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Organisme stockeur
La Scara : un exercice 2020/2021 « atypique » pour la coopérative

La coopérative céréalière a évolué entre mesures imposées par la crise sanitaire pour l’organisation de la collecte et une durée record de moisson de quarante jours.

Lors de l'AG de la Scara du 4 janvier 2022, Laura André-Boyet (au centre), formatrice d’astronautes dont Thomas Pasquet, a abordé la conduite du changement. A gauche, le président de la coopérative, Alain Herbinet et à droite, Estelle Thibaut, directrice générale.
© Noémie Marteau / Scara

Pour son exercice 2020/2021, la coopérative agricole céréalière Scara ou Société Coopérative Agricole de la Région d’Arcis-sur-Aube, qui étend ses activités sur une trentaine de kilomètres autour d’Arcis-sur-Aube (Aube), a publié, le 4 janvier 2022, un chiffre d’affaires de 69 M€, en baisse de 5 % par rapport à celui de l’exercice précédent. Le résultat d’exploitation ressort à 1,98 M€ (2,67 M€) et le résultat net à 1,73 M€ (1,06 M€).

Au total, la collecte de céréales s’élève à 211 800 t (pour une capacité de stockage de 300 000 t), en baisse de 12 % par rapport à l’exercice précédent et de 9 % comparée à une moyenne trois ans. Cette collecte est composée à 52 % de blé (en hausse de 5 %), à 37 % d’orge de printemps (- 29 %), à 7 % d’escourgeon (+ 6 %) et à 4 % de colza (- 24 %). Le blé meunier pèse pour 69 % de la collecte en blé contre 11 % pour la malterie, 6 % pour les FAB, 5 % pour les biscuitiers, le solde partant vers l’amidonnerie et d’autres utilisations. 84 % de l’orge est destinée à la brasserie, le solde étant utilisé par les FAB.

En blé, le rendement moyen s’affiche à 94,5 qx/ha et la moyenne des protéines est de 10,8 % sur la coopérative, « ce qui a nécessité des ajustements commerciaux avec l’application de réfactions protéines par nos clients. Le pourcentage de filières blés à la Scara est en progression significative avec l’arrivée de nouvelles filières comme celle mise en place avec Agromousquetaires, un petit démarrage en blé meunier HVE et une augmentation des besoins dans la filière blé infantile (Babyfood) et CRC, Label Rouge » peut-on lire dans le rapport d’activité. Au final, c’est 75 % des ventes de la coopérative est commercialisé en affichant une démarche filière. A noter que 53 exploitations adhérentes de la Scara ont été certifiées HVE sur l’exercice et que l’ensemble des exploitations de la coopérative ont effectué un diagnostic carbone.

Côté orge, la récolte en orges de printemps a connu un recul de 20 % par rapport à 2019/2020 sur la coopérative. « La sécheresse du printemps 2020 a eu pour
conséquence une baisse des rendements significative et un déclassement de 30 à 40 % des livraisons d’orges ne correspondants pas aux normes brassicoles ». Cependant, un « travail rigoureux à la moisson et dans les silos d’expéditions tout au long de la campagne » a permis de livrer les malteurs de façon satisfaisante sur l’ensemble de l’exercice.

Enfin, l’activité colza « continue son déclin année après année en raison de conditions pédoclimatiques adverses et de leviers phytosanitaires et agronomiques limités pour faire face à des pressions de bioagresseurs de plus en plus fortes ». Néanmoins, la coopérative a développé une nouvelle filière sur la campagne 2020/2021 avec le colza érucique (Colza HEAR), qui ouvre des débouchés dans les secteurs des détergents, des lubrifiants, des plastiques ou encore dans les cosmétiques. Le rapport d’activité de la Scara explique même qu’à « l’avenir, le tournesol oléique devrait prendre de l’ampleur en surface et donc en volume, dépassant ainsi dans quelques années les volumes collectés en colza ».

Et l’avenir ?

La coopérative de l’Aube a présenté trois grands axes de développement (conquête d’une collecte diversifiée, renforcement du service aux adhérents et action pour renforcer l’attrait de la coopération par une meilleure mise en valeur de ses savoir-faire). Cette volonté a débouché sur la mise en place de six axes d’innovation et de dix-sept projets.

L’un d’entre eux, baptisé « De la génétique au pain », consiste à travailler, en partenariat avec Limagrain et Jacquet-Brossard, sur la sélection de blés tendres adaptés à la Champagne crayeuse et aux besoins industriels du second. « Les essais 2020/2021 confirme les performances agronomiques d’une nouvelle variété de blé Waxy sous le nom de EPICE. Cette dernière sera proposée à nos adhérents pour la récolte 2022 » peut-on à nouveau lire dans le rapport d’activité.

Un autre chantier concerne l’agriculture de précision appliquée aux grandes cultures (juste dose d’éléments nutritifs au bon moment). Baptisé Xylem II, cet outil a été testé en 2021 et les travaux continueront cette année, pour piloter non seulement les apports en azote et en oligo-éléments mais aussi ceux en phosphore.

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