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Bien anticiper l’agrandissement

On ne gère pas 50 vaches comme on en gère 100 ou 150. Il est important de bien évaluer l’ampleur du changement à venir. La phase de transition est souvent une période critique. Comment se réapproprier de nouveaux repères ?

Analyser le projet
dans sa globalité
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© F. Mechekour

En une décennie, le quota moyen a fait un bon de 67 % pour atteindre 323 000 litres en 2010. Au final, lors du dernier recensement agricole, il y avait davantage d’exploitations de plus de 100 vaches en France qu’au Danemark: 3300 exploitations (4 %) géraient 11 % des vaches en 2010, contre 1 % des exploitations pour 3 % des vaches en 2000. Et les 2000 plus grandes exploitations produisaient en moyenne un million de litres de lait.

Depuis, les agrandissements se sont poursuivis à un rythme plus ou moins soutenu selon les régions. En Bretagne, par exemple, le nombre de troupeaux de plus de 80 vaches a plus que doublé ces cinq dernières années.

Le contexte est porteur. L’échéance de la fin des quotas approche. Certaines laiteries, notamment les coopératives, se disent prêtes à suivre les producteurs laitiers dans leur projet de développement…

Pour autant, si les opportunités existent, il ne faut pas les transformer en déconvenues par manque d’anticipation. Des conseillers d’entreprise constatent que beaucoup trop d’éleveurs se disent prêts, voire impatients d’augmenter leur production de lait, mais que l’ampleur de la réorganisation de l’élevage est sous-estimée dans la majorité des cas.

Le déroulement de la phase de transition est très révélatrice des manquements. Avant de se lancer, il faut déjà s’assurer que le projet est partagé par tous les associés afin de prévenir les conflits. Mais aussi mesurer l’impact de l’agrandissement sur le volume de travail (1), la répartition des tâches, et sur l’intérêt économique (2).

Il faut ensuite passer en revue toutes ses conséquences sur le plan technique, matériel et réglementaire, sans perdre de vue qu’il est impératif d’analyser le projet dans sa globalité, de manière transversale.

Par ailleurs, la phase de transition se montre souvent critique d’un point de vue trésorerie. Autrement dit, pour sortir vainqueur de cette étape, rien de tel que de partir sur des bases saines, de bien étudier le parcours à suivre et surtout, n’oubliez pas de sortir la tête du guidon! (1) Voir notre dossier « Faire face à davantage de travail », Réussir Lait n° 272, septembre 2013. (2) Voir notre article « L’agrandissement, bon ou mauvais plan ? », Réussir Lait n° 267, mars 2013.

SOMMAIRE du dossier

Page 30 : Dix clés pour s’agrandir avec succès - Facteurs humains, économiques, techniques

Page 34 : «Avec 180 vaches, le pâturage n’était plus possible» - Au Gaec du Champ Fleury, en Ille-et-Vilaine

Page 38 : «Nous devons trouver de nouveaux repères» - Au Gaec de la Vallée de la Trézanne, en Vendée

Page 42 : «Le sanitaire a été le point sensible de notre regroupement» Au Gaec de la Pradelle, dans le Cantal

Page 46 : «Nous avons misé sur le confort de nos vaches» - Au Gaec du Bouillon, en Mayenne

Page 48 : "J'ai investi dans seize génisses de 8 jours" - Au Gaec Bondiguel, en Ille-et-Vilaine

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