Marché des céréales et du sucre du 16 au 23 juillet 2026 - Des prix qui progressent encore sous la double influence de la météorologie et de la géopolitique
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 15 et le 22 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 15 et le 22 juillet 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Céréales
Blé
La hausse des prix du blé se poursuit et s’accélère, limitant les transactions.
Le cours du blé tendre en rendu Rouen, sa place de référence sur le marché physique français, a de nouveau augmenté entre le 15 et le 22 juillet 2026, de 11,5 €/t sur la période octobre - décembre à 243,5 €/t, dans le sillage du marché à terme européen et de 10,5 €/t sur la période juillet-septembre à 243,5 €/t. Sur Euronext, le contrat blé a connu un gain important sur la semaine, de 12,25 €/t sur l'échéance décembre 2026 à 247 €/t €/t et de 12,75 €/t sur septembre 2026 à 244,25 €/t. Sur le CBOT, les cours du blé états-unien ont quant à eux grimpé, gagnant 28,25 cts$/boisseau sur l’échéance septembre, à 705,75 cts$/boisseau et 30,75 cts$/boisseau à 722,75 cts$/boisseau sur décembre 2026.
Globalement, les marchés physiques hexagonaux ont été plutôt calmes en termes d’activités. La hausse des prix sur Euronext induit une rétention de la part des agriculteurs et une attente de la part des acheteurs, tant fabricants d’aliments que meuniers qui sont "tétanisés". Les organismes stockeurs (OS) cherchent à faire monter les prix par la rétention. La flambée des prix de ce mercredi n’a fait que renforcer ces comportements de part et d’autre.
La disponibilité en blé fourrager est très faible voire inexistante. Cette rareté couplée à une production de maïs attendue en berne induit un raffermissement des primes dans le Sud, apportant satisfaction aux producteurs de grandes cultures mais inquiétant les fabricants d’aliments et les éleveurs. Le marché du Sud-Ouest évolue en autarcie, les Espagnols n’étant pas aux achats en France compte tenu de prix trop élevés, même si certains acheteurs tentent de maintenir un flux minimum de marchandises sur de petites quantités. Des Espagnols revendent leurs contrats de blé ou négocient leur résiliation sur la campagne en cours.
Les OS se disent parfois inquiets car ils ont des stocks de blé et d’orge mais très peu d’acheteurs. Certains pensent que les acteurs des productions animale seront en capacité à acheter ces prochaines semaines à de tels prix, voire plus. Reste à savoir comment évoluera la demande en produits animaux et donc les prix.
Maïs
Un marché à la hausse sans acheteur et sans vendeur
Le cours du maïs en rendu Bordeaux, sa place de référence sur le marché physique français, était incoté la semaine dernière. Sur Euronext, le prix du maïs a augmenté de 13,75 €/t à 259 €/t sr août 2026 et de 13,50 €/t sur novembre à 259,75 €/t tiré par les fortes inquiétudes sur la récolte européenne et le bombardement des navires et infrastructures portuaires en Russie et en Ukraine. Sur le CBOT, le prix a lui aussi progressé de 14,5 cts$/boisseau à 462 cts$/boisseau sur septembre 2026 et de 15,25 cts$/boisseau sur décembre 2026 à 484,75 cts/boisseau.
En nouvelle récolte, les hausses de prix sur Euronext induisent de petites baisses de primes mais des prix synthétiques néanmoins en hausse. Dans le Sud-Ouest, les organismes stockeurs (OS) accompagnent les ventes des agriculteurs et mettent en marché leurs achats. Comme en blé, les Espagnols revendent leurs contrats ou négocient leur résiliation, "les prix ne calculant plus" vis-à-vis de leurs clients ibériques.
Les fabricants d’aliments ont des minimums techniques à couvrir en formulation, qu’ils couvrent par l’achat de maïs à des prix très élevés, en particulier en Bretagne où la prime est élevée.
Compte tenu de la rareté de l’offre de blé fourragers et de la faible récolte locale à venir en maïs, des importations seront indispensables pour couvrir les besoins en aliments. Néanmoins, la performance de la formulation actuelle chez les entreprises de nutrition animale, avec la valorisation optimisée des acides aminés et des coproduits, permettra de limiter les besoins en maïs. Si certains parlent d’un besoin à l’importation d'1 million de tonnes en France, ce chiffre paraît élevé au regard de l’amélioration de la formulation mais le recours à l’importation restera une réalité. La Roumanie devrait tirer son épingle du jeu, d’autant plus avec les difficultés logistiques actuelles en Ukraine. D’autres origines viendront peut-être sur les ports de l’Ouest.
