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Entreprises
Transmission, financement : le capital-investissement peut être une solution

Dans les dix ans à venir, 24.000 entreprises, entre 20 et 250 salariés, feront l’objet d’une transmission. Le capital- investissement peut alors apporter une solution. Au-delà, cette activité met à disposition ses services à toute entreprise faisant face à un besoin de financement.

La Dépêche - Le Petit Meunier : Qu’est-ce que le capital-investissement ?
Michel Chabanel :
Son objectif est double. Il s’agit d’une part d’accompagner les entreprises dans leurs problématiques de financement en fonds propres, pour une transmission, un démarrage ou un développement. Les sociétés de capital-investissement se spécialisent selon ces types de besoins et les tailles des entreprises demandeuses, dont 80 % sont des PME. Mais TPE et ETI peuvent aussi nous solliciter. Certains capital-investisseurs se dédient, de plus, à des secteurs d’activité spécifiques.
Pour ce faire, et c’est son deuxième fondement, le capital-investissement gère l’épargne privée pour le compte de tiers : institutionnels français et étrangers (banques, assurances, caisses de retraite…), et épargnants en direct. Il crée ainsi des fonds qui seront investis à moyen/long terme, cinq à sept ans, pour financer la croissance d’entreprises, à 90 % françaises.

LD-LPM : Quel est l’atout de cette solution par rapport à une introduction en bourse ?
M. C. :
Elles sont complémentaires et correspondent à des stades de maturité différents. Alors qu’en bourse, la durée moyenne de détention d’actions en France est très courte, d’environ huit mois, et que les actionnaires ne prennent pas part directement à la transformation des entreprises, le rôle des professionnels du capital-investissement va au-delà du simple financement. Ils accompagnent les entreprises dans leur stratégie, sur du long terme. Nous cherchons à y créer de la valeur, en les faisant croître durablement. C’est la plus-value, permise par le développement que l’on apporte, qui nous rémunère. Et, lorsque l’on sort de l’investissement, l’entreprise doit encore avoir une histoire. On ne vend pas s’il n’y a pas de projet ! On peut alors envisager une sortie par introduction en bourse car, souvent, la structure a grandi et est plus aguerrie.
Nous mettons en place de nouvelles règles de gouvernance. Les décisions sont ainsi partagées dans le cadre de conseils, structures qui bien souvent sont peu développées dans les PME. La gestion s’en trouve souvent améliorée. Le manager est moins seul et accède à d’autres réflexions, moyens et soutiens. Nous avons une expérience différente de la sienne et rencontrons beaucoup de sociétés, ce qui nous permet d’apporter des idées, un autre regard, d’éviter certains pièges…
Nous conseillons également l’entreprise pour ses investissements stratégiques avec une vision à long terme. Ceci peut nous amener à décider de construire une nouvelle usine. Dans le cas d’une PME qui veut faire l’acquisition d’un concurrent, nous allons, par exemple, anticiper la réaction des clients, voir si les deux unités sont complémentaires, étudier le meilleur plan de financement… Notre objectif est d’aider l’entrepreneur dans ces paliers de développement délicats.

LD-LPM : Comment est appréhendée la problématique de la transmission d’entreprise ?
M. C. :
En cas de capital-transmission, bien souvent le fonds apporte la plus grande partie des moyens nécessaires et peut même, dans certains cas, détenir 90 % du capital. Le solde est détenu par les managers qui sont à l’origine du projet, mais n’ont pas le capital nécessaire pour monter seuls la reprise. Il est important que les équipes de management, qui vont gérer la société et soutenir les projets de croissance, soient directement impliquées. Après plusieurs opérations de capital-transmission, les dirigeants peuvent augmenter significativement leur part dans le capital de la société. On a vu des dirigeants partant de quelques pourcents du capital finir par détenir 100 % de l’entreprise. Mais souvent, ils  choisissent de faire rentrer d’autres investisseurs qui continueront à les accompagner dans leurs projets.
Dans d’autres cas, le propriétaire d’origine souhaite se retirer par étapes, lors de la transition de son entreprise. Il gardera alors un tiers du capital, voire la moitié, avec planification d’un retrait progressif. Nous pouvons aussi aider à la recherche d’un repreneur.

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