Aller au contenu principal

Analyse et qualité des grains
« Naturalité et clean label dominent partout »

Dirigeant du laboratoire d’essai des matériels et des produits alimentaire (Lempa) basé à Rouen, Pierre-Tristan Fleury nous présente les grandes tendances actuelles en Boulangerie-Viennoiserie-Pâtisserie (BVP).

Diplômé de l'Ensmic, Pierre-Tristan Fleury dirige le Lempa à Rouen.
© Rodolphe de Céglie

La Dépêche-Le Petit Meunier: Quelle tendance observez-vous en termes de demandes de vos clients par rapport aux années précédentes, au niveau matières premières et process?

Pierre-Tristan Fleury : Plusieurs grandes tendances se dessinent actuellement dans la BVP. En toile de fond, le principe de naturalité et de clean label domine partout avec comme outil prédominant le nutri-score. En meunerie, cela se manifeste par l’abandon progressif des correcteurs et du gluten pour s’intéresser davantage à la qualité des blés et à ce qu’ils peuvent apporter comme particularités technologiques spécifiques à la farine. La place des blés anciens et des légumineuses augmente. On observe le « retour » de l’usage des graines. Réglementairement, la diminution du sel dans le pain interpelle, les pouvoirs publics ayant perdu patience sur ce point. Le travail des fermentations est une tendance croissante avec l’usage des levains et l’intérêt émergent pour le microbiote. Ces sujets sont naturellement abordés dans notre offre de formation. La signature d’une convention nationale d’objectif avec la caisse nationale d’assurance maladie pour quatre ans nourrit la réflexion sur la santé des boulangers-pâtissiers. La pulvérulence des farines et des enzymes fait débat. Raison pour laquelle nous avons lancé des projets de recherches dédiés depuis trois ans et proposons la mesure de l’indice de pulvérulence des farines et correcteurs ainsi que le contrôle des nouvelles machines en BVP.

LD-LPM: Comment les entreprises de transformation des céréales peuvent-elles valoriser davantage leurs produits?

P.-T. F. : Il existe une batterie de leviers pour valoriser nos métiers. Les acteurs font preuve d’inventivité à tous niveaux. Certains diront que les choses sont plus complexes qu’il y a vingt ans. Pour ma part je le vois différemment. Si le pain n’a jamais été aussi bon et divers aujourd’hui, c’est bien parce que nous avons pris conscience de la richesse et du côté technologique de nos métiers. Et que nous commençons, enfin, à le faire savoir. Il reste un fossé abyssal entre l’image perçue et la réalité de notre filière. Lorsque je dis que je suis biochimiste et meunier, mon entourage continue de m’imaginer assis sur un sac de blé au pied des ailles d’un moulin. C’est dire le travail d’explication à faire pour renvoyer une image de filière moderne, riche, attractive et créatrice d’emploi.

LD-LPM: Votre activité a-t-elle fait les frais de la pandémie de Covid-19? Si oui, dans quelle mesure?

P.-T. F. : Comme pour toutes les entreprises françaises, la situation sanitaire de notre pays et du monde préoccupe. Elle bouscule les habitudes, mais permet aussi de se réinventer et stimule l’esprit. Un profond regret cependant, elle met malheureusement en exergue l’impossibilité du monde à répondre de manière harmonisée à une crise qui touche pourtant tout le monde.

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Graphique prix colza tournesol France au 30 décembre 2025
Marché des oléagineux du 30 décembre 2025 - Le prix du colza se stabilise juste au-dessus de 450 €/t sur Euronext

L’évolution des prix du colza et du tournesol français entre le 29 et le 30 décembre 2025, expliquée par La Dépêche-Le Petit…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

chargement de blé sur un bateau dans le port de Rouen par Senalia
FranceAgriMer alerte sur l’émergence de la concurrence du blé argentin, après une première moitié de campagne dynamique en termes d'exportations céréalières

L’édition du mois de janvier des bilans céréaliers français présente des révisions en baisse des exportations de blé et d’orge…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne