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Protéines végétales
La filière Luzerne déshydratée est dans les starting-blocks

La filière souhaite investir 42 M€ pour accroître sa production de 100 000 t d’ici 2022 et contribuer à l’amélioration de l’autonomie protéique française. Elle postule pour obtenir 20 M€ dans le cadre du plan de relance.

© Yanne Boloh

Avec 800 000 t par an – hors année de sécheresse qui, comme cette année, plombe d’au moins 20 % la récolte –, la production de luzerne déshydratée contribue à hauteur de 7,5 % à l’offre protéique en France, selon Éric Guillemot. Il dirige La Coopération agricole luzerne de France, tout en étant secrétaire général de la Cide, organisation européenne des producteurs. La part des ventes en dehors de la France n’est pas connue, mais les flux sont réels en « local » vers la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne et la Suisse notamment.

Au total, les surfaces semées en luzerne dans l’Hexagone avoisinent les 350 000 ha selon le RGA, dont 68 000 ha dédiés à la production de luzerne déshydratée (80 % en Champagne-Ardenne). Le boum du bio se fait bien sentir dans le secteur. 

Pour exemple, Capdea (Aube) se lance dans un projet de 13 M€, notamment pour passer de 10 à 25 % de luzerne bio. Grasasa à Sainte-Sabine-Born (Dordogne) continue à se développer sur ce segment qui représente déjà 70 % de sa production. Sidésup (filiale de Cristal Union) a engagé un fort développement en bio dans le sud de l’Île-de-France, en betterave comme en luzerne.

Jouer éco-scheme et transition énergétique

La disparition prévue dans la nouvelle Politique agricole commune de l’obligation des surfaces d’intérêt écologique, dans lesquelles s’épanouissait la luzerne, et la suppression probable des aides à l’hectare (112 à 150 €/ha) rebattent les cartes pour le futur de la déshydratation. La filière plaide donc pour le maintien d’une aide couplée dans la future Politique agricole commune et, surtout, pour que la luzerne prenne toute sa place dans le dispositif Eco-scheme (éco-dispositif). La filière propose que ses externalités positives soient rémunérées jusqu’à 300 €/ha. Les producteurs conserveraient ainsi des bandes non récoltées de 3 à 7 mètres de large pour la biodiversité.

« Les usines projettent également des plans massifs d’investissement pour la transition écologique dans le cadre du green deal. Au total, quelque 42 M€ sont d’ores et déjà envisagés d’ici 2022. Nous postulons donc pour 20 M€ dans le cadre du plan de relance. Cela permettrait une augmentation de la capacité de production de 100000 t, soit une progression de 12,5 %. La luzerne peut donc et veut contribuer à atteindre l’objectif du ministère de l’Agriculture, qui est de passer l’autonomie de la France en matières riches en protéines de 53 à 63 % », conclut Éric Guillemot.                 

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