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Marché des céréales et du sucre du 1er au 8 juillet 2026 - Les prix du blé tendre français sont en légère hausse alors que les rendements déçoivent

​​​​​​L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 1er et le 8 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

Image générée par l'IA, avec épis de maïs et de blé sur fond de courbes d'évolution.
© Généré par l'IA

La récolte s’est poursuivie sur l’ensemble du territoire en cette semaine du 1er au 8 juillet 2026 et les marchés sont donc un peu délaissés par l’ensemble des opérateurs qui sont bien occupés dans les champs ou par la logistique.

L’offre commerciale est donc peu importante, alors que certains agriculteurs, qui attendent des meilleurs prix, font de la rétention, selon certains courtiers. Les acheteurs, quel que soit le type d’utilisateur, sont plutôt dans une position d’attente, bien couverts au moins pour la période estivale. En cas de besoin, des petites affaires se font, plutôt sur les stocks d’ancienne récolte et pour faire de la place dans les outils de stockage pour accueillir la nouvelle récolte. De plus, les conditions du marché à terme Euronext incitent les agriculteurs à vendre sur octobre-décembre plutôt que sur juillet-septembre.

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En portuaire, les activités sont plutôt calmes, toutes céréales confondues, sauf sur La Pallice où il existe une certaine demande. On rapporte par ailleurs des besoins sur le nord communautaire, en toutes céréales également. Les basses eaux du Rhin gênent considérablement les exécutions en Alsace.

Côté récolte au sens strict, les rendements sont globalement décevants par rapport aux prévisions qui avaient pu être faites précédemment mais pas de façon catastrophique en blé. Ils restent, en général, dans la moyenne quinquennale. On rapporte des pertes d’environ 10 % par rapport à ces prévisions. En revanche, il apparaît que les qualités sont plutôt bonnes, voire excellentes, en fonction des régions et de l’impact des canicules par rapport au cycle végétatif. On rapporte, dans certaines zones, des poids spécifiques (PS) fréquents à 78 kg/hl et des taux de protéine proches de 12 %, intéressants pour certains cahiers des charges exigeants sur ces critères à l’exportation.

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Dans les régions, le marché est très étroit dans le Sud-Ouest, les acheteurs français sont très présents mais ont du mal à trouver des offres. Les lots qui sortent sont orientés vers la France bien entendu, l’Espagne ne payant pas mieux. Sur la nouvelle récolte, l’écart de prix en défaveur de la France n’incite pas les opérateurs ibériques à se positionner sur l’offre hexagonale.

Dans l’Est, la Seine-et-Marne, l’Indre, le Cher et l’Eure-et-Loir, le marché intérieur domestique est calme car les meuniers attendent de connaître la qualité avant de se lancer dans les achats sur la nouvelle récolte.

Côté rendement, la zone ouest apparaît comme décevante, le Centre plutôt correct/moyen et le Nord de Paris serait meilleur que moyenne quinquennale. Si ces rendements dans le nord de Paris se confirment, ils pourraient compenser la baisse de l’Ouest.

En Allier, on rapporte une moisson en céréales à paille terminée ou presque, avec une baisse pouvant aller jusqu’à 30 % en volume par rapport à 2025.

En Drôme et dans le Sud-Est, le marché est assez peu actif avec peu d’acteurs. Les moissons se terminent dans certaines zones ou se poursuivent dans d’autres, ce qui explique le peu de présents sur le marché. Quelques affaires se traitent, à des prix plutôt bas en blé, pour faire de la place dans les outils de stockage. Les acheteurs ont du mal à se décider sur des prix qu’ils jugent trop élevés. ON rapporte une grande hétérogénéité en termes de rendements mais aussi de taux de protéine.

Une autre question émerge depuis quelques jours : les récoltes en foin pour le bétail s’avèrent peu abondantes dans l’ensemble. Il faudra donc certainement utiliser des ressources en céréales pour complémenter les rations alimentaires des animaux.

