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Agrivoltaïsme : les ombrières de faibles hauteurs perturbent peu les vaches mais modifient la composition de la prairie à Poisy, en Haute-Savoie

Avec des hauteurs inférieures à 2,20 mètres, les panneaux fixes installés sur une prairie pâturée de la ferme de Poisy, en Haute-Savoie, ne semblent pas perturber les vaches.

<em class="placeholder">démonstrateur centrale agrivoltaïque Voltalia sur prairie avec des vaches</em>
Les premières observations ne permettent pas encore de conclure sur la hauteur de panneaux la plus pertinente, estime Voltalia.
© H. Barbier/Voltalia

Le démonstrateur de l’énergéticien Voltalia a démarré courant 2024. Il est implanté sur une prairie de la ferme du centre de formation de Poisy, en Haute-Savoie. « Le sol de galets et cailloux, limoneux argileux, a une faible capacité de rétention d’eau, d’où l’intérêt d’étudier l’effet de l’ombrage », présente Voltalia. La centrale de 250 kWc se compose sur 0,8 hectare de six rangées d’ombrières à panneaux fixes sur pieux battus, pour une structure facilement démontable. Trois hauteurs de panneaux (mesure entre le bas du panneau et le sol) sont testées : 1,80 mètre, 2 mètres ou 2,20 mètres (rangées par hauteur). L’interrang de 6 mètres permet le passage de matériel pour épandre ou semer.

La hauteur de 1,80 mètre semble fonctionner

Les vaches pâturant sur le site se servent des panneaux pour se mettre à l’ombre lors des journées de fort ensoleillement. « Aucune blessure n’a été observée, ni aucun dégât sur les panneaux. Un animal ayant touché la structure lors d’un chevauchement, évite les panneaux par la suite : il pousse sa congénère hors de la zone couverte pour effectuer son chevauchement », précise Voltalia.

« Les animaux s’adaptent aux panneaux, ajoute Romaric Puthod, responsable de l’exploitation. La hauteur la plus basse ne semble pas dissuasive : nous avons observé le même nombre de vaches sous et autour des panneaux de 1,80 mètre qu’au niveau des panneaux de 2 et 2,20 mètres. Cela questionne le standard de 2,40 de hauteur. » Il ajoute qu’il n’y a pas de surfréquentation sous les panneaux : « Quand il fait chaud, les vaches cherchent le vent et ne restent donc pas forcément sous les panneaux. »

Moins de chicorée, plus de dactyle

Sous les panneaux, la composition de la prairie évolue, avec une réduction des plantes bioactives (chicorée et plantain) et des légumineuses, au profit des graminées dont la part augmente, notamment le dactyle. Une augmentation de la part de sol visible est aussi notée. Mais Voltalia souligne que « les conditions météo suivant le semis n’ont pas permis une levée optimale des légumineuses ». Un essai de sursemis de trèfle blanc sera réalisé ce printemps. Le taux de protéine de la prairie sous panneau est « équivalent voire supérieur à ceux observés sur la surface témoin », pointe Voltalia.

Une biomasse plus lissée sur l'année

Le volume de biomasse et la hauteur d’herbe sont plus faibles sous panneaux par rapport aux interrangs et à la zone témoin. Mais « au printemps, le démarrage végétatif est plus précoce sous les panneaux, probablement lié au microclimat induit par les structures. Et lors des épisodes de forte chaleur estivale, le couvert souffre moins du déficit hydrique et reste vert contrairement à la surface témoin », expose Romaric Puthod. Une fauche a été réalisée en 2025 et neuf tours de pâturage ont pu être effectués entre avril et novembre, comme dans la parcelle témoin.

 

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