Orge fourragère
Un prix qui progresse dans le sillage du prix du blé
En orge fourragère, les prix sur le marché physique français ont augmenté, de 13,5 €/t à 222 €/t sur la période juillet-septembre en rendu Rouen, sa place de référence, entre le 15 juillet et le 22 juillet 2026. Les achats d’orge sont limités, l’origine France n’étant pas compétitive.
Orge de brasserie
En orge de brasserie, on assiste à un timide retour sur le marché de la part des industriels. Les cotations sur le marché physique français ont flambé, dans le sillage de celui des céréales sur Euronext. Un marché où il se fait quelques affaires avec un retour timide des industriels.
Blé dur
Des inquiétudes sur la teneur en protéines
Les prix du blé dur sur le marché physique français a progressé de 7,5 €/t sur juillet-décembre à 270 €/t. Quelques achats sont réalisés. Le marché reste lourd.
Céréales secondaires
Triticale
Cours sans changement
Il n’y a pas de demande à l’achat sur le triticale ancienne récolte.
Sucre
Les prix du sucre brut ont poursuivi leur baisse cette semaine
Le prix du sucre brut a baissé de 0,25 cts$/livre pour la semaine allant du 13 au 20 juillet 2026, passant de 15,62 cts$/livre à 15,37 cts$/livre. Celui du sucre raffiné a plutôt progressé : - 5,70 $/t, de 460,45 $/t, à 466,15 $/t. Les mêmes fondamentaux et environnement financier sont à l’œuvre cette semaine par rapport à celle de la semaine passée : d’un côté, une mousson en Inde moins déficitaire en pluies que prévue initialement et, d’autre part, des positions longues extrêmement importantes sur la bourse de Londres (ICE) qui peuvent apparaître comme déstabilisantes à terme. Sur le plan français, la Confédération générale des planteurs de betteraves s’est félicitée, mardi matin, « du vote responsable des députés sur le projet de loi d’urgence agricole » et notamment « sur le sujet des produits phytosanitaires ».
Thierry Michel
Frets fluviaux
Un trafic de plus en plus difficile en Europe
La navigation devient difficile sur le Rhin et toutes les rivières et fleuves en Europe. L´irrigation fonctionne 24h/24h dans les champs partout où cela est possible ce qui se cumule avec le manque de précipitations, avec aucun changement de temps annoncé pour les prochains jours. Des difficultés sont rapportées notamment aussi sur le Danube et sur le Main (Allemagne). Sur le bassin de la Seine, la période de dégagement joue à fond et on assiste même à une densification de la demande post 14 juillet. Les exécutions sont nombreuses mais difficiles à réaliser (prix élevé du fret mais sous contrôle, ajustements et décalage en fonction des disponibilités de cales). "Chaque nouveau problème chasse le précédent" nous rapporte un courtier spécialisé. Les niveaux d'eau ne sont pas encore un problème sur le bassin mais on commence à les mesurer de près dans certaines régions. Certaines remontées via les axes fluviaux en provenance du Sud sont aussi parfois un peu difficiles. La vraie question sur les niveaux pourrait surgir en août si rien n'évolue d'ici là. La circulation sur les voies fluviales en France, gérées par Voies Navigables de France, commencent aussi à être réglementée, notamment dans le grand quart Nord Est du pays.
Thierry Michel
À surveiller
Blé tendre
Attaques sur les ports russes et ukrainiens sur les installations portuaires
Comportement des négociants internationaux sur les ports russes et ukrainiens
Compétitivité du blé argentin.
Conditions de culture du blé de printemps au Etats-Unis
Demande internationale
Evolution des productions de porcs et de volailles
Maïs
Importations européennes et françaises de maïs en provenance de Roumanie
Évolution du coût des intrants avec le durcissement du conflit au Moyen Orient.
Niveau de production en Argentine
Production australienne
Niveau de pollinisation en France et en Europe
Conditions météorologiques et incidences
Orge
Demande par les entreprises de nutrition animale
Compétitivité de l’orge française
Demande chinoise d’orge