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Nutrition animale : la Fefac prévoit des volumes européens d'aliments stables en 2024

A l’occasion de son assemblée générale, qui se tenait à Bruxelles les 30 et 31 mai, la Fefac a annoncé des prévisions très mitigées dans les différents Etats Membres pour 2024. La France est l’un des pays les plus optimistes grâce au retour de la volaille.

Pedro Cordero, président de la Fefac.
© Yanne Boloh

L’incertitude économique, politique et règlementaire pèse sur l’optimisme des entreprises de la nutrition animale européenne. Leurs prévisions, agrégées et rapportées par leur fédération européenne, la Fefac, à l’occasion de son assemblée générale annuelle les 30 et 31 mai, donnent une année 2024 de nouveau en légère baisse, à -0,3 % sur 2023, à 147 millions de tonnes (Mt). 

Reprise en aliments volailles

La volaille est la seule production a montré une réelle tendance à la hausse avec une prévision à +1,6 %. La France, qui affiche déjà +9,2 % en volume sur le premier trimestre pour les aliments destinés aux volailles, est l’un des moteurs de cette dynamique avec l’Espagne, le Portugal et l’Italie qui se remettent également des dégâts infligés par l’Influenza aviaire (IA). 

Lira aussi : "Nutrition animale : l'aviculture tire les volumes français d'aliments composés à la hausse"

Mais, malgré l’importance culturelle de certaines productions de volailles sous signe de qualité en France, ces dernières connaissent une régression au profit des volailles standards. 

Nouveau repli des aliments porc

Le volume des aliments pour les porcs devrait quant à lui continuer à se contracter, probablement autour de -1,6 % au niveau européen, peut être de -2 % en France selon les récentes estimations des syndicats nationaux. 

Réduction de cheptels en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas.

Dans tous les cas, les situations des cheptels sont très variables : l’Irlande et la Pologne espèrent une reconstitution de leurs troupeaux (respectivement +3 % et +2,7 %) après les épisodes de Peste porcine africaine (PPA) qu’ils ont connues, alors que l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas continuent à appliquer des mesures drastiques imposant la réduction des cheptels pour réduire l’impact environnemental des élevages. Les éleveurs des Hauts-de-France sont d’ailleurs courtisés par les opérateurs d’aval d’outre-Quiévrain en manque de volumes.

Stabilité de l'aliment bovins

Le secteur des ruminants devrait quant à lui être assez stable globalement (-0,6 %) avec des variations liées aux conditions locales. Ainsi, l’alimentation animale irlandaise devrait profiter du report de la saison de pâturage en raison des conditions climatiques, comme ce pourrait aussi être le cas en France. Mais les Pays-Bas, toujours sous l’effet des contraintes environnementales, devraient encore connaître une forte baisse, probablement -5 % en volume d’aliments. 

L'Irlande victime des conditions climatiques.

Au total, les aliments volailles devraient conforter leur leadership à 49,7 Mt, suivis par les porcs à 47,4 Mt et des ruminants à 42, 3 Mt.

Meilleure prise en compte de l'élevage dans les politiques européennes

Outre les volumes, les adhérents de la Fefac se réjouissent d’une meilleure prise en compte de l’élevage dans les politiques européennes

« N’oublions pas que l’alimentation est une arme pour certains », rappelle Pedro Cordero.

« N’oublions pas que l’alimentation est une arme pour certains », rappelait ainsi le président de la Fefac Pedro Cordero. Pour lui, les productions animales sont mieux perçues par les citoyens même s’il faudrait maintenir voire accentuer les efforts de communication.

 Le nouveau plan protéines européen devrait quant à lui être connu à l’été, fin juin ou début septembre, explique Pierre Bascou (DG agri) . La dépendance tant aux matières riches en protéines qu'aux additifs types acides aminés et vitamines inquiètent les opérateurs qui voudraient bien que le temps politique s’accélère pour rejoindre le temps « de la réalité économique ». 

Lire aussi : "Vitamines en nutrition animale : la dépendance à la Chine s’accroît sauf en vitamine A"

La situation de Metex, seul producteur de lysine européen, dont l’avenir assombri par les capacités de production toujours croissantes en Chine, devrait être connue cette semaine. Et les inquiétudes quant à la capacité de maintenir en Europe les vitamines des producteurs BASF et DSM Firmenich s’accroissent.

Lira aussi : "Lysine : lancement d'une procédure antidumping, à la suite de la plainte de Metex"

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