COT'Hebdo Céréales et sucre
Marché des céréales et du sucre du 14 au 21 janvier 2026 - Les prix du blé se maintiennent sur le rapproché
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 14 et le 21 janvier 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie, maïs et autres céréales secondaires) et du sucre, ainsi que des coûts du fret fluvial, sur le marché physique français entre le 14 et le 21 janvier 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit meunier.
Les cours du blé ont progressé sur le contrat mars d’Euronext entre le 14 et le 21 janvier (+0,75 €/t). En revanche, les échéances suivantes accusaient une légère baisse sur la semaine. Le blé français reste relativement compétitif sur la période janvier-mars sur les marchés mondiaux et européens. Les primes sur les ports français se sont d’ailleurs légèrement ajustées à la baisse pour accompagner la hausse du marché à terme sur janvier-mars. Cependant, les gros importateurs ont boudé le blé européen lors de leurs derniers achats : l’Arabie saoudite et l’Algérie se sont procuré des blés argentins et de la mer Noire, même si la France reste bien placée au vu des prix pratiqués.
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Le blé fourrager retrouve un peu de demande belge et l’industrie française revient aux achats. Les fabricants d’aliments pour animaux se procurent quelques compléments sur la période février – mars et reviennent à l’achat sur avril – juin. Le blé reste en effet bien compétitif dans les formulations, avec des prix intéressants y compris sur la récolte 2026. Dans le Sud de la France, l’offre vient à manquer et la commercialisation est bien avancée, même si la demande persiste. L’Espagne et l’Italie sont peu présentes aux achats. Les cotations du blé français évoluent globalement peu sur la semaine.
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Aux États-Unis, les prix se sont inclinés, à la fois sous l’effet de la concurrence argentine et de la mer Noire dans les derniers appels d’offres internationaux et de précipitations qui ont apaisé les craintes de dégâts de sécheresse sur les Grandes plaines. De plus, la Chine est très peu présente aux achats. Quelques inquiétudes surgissent quant à la vague de froid en cours sur l’est de l’Ukraine et la Russie.
Des dégagements sur Rouen plutôt calmes
Sur le bassin de la Seine, les prix du fret fluvial n’ont pas évolué entre le 14 et le 21 janvier. Sur le port du Rouen, l'activité se maintient en blé tendre et en orge fourragère ; à un niveau meilleur qu’attendu et que l’an dernier à la même période où les opérateurs se tournaient les pouces. Reste que la cale est limitée : en cas d’avarie, il est difficile de trouver un plan B. Sur l’intracommunautaire, on observe une activité erratique, devenue classique en l’absence de gros dégagements réguliers sur les ports de la mer du Nord.
Maintien d'une majoration de 30 % des coûts de fret sur le Rhin
Sur le Rhin, les prix de base du transport par la voie d’eau n’ont pas évolué d’une semaine sur l’autre. Une majoration des taux de fret fluvial de 30 % en moyenne a été de nouveau instaurée pour cause de basses eaux afin de pallier les moindres tonnages transportés. Pour l'heure, la navigation demeure possible.
Adèle d'Humières et Karine Floquet
Maïs
Toujours de la demande européenne
Les cours du maïs ont progressé sur Euronext entre le 14 et le 21 janvier, gagnant 4 €/t sur mars 2026, 2 €/t sur juin, 0,75 €/t sur août et 0,50 €/t sur novembre. Les retards de l’Ukraine et les difficultés logistiques causées par les frappes russes continuent de soutenir les exportations tricolores. Des coasters de 3 à 5 000 t continuent de quitter les ports français (y compris Rouen !) pour des destinations proches. Les acheteurs nord communautaires sont également présents, avec des affaires peu volumineuses traitées en camion et péniche. Les incorporations sont réduites aux minima techniques en aliment du bétail au vu des prix élevés. Dans le Sud-Ouest, le marché est plutôt lourd et les prix présentent un potentiel de baisse. Les couvertures restent à faire sur avril-juin et les acheteurs font pression. Et ce, alors que le blé fourrager argentin afflue sur les marchés mondiaux.
