Aller au contenu principal

Marché mondial
Qualité du blé 2020 en Argentine : la sécheresse devrait entamer le poids spécifique

À la veille des récoltes, la qualité des blés implantés en Argentine pâtira de l’effet de la sécheresse dans le centre et le nord du pays. La qualité devrait cependant être au rendez-vous dans la province de Buenos Aires.

© AnnaER (Pixabay)

Les blés implantés au centre et au nord de l’Argentine ont été durement frappés par la sécheresse. Ces conditions adverses auront marqué la campagne 2020/2021 au point que les prévisions de récolte ont reculé de 4 Mt entre l’époque des semis (en avril, la Bourse aux céréales de Buenos Aires – BCBA – tablait sur 21 Mt) et l’actuelle (revue à 17 Mt).

Mais la qualité devrait être au rendez-vous dans la province de Buenos Aires. Les ports d’exportation de Quequén et de Bahía Blanca devraient ainsi pouvoir tourner à plein dès le mois de décembre.

Un W attendu haut globalement

Au centre de l’Argentine, dans les provinces de Córdoba, du Chaco et au nord de Santa Fe, « on s’attend à des poids spécifiques (PS) plutôt bas, à 77-78 kg », avance Miguel di Rosso, de la Chambre d’arbitrage de la BCBA. Cependant, la qualité devrait être au rendez-vous dans la Zone Noyau (sud de Santa Fe, nord de Buenos Aires) et au sud-est de la province de Buenos Aires, où les conditions météo ont été globalement favorables, même si des gelées tardives peuvent encore faire des dégâts alors que les récoltes débuteront d’ici quelques jours.

« Dans ces régions, les paramètres qualitatifs des blés devraient être à un niveau similaire à celui de la dernière campagne, qui était très bon à 12,5-13 % de protéines (base sèche à 12 % d’humidité) et un W de 240 en moyenne pour l’export, et un rapport P/L supérieur à 1 », précise Miguel di Rosso.

« Malheureusement, à cause de la crise économique qui affecte la capacité d’investissement des céréaliers et aussi parce que le marché rémunère peu la qualité, la hausse notable du taux de protéines moyen observée ces trois dernières années devrait être freinée, cette année-ci, par une tendance à semer des variétés de groupe 2 à haut rendement, ce qui se reflète sur le taux de protéines », poursuit-il.

« Le blé argentin commercial type présente 12 % de protéines, 25-26 de gluten, un W de 240-250 et un indice de chute de Hagberg de 300 minimum », renseigne le consultant indépendant Leandro Pierbattisti. Il note que cette physionomie structurelle moyenne équilibrée marque une différence notable avec les blés d’origine russe au W souvent bien inférieur.

Il souligne que le critère qualité auquel se fie la meunerie argentine, qui absorbe le tiers des récoltes et qui façonne encore la qualité locale, c’est avant tout le taux de gluten.

Le meunier argentin Lagomarsino payait ainsi sur le marché physique, le 23/10, la tonne de blé à 30 de gluten, 19 950 pesos (208 €[1]), et 19 400 pesos (202 €) à 22 de gluten.

Notons que cette prime est minime, historiquement basse. C’est pourquoi les céréaliers argentins ne sont pas motivés pour viser des objectifs qualité, et qu’ils recherchent avant à obtenir des kilos. À cet égard, ils fertilisent de plus en plus, en moyenne 65% davantage qu’il y a cinq ans, selon Juan Martín Brihet, chargé du relevé technologique de la BCBA. La dose de fertilisants à base d’urée appliquée en moyenne lors de la campagne 2019/2020 a ainsi été de 150 kg par hectare. Pour la campagne en cours, le chiffre n’est pas encore disponible.

Du côté de la demande des importateurs, le principal acquéreur de blé argentin qu’est le Brésil – du fait de sa proximité et que les meuniers brésiliens transforment la céréale sitôt parvenue au port –, ces derniers spécifient leur demande et exigent des tests en laboratoire.
Les importateurs nord-africains, en général, ne regardent pas trop la qualité, confiant dans la régularité de la qualité standard. Eux recherchent surtout des opportunités de prix durant la période de compétitivité de l’origine argentine, de décembre à février. En Afrique de l’Ouest, au Nigeria surtout, et en Afrique de l’Est, au Kenya, en Tanzanie, le blé argentin serait prisé comme un semi-hard.

 

 


[1] Conversions de valeurs réalisées au taux officiel de la Banque Centrale d’Argentine: 1 euro/96 pesos. Au taux de change du marché libre, 1 euro vaut 230 pesos, ramenant les valeurs citées non pas à 208 € et 202 €/t, mais à 87 € et 84 €/t.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout La dépêche - le petit meunier.

Les plus lus

Société des Malteries d’Alsace devient la propriété de Groupe Soufflet

Suite aux difficultés rencontrées par la société Grands Moulins de Strasbourg (cessation de paiement puis liquidation…

Alors que les consommateurs se ruent sur la farine, la Meunerie française veut les rassurer
Particulièrement sollicitée lors des premiers jours du confinement de printemps, la Meunerie française est confiante pour celui…
[Covid-19] Les filières de la transformation des grains sereines sur les livraisons pendant le reconfinement
Si des inquiétudes sur l'impact économique de ce nouveau confinement se font sentir, les transformateurs de grains se veulent…
« Naturalité et clean label dominent partout »
Dirigeant du laboratoire d’essai des matériels et des produits alimentaire (Lempa) basé à Rouen, Pierre-Tristan Fleury…
Intersnack entre au capital de Nataïs à hauteur de 35 %
Nouvel actionnaire pour Nataïs qui devrait réaliser une bonne année 2020.
Une protéine de levure développée par Biospringer
La filiale de Lesaffre lance une protéine pour les nouveaux marchés alimentaires.
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 352€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne