Marché des céréales et du sucre du 24 juin au 1er juillet 2026 - Des prix à la baisse qui induisent une rétention du blé chez les agriculteurs
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 24 juin et le 1er juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 24 juin et le 1er juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a reculé entre le 24 juin et le 1er juillet 2026, de 4,50 €/t sur la période octobre-décembre 2026 à 208,50 €/t, dans le sillage du marché à terme européen. Sur Euronext, le contrat blé s’est de fait replié sur la semaine, de 6,50 €/t à 203 €/t sur l’échéance septembre 2026 et de 4,50 €/t à 210,75 €/t sur l’échéance décembre 2026. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont quant à eux grimpé, gagnant 6,25 cts$/boisseau à 592 cts$/boisseau sur l’échéance juillet 2026 et 4 cts$/boisseau à 600 cts$/boisseau sur septembre 2026.
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Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été plutôt calmes en termes d’activité. Comme tous les ans à cette époque, les agriculteurs ont des difficultés à se positionner et, cette année, d’autant plus que les prix sont bas et les rendements parfois décevants. Dans l’Ouest, il est rapporté une baisse de rendements proche de 10 % en Pays de la Loire et de 5 à 7 % en Bretagne. Parallèlement à cette baisse des rendements, la qualité semble au rendez-vous avec des poids spécifiques (PS) élevés proche des 80 kg/hl et un taux de protéines également, autour de la Loire. Nos interlocuteurs rapportent que la qualité pourrait laisser à désirer dans l’Est de la France compte tenu de la période de forte chaleur en mai qui semble avoir touché fortement les cultures.
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Les agriculteurs et organismes stockeurs sont réticents à vendre actuellement et font de la rétention de marchandise espérant une remontée des prix. Dans le Sud-Ouest, il y a ainsi une demande réelle en blé des Espagnols mais il est difficile de satisfaire leur demande.
Il existe encore des stocks de fin de campagne dans le Nord-Ouest contrairement au Sud-Ouest, et les coopératives doivent faire de la place pour la nouvelle campagne. A priori, les fabricants d’aliments pour animaux de l’Ouest ont suffisamment de céréales pour ne pas être obligés de recourir massivement aux achats en juillet et août.
La bonne qualité des blés dans l’Ouest incite les vendeurs à chercher des débouchés à l’export sur les ports de l’Ouest plutôt qu’à vendre aux fabricants d’aliments pour animaux, induisant une augmentation de la prime localement.
Stabilisation des coûts du fret fluvial à destination du port de Rouen
Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial sur le trajet Pont-Saint-Maxence/Rouen se maintiennent pour l’instant à 7,50 €/t en cette semaine du 24 juin au 1er juillet 2026, après une hausse de 0,75 €/t enregistrée la semaine dernière, en raison de la rareté de la cale en cette période de moissons. Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. Les chargeurs sont donc confrontés à un manque de bateaux pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais. Pour l’instant, ils restent attentistes car ils disposent encore de capacités de stockage temporaires suffisantes pour conserver les grains récoltés. Cependant, la pression de la récolte pourrait créer une situation d’urgence dès la semaine. De fait, alors que la récolte d’orge se poursuit sur l’hinterland du port de Rouen, celle de blé tendre a débuté le week-end dernier. « Les chargeurs les plus appétants en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d’ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d’insatisfaction du côté des donneurs d’ordre ». Cette situation amène certains acteurs de la filière des grains à réfléchir à la possibilité de travailler différemment, et de privilégier une réflexion collégiale du fret fluvial sur le bassin de la Seine. « Il se pourrait qu’à la rentrée, en septembre, soit organisée une réunion constructive à ce sujet », anticipe notre interlocuteur. Pour l’heure, tout porte à croire que le haut niveau de fret enregistré en cette période de dégagement devrait être maintenu tout au long de la campagne, et non révisé à la baisse comme à l’habitude.
Sur l’intracommunautaire, l’activité est réduite au départ du nord de la France.
Basses eaux sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse drastique du niveau du fleuve en raison de températures caniculaires, ce qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 60 % pour cause de basses eaux (contre 50 % la semaine dernière).
La rédaction
Maïs
Un marché à la hausse sans acheteur
Le cours du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, est non coté compte tenu de l’absence d’acheteur. Sur Euronext, le prix du maïs a augmenté de 6,75 €/t à 234,25 €/t sur août 2026 et de 4 €/t sur novembre à 226,25 €/t tiré à la hausse par la période passée de fortes chaleurs et celle à venir en fin de semaine. Sr le CBOT, le prix du maïs a lui aussi progressé de 124 cts$/boisseau à 421 cts$/boisseau sur juillet et de 7 ts$/boisseau sur septembre 2026 à 426,75 cts/boisseau.
Dans le Sud-Ouest, les OS rachètent actuellement du maïs craignant manquer de marchandises. La moitié du maïs dans cette région serait en floraison avec des craintes sur les conséquences des fortes chaleurs à venir.
Dans l’Ouest, le prix du maïs rendu Pontivy a augmenté de 9,5 €/t à 250 €/t sur juillet – septembre et de 2,5 €/t sur octobre-décembre à 236 €/t. À ces niveaux élevés de prix, les acheteurs restent absents du marché.
