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COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 14 au 21 mai 2025 - Le temps sec active un rebond des prix du blé tendre

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 14 et le 21 mai 2025, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.

Image de céréales et courbes d'évolution de prix, générée par l'IA.
© Généré par l'IA

Sur Euronext, les cours du blé ont progressé de 6 €/t sur l’échéance septembre 2025 entre le 14 et le 21 mai. Sur l’échéance décembre 2025, les cours progressent sur la semaine de 7,75 €/t. L’écart entre les deux échéances était de 10,50 €/t en date du 21 mai, soit environ le double qu'habituellement, en raison de la faible activité à l’export sur juillet-septembre.

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Sur le marché physique français, l’activité en blé reste faible dans l’Hexagone. Le retournement haussier sur Euronext inhibe les acheteurs à court terme. De plus, les vendeurs restent timides malgré la remontée des cours. En blé meunier, le marché est bloqué avec la hausse des cours sur Euronext. En alimentation animale, quelques affaires de compléments se réalisent. D'autres s'effectuent pour des raisons logistiques de fin de campagne.

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Les conditions de culture en France se dégradent légèrement d’après les dernières données de FranceAgriMer. Le manque d’humidité commence à se faire sentir au nord du Bassin parisien, où les pluies sont attendues avant le stade clé de la floraison. Les craintes de sécheresse printanière s’étendent depuis quelque temps en Europe du Nord. L’état des cultures de blé d’hiver inquiète aussi dans le sud de la Russie avec un récent épisode de gel printanier. Dans son dernier rapport Crop Progress, l’USDA a aussi surpris le marché en dégradant la note sur l’état des cultures du blé d’hiver à 52 % malgré de bonnes perspectives de rendement dans le Kansas, une région productrice clé aux États-Unis. Ces incertitudes sur les récoltes de plusieurs pays producteurs clés ont déclenché le réveil des financiers, dont la position nette vendeuse est importante sur les marchés à terme de Chicago et de Paris. Le rachat de positions courtes a ainsi alimenté le rebond brutal des cours depuis lundi.

Arrêt de la navigation sur la Moselle

Sur le bassin de la Seine, les prix de fret fluviaux sont reconduits entre le 14 et le 21 mai. Le dégagement sur le port de Rouen est très calme. L'exportation sur l'intracommunautaire se maintient à des niveaux faibles. Sur l'hinterland rouennais, les cultures d'hiver se présentent bien. Les prévisions pour la prochaine récolte sont pour l'heure positives. Mais le marché n'est pas à l'abri d'aléas météorologiques qui pourraient changer la donne.

Sur le Rhin, la navigation est toujours pénalisée par le manque d’eau. Le niveau du fleuve baisse de jour en jour, en raison du manque de précipitations, ce qui entraîne un surcoût du transport fluvial. Rappelons qu'en situation de basses eaux, les bateliers ne peuvent que partiellement remplir leur cale. Par ailleurs le manque de pluie oblige les agriculteurs de la région à irriguer les cultures, notamment les orges de printemps.

Sur la Moselle, la navigation est à l’arrêt, pour permettre l’entretien annuel des infrastructures.

Mikaël Juchet et Karine Floquet

 

Maïs

Demande dynamique à l’Est

Les cours du maïs ont progressé sur Euronext de 6 €/t sur l’échéance juin 2025 et de 7 €/t sur l’échéance novembre 2025 entre le 14 et le 21 mai. En nouvelle récolte, les prix du maïs sur le marché français bénéficient du soutien de la baisse des surfaces ensemencées, annoncée la semaine dernière par Agreste, même si l’AGPM se montre moins pessimiste à ce sujet par la voix de son président. Dans l’est de la France, le marché est plus dynamique avec une forte demande en feed et en food sur le rapproché. Toutefois, le renforcement de l’euro et le coût du transport limitent la compétitivité du maïs français. Dans le Sud-Ouest, les acheteurs ibériques sont discrets et attendent des niveaux de prix inférieurs. En Bretagne et dans le centre de la France, quelques affaires de compléments se sont négociées sur la période mai-juin, d'autres contrats se sont négociés sur juillet-septembre.

Sur le CBOT, les cours du maïs ont progressé en ancienne et en nouvelle récolte avec le soutien de ventes et d’exportations dynamiques et des pluies qui ralentissent l’avancée des semis dans le Midwest.

Orge fourragère

La demande s’étiole

En France, la demande portuaire en nouvelle récolte sur juillet-septembre s’étiole depuis le début de la semaine avec la remontée soudaine des cours du blé sur Euronext. Le niveau des primes reste stable à La Pallice pour l’instant mais le courant d’affaires a fortement diminué. Les cultures d’orge au nord de la Loire et dans l’Est commencent à se dégrader avec le manque persistant d’humidité.

Orge de brasserie

Baisse des prix... dans le vide !

Les prix de l'orge de brasserie ont globalement reculé de quelques euros entre le 14 et le 21 mai, toutes récoltes et variétés confondues. Les échos de marché qui faisaient état la semaine dernière de conditions sèches au Royaume-Uni et en Scandinavie, ont a priori été exagérés, au vu de la baisse des prix enregistrée depuis... Ce repli tarifaire n'a cependant pas provoqué l'intérêt des acheteurs, les industriels comme les exportateurs étant inscrits aux abonnés absents. De leur côté, les agriculteurs et organismes stockeurs ne sont pas vendeurs, malgré la belle prime brassicole actuelle.

Blé dur

Un marché atone

Les semaines se suivent et se ressemblent en blé dur. Les acheteurs sur le marché intérieur français montrent de l'intérêt sur la base de prix jugés trop bas par les vendeurs. Les opérateurs italiens questionnent le marché et sont acheteurs à -5 €/t sous les prix actuels dans le sud-est de la France.

La rédaction

Céréales secondaires

Légère appréciation du triticale

Le prix de l’avoine noire en rendu Pontivy-Guingamp est resté stable entre le 14 mai et le 21 mai en raison du manque d'activité. En triticale, le marché a progressé en Rhône-Alpes de +7 €/t.

Sucre

Recul tarifaire

Les prix du sucre sur les marchés mondiaux ont perdu du terrain entre le 12 et le 19 mai, perdant 5,50 $/t à Londres et 0,25 cts$/livre à New York. Les attentes d’un excédent mondial de sucre ont pesé sur les prix du sucre au cours de la semaine écoulée. Mercredi dernier, le consultant Datagro a prévu un excédent mondial de sucre de +1,53 Mt pour la campagne commerciale 2025-2026, se redressant fortement par rapport à un déficit mondial de sucre de -4,67 Mt pour la campagne commerciale 2024-2025. Pendant ce temps, StoneX prévoit un excédent mondial de sucre de +3,74 Mt pour la campagne commerciale 2025-2026. 

La rédaction

À surveiller

Blé tendre

  • Inquiétudes sur la production mondiale de blé avec un temps sec en Europe du Nord et en Chine, du gel dans le sud de la Russie.
  • Affaiblissement du dollar, avec la dégradation de la dette états-unienne.
  • Production argetine estimée à 21 Mt par la Bourse de Rosario.

Orges

  • Baisse de la demande portuaire pour la période juillet-septembre.
  • Épuisement des disponibilités en Australie.
  • Manque humidité dans le nord et l’est de l’Hexagone.
  • Concurrence du blé sur le marché intérieur.

Maïs

  • Bonne dynamique des ventes états-uniennes à l’export 2025-2026.
  • Pluies importantes en Argentine, ce qui dégrade les cultures.
  • Fin de l’accord sur les droits de douane UE/Ukraine au 6 juin.

 

Mikaël Juchet

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