Stabilisation des coûts du fret fluvial à destination du port de Rouen

Sur le bassin de la Seine, les coûts du fret fluvial sur le trajet Pont-Saint-Maxence/Rouen se maintiennent pour l’instant à 7,50 €/t en cette semaine du 1er au 8 juillet 2026, après une hausse de 0,75 €/t enregistrée il y a deux semaines, en raison de la rareté de la cale en cette période de moissons. Il faut dire que le chantier du Grand Paris accapare un certain nombre de péniches et autres barges pour le transport de gravats, et ce, sur la base de contrats pluriannuels. Les chargeurs sont donc confrontés à un manque de bateaux pour dégager la nouvelle récolte sur les silos portuaires rouennais. Pour l’instant, ils restent attentistes car ils disposent encore de capacités de stockage temporaires suffisantes pour conserver les grains récoltés. Cependant, alors que la moisson sur l’hinterland du port de Rouen se poursuit en orge et en blé, avec une qualité qui semble au rendez-vous, la pression de la récolte pourrait créer une situation d’urgence dès la semaine prochaine. Et ce, d’autant que le 14 juillet tombe en pleine semaine, avec une fermeture de la Seine à la navigation entre le lundi 13 juillet à 20h00 et le mercredi 15 juillet à 00h01. « Les chargeurs les plus appétents en termes de programme de chargement et de tarifs seront les mieux servis », indique un expert du transport fluvial. Et d'ajouter : « il y aura sur la prochaine campagne beaucoup d'insatisfaction du côté des donneurs d'ordre ». Selon les échos des opérateurs de la filière céréalière, 70 % à 90 % de la récolte devrait être stockée à l’abri des intempéries dans les silos portuaires, chez les collecteurs ou les agriculteurs, entre le 20 et le 25 juillet. Cette situation de pénurie de cales fluviales amène certains acteurs de la filière des grains à réfléchir à la possibilité de travailler différemment, et de mettre en place une réflexion collective dans l’objectif d'organiser de façon collégiale le fret fluvial sur le bassin de la Seine. « Il se pourrait qu’à la rentrée, en septembre, soit tenue une réunion constructive à ce sujet », anticipe notre interlocuteur. Pour l’heure, tout porte à croire que le niveau de fret enregistré en cette période de dégagement devrait être maintenu tout au long de la campagne, et non réviser à la baisse comme à l’habitude.

Sur l’intracommunautaire, l’activité est réduite au départ du nord de la France.

​​​​​​Basses eaux sur le Rhin

Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. La navigation est pénalisée par la baisse drastique du niveau du fleuve en raison des récentes températures caniculaires et de l’absence de pluies, ce qui conduit à l’application de surcoûts de transport de 50 % pour cause de basses eaux (contre 60 % la semaine dernière). On notera que le Rhin a été fermé à la navigation jeudi dernier. Par ailleurs, les chargeurs fuient le marché en raison du surcoût du fret fluvial engendré par les basses eaux. Certains craignent qu’un retour à la normale ne soit pas possible avant septembre. Pour le moment les exécutions sont majoritairement reportées avec des demandes en départ camion. Même s’il est possible de faire un peu de navigation, avec des bateaux considérablement allégés, les opérateurs manquent de bateaux car ils ont du mal à venir jusque dans les ports et une bonne partie des cales sont déjà occupées ailleurs.    

 

Maïs

Un marché à la hausse sans acheteur

On note une certaine activité en maïs cette semaine en raison du stress hydrique. Quelques affaires en ancienne récolte se réalisent sur l’Espagne. On rapporte aussi des rachats de la part d’organismes stockeurs afin de sécuriser les engagements. Les maïs souffrent dans le centre de la France et partout où il n’existe pas de système d’irrigation. Certaines estimations tablent désormais sur une production inférieure à 10 Mt en France avec une récolte en baisse de 30 % par rapport aux prévisions initiales. Dans certaines régions, une partie de la production effective sera ensilée par les éleveurs. La canicule commence à poser de réels problèmes pour les cultures.

Orge fourragère

Un prix en baisse mais des achats limités

Le marché est quasi inactif en orge fourragère. La récolte est terminée et satisfaisante.