Lors d’une conférence de presse à Paris le 30 juin, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a indiqué que la production française de maïs grains en 2026 pourrait tomber à un plus bas depuis vingt-six ans, rapportent nos confrères d’Agra. Reprenant les prévisions d’Arvalis, l’association estime qu’elle serait pour le moment projetée à 9,5 Mt, contre plus de 13 Mt l’an dernier. Par ailleurs, selon une étude réalisée par l’AGPM, « à horizon 2030, dans un scénario d’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne, la production ukrainienne de maïs approchera les 40 millions de tonnes, soit près de la moitié de la production européenne ». Et d’ajouter : « Parallèlement, l’Ukraine ambitionne de transformer jusqu’à 40 % de sa production sur son territoire contre 20 % jusque-là ». Dans ce contexte, les projections de l’AGPM sont sans appel : « jusqu’à 2,9 millions de tonnes d’équivalent de maïs français pourraient être directement menacées, pour une perte économique estimée à 663 millions d’euros. L’impact concernerait l’ensemble de la chaîne de valeur : amidonnerie, semences, élevage. C’est un choc systémique pour la filière qui ne s’en relèverait pas. »
Orge fourragère
Un prix en baisse mais des achats limités
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont progressé, gagnant de 7,50 €/t à 192 €/t sur la période juillet-septembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 24 juin et le 1er juillet 2026. Les achats d’orge sont limités dans l’Ouest, la collecte locale répondant à la demande et les primes sur l’éloigné ne rendent pas le produit attractif. Le taux de protéines dans la Marne des orges d’hiver n’est pas bon. Semées trop tôt, les orges ont subi les conséquences de la canicule en mai.
Orge de brasserie
Légère hausse des cours
Sur le marché physique français, les cotations d’orge de brasserie ont suivi une demande haussière (de 0 €/t à + 2 €/t), entre le 24 juin et le 1er juillet 2026, et ce, toutes variétés (Faro et Planet) et toutes récoltes (2026 et 2027) confondues. Les acheteurs ont pris conscience que la canicule persistante dégrade les conditions de culture, avec un impact probable sur les rendements et surtout la qualité de l’orge de printemps semée à la sortie de l’hiver. La Bourgogne et la Lorraine, où ces emblavements de printemps sont importants, seraient particulièrement touchées, contrairement à la région parisienne et au nord de Creil, où les variétés de printemps sont largement emblavées à l’automne. La moisson est maintenant généralisée à l’échelle du territoire hexagonal.
Blé dur
Prix reconduits
Les prix du blé dur sur le marché physique français sont reconduits en cette semaine du 24 juin au 1er juillet 2026.
Dans la moitié sud de la France, la qualité du blé dur est globalement bonne (taux de mitadinage, de grains germés, mouchetés et fusariés corrects) mais les rendements sont en retrait d’une récolte sur l’autre, de l’ordre de 15 % dans le Sud-Ouest et de 10 % dans le Sud-Est, selon un courtier local. Les poids spécifiques (PS) avoisinent les 76-77 kg/hl dans le Sud-Ouest, voire dépassent les 78 kg/hl dans le Sud-Est. Dans cette dernière zone, la teneur en protéines est également satisfaisante.
Céréales secondaires
Marché déserté
La nouvelle récolte est de plus en plus cotée. L’avoine noire en rendu Pontivy-Guingamp a progressé de 5 €/t. Le prix du triticale a perdu 3,50 €/t en départ Allier mais gagné 1 €/t en départ Indre/Cher. Le départ Puy-de-Dôme est coté en triticale.
Les autres places de marché en avoine (noire et blanche), triticale et seigle (fourrager et meunier) ne sont pas cotées.
Les affaires en céréales secondaires sont peu nombreuses, à l’image de la morosité ambiante sur le marché des céréales principales.
Sucre
Des prix toujours en hausse
Le cours du sucre blanc sur Londres a progressé sur l’échéance d’août de 444,80 $/t le 24 juin à 482,90 $/t le 1er juillet 2026. Il a progressé sur toutes les échéances de 30 à 40 $/t durant la semaine. Quant au prix du sucre mondial sur New York, il est passé de 14,02 cts$/livre le 24 juin à 14,99 cts$/livre sur octobre 2026, sachant que la progression est semblable sur toutes les échéances.
Un phénomène El Niño particulièrement fort, des conditions plus sèches en Asie-Pacifique et des pluies accrues dans certaines parties des Amériques induit des risques dans les principaux pays producteurs. La Thaïlande connaît par exemple une sécheresse excessive et l’Inde devrait enregistrer de faibles pluies en juillet après un mois de juin le plus sec depuis douze ans.
La crainte d’une réduction du taux de sucre et des rendements en canne à sucre en Inde induite par de faibles pluies pendant la mousson reste un facteur majeur dans l’augmentation du prix du sucre. La production indienne de sucre pourrait être réduite de 3 Mt, à 8 Mt.
Autre facteur haussier l’annonce par Unica que la production du centre-Sud Brésil atteint 6,838 Mt en mai de l’année de récolte 2026-2027, en baisse de 2 % en glissement annuel alors que la production d’éthanol a encore augmenté.
La rédaction
Blé
- Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
- Impact de la canicule en France et en Europe alors que la moisson est en cours.
- Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures en France (le vendredi).
Maïs
- Nouveau rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures (le lundi) aux Etats-Unis.
- Impact des fortes températures en France et en Europe alors que la canicule pourrait revenir en fin de semaine.
- Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures en France (le vendredi).
Orge
- Poursuite des coupes qui se généralisent en France et premiers retours sur la qualité (rendement, PS, protéines…).
- Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures et des moissons en France (le vendredi).
Karine Floquet