Marché des céréales et du sucre du 22 au 29 juillet 2026 -
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 22 et le 29 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 22 et le 29 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Céréales
Blé
Une baisse de prix qui pourrait confirmer une tendance baissière dans un contexte géopolitique néanmoins très incertain
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a diminué cette semaine entre le 22 et le 29 juillet 2026 et a effacé le gain de la semaine dernière. La perte est de 15 €/t sur la période octobre - décembre à 225,5 €/t, dans le sillage du marché à terme européen et de 18 €/t sur la période juillet-septembre à 228,5 €/t. Sur Euronext, le contrat blé a connu une baisse importante sur la semaine, de 14,75 €/t sur l'échéance décembre 2026 à 232,25 €/t €/t et de 17,65 €/t sur septembre 2026 à 226,5 €/t. Sur le Cbot, les cours du blé états-unien ont également été à la baisse, perdant 45 cts$/boisseau sur l’échéance septembre et sur décembre à respectivement 660,75 cts$/boisseau et 677,75 cts$/boisseau.
Les fondamentaux du marché, à savoir une offre mondiale en blé satisfaisante couplée récemment à l’arrivée de pluies sur le Midwest, ont rassuré les marchés, et ce malgré les difficultés logistiques en mer Noire, les incertitudes sur la production de maïs et la réduction des estimations de rendement des cultures dans l’Union européenne.
Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été de nouveaux plutôt calmes en termes d’activités. Aucun secteur d’activité n’achète sur des longueurs, la volatilité des marchés étant un frein à la prise de position des opérateurs. Les achats se font par des opérateurs ayant de réels besoins à court terme pour couvrir leur besoin. Les transactions pourraient ne reprendre qu’après la rentrée de septembre, les acheteurs partant en congés préférant ne pas prendre de risque à la veille de leur départ dans un contexte de forte volatilité, et les entreprises n’ayant pour la plupart d’entre elles à priori que peu de besoins avant septembre voire octobre. Par ailleurs, il semble que les acheteurs ont un sentiment baissier sur les marchés partagés d’ailleurs par les vendeurs au dire de plusieurs opérateurs, ce qui ne facilite pas les achats.
Les achats de blé par les fabricants d’aliments se font lentement dans l’Ouest mais sûrement selon les opérateurs interrogés. En Bourgogne, il est difficile d’avoir accès à de la marchandise, les agriculteurs ayant vendu la semaine dernière dans un contexte haussier mais faisant de la rétention cette semaine d’ans l’espoir de nouvelles augmentations des prix.
Les fabricants d’aliments du Nord de l’Europe sont aux achats.
En Rhône -Alpes et dans le Sud-Ouest, on se soucie de l’absence des Espagnols et des Italiens sur le marché, comme si le marché était bloqué. Une activité émerge en meunerie mais reste limitée compte tenu de la baisse de consommation alimentaire observée depuis plusieurs mois et du départ en congés des français qui doivent faire face à d’autres dépenses.
Maïs
Un marché à la baisse rassuré par les pluies dans le Midwest
Sur sa place de référence sur le marché physique français, le prix du maïs a baissé de 9 €/t sur l’échéance d’octobre-décembre à 248,50 €/t, dans le sillage du prix sur Euronext. En effet, sur Euronext, le prix du maïs a perdu 9 €/t à 250 €/t sur août 2026 et de 7 €/t sur novembre à 252,5 €/t rassuré récemment par les pluies prévues sur le Midwest aux Etats-Unis et une récolte mondiale qui devrait rester correcte malgré la révision régulière des estimations de production dans plusieurs pays de l’Union européenne. Sur le Cbot, le prix du maïs a lui aussi perdu 13 cts$/boisseau à 449 cts$/boisseau sur septembre 2026 et 13 cts$/boisseau également sur décembre 2026 à 471,75 cts/boisseau.
Les entreprises de nutrition animale sont aux achats pour satisfaire les minimums techniques de formulation mais les tonnages achetés restent la plupart du temps limité même si une inquiétude pointe quant aux disponibilités. Cependant, on note une croissance forte des importations de maïs dans l’Union européenne (+ 42 % du 1er au 26 juillet) qui participent à la baisse du prix du maïs sur le marché physique. Les importations en provenance de Roumanie sont importantes. Les importations en provenance des Etats-Unis pourraient s’avérer intéressantes mais le caractère OGM du maïs est problématique pour une importation dans l’Union européenne.
Plusieurs opérateurs signalent la difficulté à s’approvisionner actuellement en maïs nouvelle récolte, les agriculteurs et organismes stockeurs s’interrogeant sur les quantités réellement disponibles.
Orge fourragère
Un prix qui diminue dans le sillage du prix du blé
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont baissé, de 8 €/t à 200,5 €/t sur la période juillet-septembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 22 juillet et le 29 juillet 2026 et de 3,5 €/t sur l’échéance octobre-décembre à 205,5 €/t.
Les entreprises de nutrition animale ont été aux achats les semaines passées en fonction du différentiel de prix entre le blé et l’orge. Désormais, les achats sont limités, la plupart des besoins à court terme étant à priori satisfaits. Toutefois, compte tenu d’une production européenne et française en maïs qui pourrait être fortement limitée, les perspectives d’achat d’orge sont importantes dans les prochains mois.