​​​​Orge de brasserie

Légère hausse des cours

Sur le marché physique français, les cotations de l'orge de brasserie d'hiver (référence Faro) ont suivi une demande baissière (de - 2,50 €/t à - 5 €/t), entre le 1er et le 8 juillet 2026, en récoltes 2026 et 2027. Les prix de l'orge de brasserie de printemps (référence Planet) ont eu tendance à progresser (fourchette comprise entre - 0,50 €/t à + 2,50 €/t) en récoltes 2026 et 2027.

Les acheteurs craignent que la canicule pénalise la qualité de l’orge de printemps semée à la sortie de l’hiver. La Bourgogne et la Lorraine, où ces emblavements de printemps sont importants, seraient particulièrement touchées, contrairement à la région parisienne et au nord de Creil, où les variétés de printemps sont largement emblavées à l’automne. La moisson est maintenant généralisée à l’échelle du territoire hexagonal. D'après les premières analyses, il y aura un faible pourcentage d’orge de brasserie déclassée pour cause de protéine trop élevée. À confirmer.

Blé dur

Petit intérêt pour la nouvelle campagne

Il existe des questionnements sur la nouvelle campagne mais les vendeurs ne sont pas au rendez-vous. Côté récolte 2026, les rendements sont décevants par rapport à l’an passé et se situent dans une moyenne historique basse, toutes zones de production confondues. Les Italiens sont au marché mais trouvent des prix plus satisfaisants par ailleurs. La qualité technologique est plutôt très belle et il n’y a pas de problème sanitaire.

Céréales secondaires

Marché déserté

L’avoine noire en rendu Pontivy-Guingamp est non cotéez. Le prix du triticale a perdu 1,50 €/t en départ Allier mais gagné 1 €/t en départ Puy-de-Dôme et Indre/Cher. 

​​​​​​Les autres places de marché en avoine (noire et blanche), triticale et seigle (fourrager et meunier) ne sont pas cotées.

Les affaires en céréales secondaires sont peu nombreuses, à l’image de la morosité ambiante sur le marché des céréales principales.

​​​​Sucre

​​​​​​Poursuite de la hausse des prix du sucre

Le prix du sucre brut a progressé de 0,81 cts$/livre pour la semaine allant du 29 juin au 6 juillet 2026, passant de 14,93 cts$/livre à 15,74 cts$/livre. Celui du sucre raffiné en a fait de même : + 13,60 $/t, à 483,60 $/t.

La hausse du real, la monnaie brésilienne, a donné un coup de fouet aux cours du sucre le lundi 6 juillet, au plus haut depuis deux semaines. Ceci décourage les producteurs brésiliens à exporter. De plus, les producteurs de canne à sucre orientent plus leur production, en ce moment, vers la fabrication d’éthanol que celle de sucre. Autre facteur poussant les cours vers le haut, la crainte que la mousson indienne (de juin à septembre), a priori plus faible que d’autres années (- 20 % au 6 juillet par rapport à l’an passé selon le Département de la météorologie indienne) altère les rendements de la production domestique et provoque une baisse de la production en volume. Elle pourrait être la plus faible depuis 11 ans selon le ministre des Sciences de la terre du pays. Enfin, mi-juin, le courtier spécialisé Czarnichow a abaissé son bilan offre/demande, passant d’un surplus mondial de sucre de 1,4 Mt à un déficit de 100 000 t. La récente explosion du prix des carburants alternatifs face aux difficultés logistiques du pétrole a poussé les producteurs mondiaux d’éthanol à augmenter leurs volumes de production au détriment du sucre. EN toile de fond également, un phénomène El Nino plus fort que d’autres années.

​​​La rédaction

 

A SURVEILLER

Blé

  • Rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures et l’avancée des moissons vendredi en France et lundi aux États-Unis.

  • Impact de la canicule en France et en Europe alors que la moisson est en cours.

  • Rapport Wasde de l’USDA sur l’offre et la demande agricoles mondiales vendredi 10 juillet et rapport de la Conab le 14 juillet.

Maïs

  • Rapport hebdomadaire sur les conditions de cultures vendredi en France et lundi aux États-Unis.

  • Impact de la canicule en France et en Europe.

  • Rapports Wasde de l’USDA vendredi 10 juillet et de la Conab le 14 juillet.

Orge

  • Rapport hebdomadaire sur l’état des cultures et des moissons en France (le vendredi).

Thierry Michel

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