Aller au contenu principal

Autoconsommez-vous vos céréales pour les vaches ?

Pour des raisons économiques, sanitaire... préférez-vous vendre vos céréales et acheter de l'aliment ? Ou autoconsommer ?

DAC distributeur automatique de concentré
© C. Pruilh - Archives

Grégoire Métais, en individuel, en Deux-Sèvres

NON

Grégoire Métais, éleveur en individuel, dans les Deux-Sèvres © G. Métais
Grégoire Métais, éleveur en individuel, dans les Deux-Sèvres © G. Métais
Jusqu'à cette année, pour mes vaches laitières (100 Prim'Hostein à 10 000 l), je faisais un concentré de production à 26 de MAT, distribué au DAC : 50 % de tourteau de soja non OGM, 48 % avec mon maïs et mon triticale et 2 % de minéral. En moyenne, mon maïs triticale me revenait à 130 €/t, plus 25 €/t pour le séchage, stockage et laminage. Dans la ration semi-complète d'ensilage de maïs et d'herbe, je mets de mon maïs grain humide. Mais au mois d'avril, avec un tourteau à 540 €/t (contrat à 6 mois) et un prix de vente des céréales à 160 €/t, mon concentré a atteint 420 €/t, sans compter la main-d'œuvre. J'ai donc acheté un aliment du commerce à 28 de MAT et 1 UF pour 385 €/t. J'ai donné mes céréales à mes brebis, mais j'aurais pu les vendre. Aujourd'hui (20 juin), le prix de mon maïs et de mon triticale est d'environ 200 €/t. Le tourteau de soja non OGM a atteint 757 €/t. Le tarif de l'aliment du commerce (acheté par 10 tonnes chaque mois) a augmenté mais reste valable à 391 €/t. Je risque de vendre la prochaine récolte de maïs et triticale, sauf une partie pour faire du maïs grain humide. Je ne veux pas réduire le concentré pour éviter les soucis sur la lactation, le métabolisme et la reproduction des vaches.

Maxime Le Jeanne , dans l'Orne

OUI

Maxime Le Jeanne, éleveur en Gaec dans l'Orne © M. Le Jeanne
Maxime Le Jeanne, éleveur en Gaec dans l'Orne © M. Le Jeanne
Le concentré de production des vaches (110 vaches à 10 700 kg) est préparé par Sanders, avec notre orge et notre blé pour moitié, et d'autres matières premières pour l'autre moitié. C'est un granulé distribué au robot. Le granulé, ce n'est pas le plus économique, mais cela simplifie la vie et évite les problèmes avec le robot. Nous l'achetons par 20 tonnes. Nous ne pouvons pas couvrir notre prix sur le concentré. Aujourd'hui (mi-juin), il nous revient à 284 €/t. Il y a un an, il était à 253 €/t. Si le prix de l'orge et du blé augmentent, nous ne vendrons pas pour autant nos céréales. L'aliment deviendrait aussi plus cher. Nous préférons nous en tenir à notre stratégie et ne pas perturber l'alimentation des vaches. Pas question non plus de réduire la quantité de concentré car nous avons besoin de maintenir les volumes produits.

Vincent Paynel, dans le Calvados

NON

Vincent Paynel, éleveur en Gaec, dans le Calvados © V. Paynel
Vincent Paynel, éleveur en Gaec, dans le Calvados © V. Paynel
Avant, on utilisait notre blé et notre orge, broyé par entreprise et stocké à plat sous un hangar. Il y a deux ans, des charançons ont causé beaucoup de pertes. D'autres éleveurs de la région ont aussi connu des problèmes depuis deux trois ans. En Normandie, il fait humide, et quand il fait chaud, il y a plus d'insectes, et de risque de mauvaise conservation et de mycotoxines, surtout quand la ventilation n'est pas bonne. On s'est dit que si on stockait, il fallait quelque chose de plus professionnel. Donc ça a un coût. À quelques années de la retraite, je n'ai pas voulu investir. Du coup, nous achetons un concentré de production à base de blé, orge, maïs, soja, colza... distribué au DAC pour les vaches, et aux élèves. Son prix a augmenté depuis plus d'un an, dans les mêmes proportions que le blé que l'on vend. Il faut parvenir à vendre ses céréales et à acheter son concentré au meilleur prix, et donc gérer sa trésorerie. Pour réduire le coût alimentaire, nous avons baissé le concentré de production, jusqu'à 30 % et quasiment rien au printemps. Mais on atteint la limite. On n'a pas forcément baissé en production (23 l/VL normande) car le troupeau a une bonne génétique. Mais les taux et les résultats repro s'en ressentent.

 

Les plus lus

<em class="placeholder">Le banque de travail agricole de Saint-Clément, dans le Maine-
et-Loire</em>
« Nous ensilons 250 ha de fourrage en 10 jours sur notre commune grâce à la banque de travail agricole », dans le Maine-et-Loire

​​​​​Vincent Tessier, éleveur à Saint-Clément dans le Maine-et-Loire, réalise tous ses chantiers d’ensilage d’herbe et de maïs…

Tableau avec les prix de revient et coût de production de l'atelier lait de vache de 2024
Le prix de revient du lait publié en 2025 par le Cniel augmente de plus de 4%

Les indicateurs de coût de production et de prix de revient du lait de vache pour l’année 2024, publiés par l'interprofession…

quad dans une prairie avec du matériel pour entretenir et déplacer les clôtures et les fils.
Prairie : un gain de temps avec un atelier et un quad bien rangés pour clôturer avec efficacité

Dans l'Orne, Estelle et Sylvain Quellier sont à la tête d'un troupeau de 80 vaches laitières qui pâturent 9 à 10 mois de l'…

<em class="placeholder">groupe d&#039;éleveurs assistant à une démonstration d&#039;entretien de la végétation autour des clôtures. </em>
Prairie : de nouveaux matériels pour l’entretien autour des clôtures
La gestion de la végétation sous les clôtures électriques est essentielle en système herbager. Des outils utilisés dans d’autres…
« Suite à la FCO, il va manquer de femelles de renouvellement dans 30 % des élevages laitiers », d’après Innoval

La reproduction des troupeaux laitiers a été mise à mal avec le passage de la FCO 3 et 8, particulièrement marqué dans le…

<em class="placeholder">Benoit Chamagne, éleveur laitier</em>
Eleveur lâché par Lactalis : « J'arrête le bio et je rejoins une petite coopérative laitière », en Haute-Saône

Après avoir vu son contrat dénoncé par Lactalis, Benoit Chamagne, éleveur laitier en agriculture biologique en Haute-Saône,…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 96€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière