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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 1er au 8 octobre 2025 - Évolution contrastée des prix français du blé

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 1er et le 8 octobre 2025, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

© Généré par l'IA

Les cours du blé ont peu varié sur la semaine du 1er au 8 octobre sur Euronext, avec des évolutions d’amplitude inférieure à 0,25 €/t sur les échéances de la récolte 2025. En l’absence de nouveaux éléments, aucune direction n’est ressortie. Les vicissitudes de la politique française pesant sur l’euro, les exportations sont cependant légèrement favorisées. L’écart de prix entre blé russe et blé français se réduit légèrement par ailleurs. Sur la mer Noire, les expéditions de blé conservent leur retard sur celles de l’an passé malgré la reprise sur septembre/octobre. Du côté du Kazakhstan, on s’attend à une baisse de la récolte et des exportations en 2025. En France, les qualités du blé meunier ont été qualifiées très bonnes par Arvalis, avec des poids spécifiques élevés, des taux protéiques très bons mais une humidité du grain un peu faible. Du côté d’Intercéréales, on espère charger 3,5 Mt de blé français vers le Maroc en 2025-2026.

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Les marchés étaient en revanche plutôt baissiers outre-Atlantique. Les semis d’hiver progressent bien aux États-Unis (ils sont évalués à hauteur de 50 % des surfaces prévues par les analystes) et les précipitations favorisent l’humidité du sol. Les exportations de blé canadien sont soutenues, et les rendements s’annoncent très bons en Argentine, selon la Bourse de Buenos Aires. Seule ombre au tableau de l’abondante récolte mondiale, la sécheresse persistante dans certains États australiens qui met en péril le remplissage des grains.

Du côté des importateurs, des achats de blé états-unien ont été conclus ou sont en passe de se conclure pour Taïwan (80 550 t) et le Bangladesh (220 000 t). L’achat saoudien de 420 000 t de blé à 12,5 % aurait dit-on concerné des origines mer Noire.

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Sur le marché physique français, les prix évoluent peu sur les ports. Les primes s’apprécient légèrement pour contrer la faiblesse des marchés à terme. Les volumes de blé de basse qualité ont déjà été écoulés. Les meuniers sont quant à eux couverts jusqu’à la fin de l’année. Les bonnes marges des fabricants d’aliments pour animaux stimulent la demande en blé fourrager. La rétention de marchandise reste cependant forte du côté des vendeurs, plus préoccupés par la vente de leurs maïs. Dans le sud de la France, le manque de disponibilité en camions pour l’exportation vers l’Espagne et l’Italie freine les affaires. Les affaires ont débuté sur la récolte 2026 en blé amidonnier.

Ralentissement de l'activité fluviale sur Rouen

Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial sont reconduits entre le 1er et le 8 octobre 2025. Sur le port du Rouen, l’activité à l’exportation est restreinte : l'accalmie pressentie à partir de la mi-octobre jusqu'à la fin de l'année se confirme. Sur l’intracommunautaire, la mécanique à l'export peine à s'enclencher.

Des surcoûts pour basses eaux sont à prévoir sur le Rhin dès la semaine prochaine

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation sur le fleuve se déroule normalement. Cependant, le niveau du fleuve baisse et il faut prévoir que la semaine prochaine des suppléments tarifaires pour cause de basses eaux seront à nouveau d'actualité.

Adèle d'Humières et Karine Floquet

Maïs

Marchés haussiers en maïs

Les prix du maïs ont gagné 3,5 €/t sur l’échéance novembre d’Euronext, mais ont cédé 0,75 €/t sur mars et 1,25 €/t sur juin. Dans le Sud-Ouest, Maïsadour s’attend à une baisse de 100 000 t de la collecte cette année, par rapport aux 500 000 t de 2024 (490 000 t en 2023). Les vendeurs ressortent sur le rapproché mais les acheteurs se concentrent plutôt sur l’éloigné, même si l’écart de prix se réduit avec le blé. D’autre part, la moisson ukrainienne devrait repartir à la hausse cette année.

Aux États-Unis, les cours ont progressé sur Chicago. Les révisions en baisse des rendements fédéraux se sont succédé de la part des analystes, en l’absence de l’USDA. La récolte serait achevée aux alentours de 30 %. En Amérique du Sud, les conditions météorologiques sont favorables aux semis.

Orge fourragère

Les chargeurs anticipent de la demande sur 2026

Les prix de l’orge fourragère sont restés stables voire ont légèrement progressé entre le 1er et le 8 octobre sur le marché physique français. Les primes s’apprécient avec la rétention des vendeurs. Sur janvier-mars 2026, les chargeurs anticipent une éventuelle demande du Maghreb et de l’Arabie saoudite, et profitent des faibles primes. À noter une baisse des prix dans l’Ille-et-Vilaine déclenchée par l’abondance de l’offre d’orge dans le Finistère. À l’échelle mondiale, l’orge russe reste très compétitive.

Orge de brasserie

Évolution contrastée des cours

En orge de brasserie, les prix sur le marché physique français ont évolué de façon disparate entre le 1er et le 8 octobre. Sur la récolte 2025, les cotations en Faro (variété d'hiver) ont reculé (entre -0,5 €/t et -2 €/t), tandis que celles de Planet (variété de printemps) ont progressé (entre 0 €/t et +0,5 €/t). En récolte 2026, la tendance tarifaire était haussière (entre +1 €/t et +3 €/t), toutes variétés confondues. Le marché est peu actif.

Blé dur

La chute des prix se poursuit

Les cotations du blé dur se sont une nouvelle fois repliées. Les acheteurs sont peu présents, et le Canada rafle les marchés internationaux. On rapporte quelques achats de la part de la semoulerie française.

Céréales secondaires

Cours en baisse

Les cours de l'avoine blanche ont baissé de 2 €/t à 158 €/t dans les Ardennes entre le 1er et le 8 octobre. Le marché est quasi-inexistant.
Les prix de l'avoine noire sont en baisse de -5 €/t dans les Ardennes car une offre abondante et une demande absente. Sur Pontivy-Guingamp, les prix de l'avoine se sont traités à 160 €/t sur le rapproché. Quelques affaires se sont traités aussi à 165 €/t en Bretagne sur la longueur.
En triticale, les prix sont restés stables dans la Marne, le Puy-de-Dôme, l'Indre. Les cotations progressent dans l'Allier et la Drôme.

Sucre

Progression tarifaire

Les prix du sucre ont plutôt progressé sur la semaine allant du 29 septembre au 6 octobre, tant en sucre brut qu’en sucre raffiné. Alors que la semaine s’annonçait plutôt dans le rouge pour les prix du sucre coté, un élément les a fait rebondir : la teneur en sucre des cannes à sucre issues de la région de production d’Unica dans le centre sud du Brésil était en recul pour la production portant sur la première quinzaine de septembre (154,58 kg/t versus 160.07 kg/t un an plus tôt à la même période). Sinon, le marché est toujours sous l’influence d’une production mondiale de sucre plutôt annoncée en hausse depuis des semaines maintenant. La TCP (Trading Corporation of Pakistan) au Pakistan a publié, fin septembre, un appel d’offres pour acheter 100 000 t de sucre raffiné (fin de l’appel le 6 octobre ; livraison pour le 15 novembre), selon des traders européens. En France, le producteur Saint Louis a annoncé, dans un communiqué du 27 septembre, des rendements « prometteurs » pour la récolte française 2025, confirmant les informations de son concurrent Cristal Union publiées un peu plus tôt en septembre sur ce sujet. Le prix du sucre brut a terminé en hausse donc (16,42 cts$/livre le 6 octobre contre 16,15 cts$/livre le 29 septembre) et celui du sucre raffiné aussi (464,20 $/t le 6 octobre contre 459,55 $/t le 29 septembre). 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Atténuation de la rétention sur l'hinterland de La Pallice.
  • Début des questionnements en meunerie sur 2026.
  • Sécheresse en cours dans le sud-ouest de la Russie.
  • Demande internationale et prix des blés ukrainiens.

Orges

  • Demande à l'exportation sur le début 2026 ?
  • Disponibilités abondantes dans le Finistère.
  • Conditions sèches en Australie.
  • Demande européenne en orge de brasserie.

Maïs

  • Baisse du niveau sur Rhin et application de surcoûts pour cause de basses eaux.
  • Besoin de dégagements en maïs sur le bassin rhénan.
  • Disponibilités des camions pour l'exportation vers l'Espagne et l'Italie.
  • Niveau de la récolte française.

Adèle d'Humières

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