Sécheresse 2026 : la campagne de commercialisation des grains sous tension en Alsace
Lors de la Journée des grains, organisée par l’Association de la Bourse de commerce de Strasbourg (ABCS) le 3 septembre, les professionnels ont évoqué l’incertitude qui pèse sur la récolte de maïs. Mais au-delà des rendements, c’est la capacité de toute la filière à acheminer les volumes et à honorer les contrats qui a nourri les échanges, sur fond de sécheresse historique et de bas niveaux du Rhin.
Lors de la Journée des grains, organisée par l’Association de la Bourse de commerce de Strasbourg (ABCS) le 3 septembre, les professionnels ont évoqué l’incertitude qui pèse sur la récolte de maïs. Mais au-delà des rendements, c’est la capacité de toute la filière à acheminer les volumes et à honorer les contrats qui a nourri les échanges, sur fond de sécheresse historique et de bas niveaux du Rhin.
À l’issue d’un été 2026 caniculaire, les courtiers et opérateurs de la filière grains de l’est de la France ont fait le point sur les conséquences de ces conditions climatiques extrêmes en particulier pour la filière maïs, à l’occasion de la Journée des grains organisée par l’Association de la Bourse de commerce de Strasbourg (ABCS) le 3 septembre 2026. L’est de la France n’a pas été épargné par la sécheresse et les fortes chaleurs mais la récolte de maïs commence tout juste, les opérateurs restent donc dans l’expectative. « Ici, en Alsace, le maïs semble avoir été relativement épargné par les vagues de chaleur estivale, notamment grâce à l’irrigation » fait remarquer un courtier. « Les moissons vont commencer la semaine du 7 septembre. On verra une fois les bennes remplies », ajoute un autre, plus prudent. Un point est certain, la production de maïs français s’annonce bien moindre que celle des années précédentes.
Exécuter les contrats et limiter les défauts
Pour le moment, l’idée générale, face à l’urgence de la situation, « c’est de sécuriser les volumes dont on a besoin pour exécuter les contrats et les engagements passés avec nos clients. Après, on verra ce qui reste à vendre ». Un autre courtier explique : « Ce qui est vrai pour le moment, c’est que la demande à laquelle je devrais répondre est bien supérieure à l’offre et à ce que je peux fournir. Il faudra hiérarchiser et négocier les conditions d’exécution en fonction des urgences et des relations commerciales que nous avons avec chacun de nos clients ».
Sur le début de commercialisation de cette campagne, l’essentiel, plus que d’autres années, va être de faire correspondre les volumes demandés par les utilisateurs du marché au moment où ils en ont besoin. Ce qui pose la question de trouver les bons outils de livraison alors que l’offre en camion/chauffeurs est souvent en tension. Tous les professionnels présents se rejoignent sur cette équation.
Il faudra aussi surveiller les défauts d’exécution éventuels, surtout avec des prix qui pourront être considérés comme élevés au regard des qualités et des conditions de livraisons (volume ajusté, changement de date, prix des transports en fonction des disponibilités des matériels…).
La tendance est toutefois à la mesure chez les professionnels du courtage lors de cette réunion. « Il y a toujours des bassins industriels consommateurs, proches de la France géographiquement, qui ne pourront pas faire autrement que d’acheter l’origine France et on les fournira bien entendu. Donc pour compenser ce qui partira à l’exportation, oui, il y aura, des bateaux de maïs importés pour le compte de certains industriels français », affirme un autre courtier. Restera alors à savoir si ces volumes importés seront conformes aux cahiers des charges des entreprises françaises qui, dans bien des cas, stipulent une origine maïs France exclusivement.
La logistique et le transport des grains remis en question par le climat
La sécheresse et les très fortes températures de l’été ont aussi impacté l’un des outils essentiels à l’exécution des contrats de grains dans la région, et au-delà vers le nord de l’Europe : le réseau fluvial. « Le bas niveau du bassin Rhin-Moselle nous oblige à repasser par la solution camions et il en faut beaucoup pour réaliser les expéditions, ce qui n n’est ni simple, ni rentable économiquement », affirment les professionnels et usagers des frets fluviaux.
Beaucoup de professionnels des métiers du grain s’interrogent sur la navigabilité des fleuves et rivières comme alternatives à la route, l’idée étant que le phénomène de basses eaux puisse se renouveler de façon régulière dans les années à venir en raison des aléas liés au changement climatique. Si tel est le cas, il conviendra aussi de repenser la place des autres moyens de transport dans l’offre de service globale, dont le train.
Pour répondre à ces problématiques de logistique et de transport, un groupe de travail va être mis en place par les responsables de l’ABCS, pour faire un vaste état des lieux sur ce sujet, écouter les professionnels de la batellerie et envisager des solutions.