore établi (en 2025) et semble peu probable. Non documentéeNon documentée
Etat de l’animal s’il survit Selon les individus, la convalescence est plus ou moins longue. Certains animaux peuvent avoir des séquelles plus ou moins longues. Comme la FCO. L’animal peut guérir, d’après les observations dans les pays où il n’y a pas d’euthanasie systématique des animaux infectés. Son cuir n'est plus valorisable et il peut garder de lourdes séquelles (problèmes de reproduction, de croissance, etc). Il est admis qu’il n’a plus vraiment de valorisation économique (lait et viande). 

L’animal finit par maigrir et n’a plus de valeur économique. 

 

 

3 – Tableau des impacts sur un élevage de la FCO, MHE, DNC et tuberculose bovine

Les impacts des maladies sont très différents d'un élevage à l'autre, en fonction de la charge du pathogène et de la circulation des vecteurs, de l'immunité des animaux, de l'ambiance des bâtiments et des pâtures, etc. 

 FCOMHEDNCTuberculose bovine 
Impacts technico économiques 

Diminution de la production laitière, Diminution de la croissance et de l’état général,

Problèmes de reproduction, Avortements, 

Perte d’animaux 

Diminution de la production laitière, Diminution de la croissance et de l’état général,

Perte d’animaux

Forte diminution de la production laitière, 

Diminution de la croissance et de l’état général,

Problèmes de reproduction,

Perte d’animaux

Perte d’état corporel

 

% morbidité (proportion d’animaux malades parmi les animaux présents), % de mortalité (proportion d’animaux morts parmi les malades)

Morbidité : forte variabilité inter cheptel (0 à 98% de vaches adultes malades). Dans une étude menée par GDS France, la moitié des élevages enquêtés atteints de FCO-3 avaient moins de 6% d’adultes malades, et l’autre moitié plus de 6%. Pour la FCO-8, la morbidité est moins élevée. 

Mortalité : presqu’un tiers (FCO-3) des élevages bovins ont perdu au moins une vache et au moins un quart pour la FCO-8. 

Morbidité : forte variabilité inter cheptel (2 à 100% des bovins adultes malades). 

La

moitié des élevages enquêtés a au moins 13 % d’adultes malades. 

Mortalité des bovins adultes : forte variabilité inter cheptel (0 à 10%).

 

Jusqu’à 45% d’animaux malades. 

Entre 1 et 10% de mortalité. 

Morbidité et mortalité faibles

Avortements 

et impacts sur les veaux 

Au moins 44% (FCO-3) et 20% (FCO-8) des élevages bovins ont observé 1 à 20 avortements (FCO-3) et 1 à 6 pour la FCO-8.A ce jour, l’impact de la MHE sur les avortements n’a pas été démontré. Peu décritsPeu décrits

 

4 – Tableau de la persistance dans l’environnement et du rôle de la faune sauvage

Le pathogène est-il persistant dans les bâtiments, sur les abreuvoirs, chemins et dans les pâtures ? La faune sauvage est-elle sensible et une fois contaminée, excrète t-elle le pathogène ? 

 FCOMHEDNCTuberculose bovine 
Persistance dans l’environnementLe virus n’est pas présent dans l’environnement (sol) : que dans les vecteurs et les ruminants. Comme la FCO Plusieurs semaines à plusieurs mois, mais le virus est sensible aux UVJusqu’à quelques mois de persistance dans l’environnement (plus dans les terriers de blaireaux contaminés), mais la mycobactérie est sensible aux UV, au pH neutre à basique et aux températures élevées. 
Espèces animales porteuses de la maladieBovin, ovin, caprin et autres ruminants. 

Bovin et cerf élaphe sont sensibles. 

Ovin et caprin sont réceptifs au virus mais ne présentent pas de signes cliniques (= non malades).

Seuls les bovins seraient sensibles. 

Les ovins, caprins et chevaux peuvent attirés les insectes piqueurs mais ne sont ni réceptifs ni sensibles au virus, et ne jouent pas de rôle dans la propagation de la maladie. 

Bovin,

Faune sauvage : blaireau, sanglier, cerf, chevreuil. 

 

5 – Tableau des tests de dépistage et des solutions de traitement

La maladie est-elle facile à confirmer par les tests ? Peut-on la soigner ? La prévenir ? 

 FCOMHEDNCTuberculose bovine
Test de dépistagePCR sur le sang pour faire la distinction avec la MHE et confirmer une suspicionPCR sur le sang pour faire la distinction avec la FCO et confirmer une suspicion

La PCR sur le sang n’est fiable que si le résultat est positif. Il y a beaucoup de faux négatifs du fait de la présence intermittente du virus dans le sang. 

PCR sur les nodules très sensible. 

Tests (IDC ou IFG) sur animal vivant. 

Un résultat positif au dépistage nécessite d’abattre l’animal pour confirmer l’infection avec une analyse PCR et histologie sur les ganglions. 

Traitement curatif

Aucun ne peut éliminer le pathogène.

Mais il est possible de soulager les symptômes avec des anti inflammatoires.

 

 

Aucun ne peut éliminer le pathogène.

Mais il est possible de soulager les symptômes avec des anti inflammatoires.

 

Aucun traitement curatif.Aucun traitement curatif
Vaccin 

Oui.

Pour les sérotypes BTV-1, 3, 4 et 8 en Europe.

Oui

 

Oui.

Mais le délai pour que l’animal acquiert une bonne immunité est de 21 jours.

La vaccination est très encadrée par la règlementation. Elle a des conséquences sanitaires et économiques (freins à l’exportation). 

 

Non. Recherche en cours. 

 

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