Actuellement les achats restent très limités sur le marché mondial, l’origine France n’étant pas compétitive et l’activité sur les ports est très réduite. Le port de Rouen aurait d’ailleurs limité les approvisionnements en céréales et stockage sur le port, compte tenu du faible trafic à l’export. Compte tenu de la concurrence étrangère, un ajustement à la baisse des primes françaises semble inéluctable.
Orge de brasserie
Un marché sans acheteur
La hausse des prix de la semaine dernière a été effacée cette semaine entre le 22 et le 29 juillet. Le prix de l’orge FOB Creil Faro a perdu sur cette période 13 €/t sur octobre -mars à 212 €/t alors que le prix de l’orge FOB Creil Planet a diminué de 15 €/t sur octobre-mars à 240 €/t. Les acheteurs sont absents, ayant couverts depuis longtemps leurs besoins pour la fabrication de la bière.
Blé dur
Des acheteurs absents
Le prix du blé dur, à l’inverse de celui des autres céréales, est orienté à la hausse cette semaine entre le 22 et le 29 juillet 2026. Le prix rendu Port La Nouvelle a gagné 5 €/t sur la semaine, malgré l’absence d’acheteurs.
Céréales secondaires
Triticale
Cours sans changement
Il n’y a pas de demande à l’achat sur le triticale ancienne récolte.
Sucre
Le sucre à nouveau en baisse
Le prix du sucre brut a reculé de 0,25 cts$/livre pour la semaine allant du 20 au 27 juillet 2026, passant de 15,37 cts$/livre à 15,12 cts$/livre. Celui du sucre raffiné en a fait de même : - 7,65 $/t, à 458,50 $/t.
Les cours du sucre ont connu une tendance à la baisse cette semaine. Le retour d’une mousson plus favorable que prévue initialement a fait baisser la tension sur les marchés du sucre en Inde. Elle resterait quand même comme l’une des plus faibles depuis onze ans. Mais d’un autre côté, les opérateurs du marché doivent composer aussi avec l’appréciation de la force du phénomène El Nino qui pourrait limiter les pluies au Brésil, en Inde ou encore en Thaïlande. Les scientifiques du US Climate Prediction Center prévoient un El Nino qui sera les plus fort depuis 75 ans.
Thierry Michel
Frets fluviaux
Les difficultés de trafic se renforcent en Europe
Les prix du fret fluvial n'ont pas évolué cette semaine. En revanche, la navigation devient de plus en plus difficile en raison des basses eaux, notamment sur le bassin du Rhin. Les réservations de barge se discutent de plus en plus en gré à gré. Les bateliers essaient de faire circuler leurs bateaux là où ils peuvent garantir l'exécution de leur service (les canaux par exemple) et avec des clients sous contrats en priorité. Sur le port de Rouen, les volumes de marchandises traités seront limités, au moins la semaine prochaine, en raison d'un fort taux de stockage sur les installations portuaires et de la faible demande à l'exportation. La situation est aussi très difficile en Allemagne (Rhin et Main) et aussi plus à l'Est, du côté du Danube qui subit aussi un très faible niveau d'eau, alors qu'il pourrait être une alternative de transport importante aux départs bloqués en mer Noire en raison du renforcement des frappes sur les bateaux commerciaux entre l'Ukraine et la Russie.
Thierry Michel
Les fumées des feux n'ont pas perturbé l'activité portuaire à Bordeaux
Les fumées issues des incendies de forêt sont parfois passées au-dessus de Bordeaux et de sa zone portuaire, sans perturber les activités de chargements et déchargements, selon les responsables du Grand Port Maritime de Bordeaux interrogés par La Dépêche Le Petit Meunier, qui précisent aussi que « des masques FFP2 ont été distribués au personnel travaillant sur la zone et ont été portés à certaines périodes pendant la semaine mais pas tout le temps. Les climatisations des installations et des bureaux n’ont été utilisées que lorsqu’il n’y avait pas de fumée. Les entreprises de la zone appliquent les directives de l’Agence régionale de santé de Nouvelle Aquitaine et de la préfecture de Gironde en cas de grands incendies » selon le protocole prévu dans ce genre de situation. Un opérateur du port a confirmé que les activités portuaires n’avaient pas été perturbées.
Thierry Michel
À surveiller
Blé tendre
Attaques sur les ports russes et ukrainiens sur les installations portuaires
Comportement des négociants internationaux sur les ports russes et ukrainiens
Compétitivité du blé argentin.
Conditions de culture du blé de printemps au Etats-Unis
Demande internationale
Evolution des productions de porcs et de volailles
Maïs
Importations européennes et françaises de maïs en provenance de Roumanie
Évolution du coût des intrants avec le durcissement du conflit au Moyen Orient.
Niveau de production en Argentine
Production australienne
Niveau de pollinisation en France et en Europe
Conditions météorologiques et incidences
Orge
Demande par les entreprises de nutrition animale
Compétitivité de l’orge française
Demande chinoise d’orge