Aux États-Unis, les prix étaient stables à en légère hausse, soutenus par des ventes à l’exportation plutôt dynamiques. La Bourse de Rosario a cependant relevé sa prévision de production et l’ANEC son chiffre d’exportations brésiliennes sur le mois à venir, signe de la compétitivité des origines sud-américaines.
Orge fourragère
La demande mondiale se tourne vers l’Allemagne sur les longueurs, sans effet sur le marché français
Après son dernier achat cette semaine, le programme d’importation de la Turquie est désormais couvert à 70 %. La demande portuaire est toujours soutenue sur janvier-février en France, mais s’essouffle sur les mois suivants, l’orge allemande étant plus compétitive. La Chine devrait se tourner vers l’Australie et le Canada pour ses approvisionnements. Les incorporations en France sont toujours aux minima techniques. Les disponibilités se tarissant, la baisse de la demande extérieure ne bouleverse pas le marché français.
Orge de brasserie
Activité inexistante
Les cotations d’orge de brasserie en récolte 2025 ont progressé en Faro (entre 0 €/t et + 0,5 €/t) mais régressé en Planet (entre -0,5 €/t et -1,5 €/t), entre le 14 et le 21 janvier 2026. En récolte 2026, les cours ont quelque peu gagné du terrain (entre 0 €/t et + 0,5 €/t), toutes variétés confondues. L’activité est inexistante, le marché de la bière n’étant pas porteur.
Blé dur
Absence de l’Espagne et de l’Italie
Les cotations du blé dur marquent un léger repli cette semaine, sous pression de l’absence inhabituelle de l’Espagne et de l’Italie sur le sud-est et Port-la-Nouvelle. Les couvertures de la semoulerie sont déjà bien avancées.
Céréales secondaires
Sans grand changement
Les prix de l'avoine noire sont restés stables en Bretagne entre le 14 et le 21 janvier, avec des affaires traitées et une bonne demande justifiant l'envoi de trains d'avoine en provenance du Centre. Les cotations de l'avoine noire et blanche dans l'Est n'ont pas évolué non plus. Au départ de cette région, les acheteurs ont pris de l'avance au mois de décembre et sont déjà bien couverts sur janvier-mars. Ils reviendront sans doute plus tard.
Les cotations du triticale ont évolué en ordre dispersé. Elles ont perdu 2 €/t sur le Massif Central mais ont gagné 0,50 €/t en départ Rhône-Alpes et en rendu Pontivy, pour un retour au niveau d'il y a deux semaines.
Le seigle meunier est incoté et le seigle fourrager non plus. La marchandise n'intéresse pas.
Sucre
Les prix du sucre progressent un tout petit peu grâce aux surplus mondiaux et aux fonds indexés
Les prix du sucre brut ont légèrement progressé, pour la période allant du 9 janvier au 16 janvier (+ 0,01 cts$/livre, à 14,68 cts$/livre) tout comme ceux du sucre raffiné (+ 4,2 $/t, à 427,10 $/t). Des opérations de couverture courtes de la part des fonds ont plutôt tiré les cours vers le haut. Mais le sentiment global plaide en faveur d’un marché baissier avec les principaux pays producteurs comme le Brésil et l’Inde toujours attendus avec des productions en hausse et un surplus mondial pour la campagne en cours toujours très élevé. Certaines interrogations apparaissent cependant sur une campagne sucrière 2026/2027 origine Brésil qui pourrait être un peu plus faible que les précédentes. A suivre.
La rédaction
À surveiller
Blé tendre
- Vague de froid en Ukraine et Russie.
- Compétitivité des blés argentins.
- Gel possible sur le blé d’hiver aux États-Unis.
- Situation géopolitique mondiale et parités monétaires.
Maïs
- Baisse des prix ukrainiens avec les difficultés d’exportation.
- Conséquences des frappes russes sur la logistique ukrainienne.
- Manque de trésorerie des agriculteurs ukrainiens pour les approvisionnements.
Orge
- Volumes difficiles à trouver dans le sud de la France.
- Reprise des échanges entre le Canada et la Chine avec le réchauffement des relations diplomatiques.
- Morosité du marché de la bière.
Adèle d'Humières