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L’offre française desservie par les nouvelles exigences du Caire

L’office national d’achat égyptien a durci son cahier des charges blés. Les nouvelles contraintes ne font pas le jeu des exportateurs français

HANDICAP ? Avec 960.000 t achetées fin novembre, l’Egypte, premier importateur mondial, constitue le 2e plus gros client des blés français, derrière l’Algérie (1,3 Mt). L’an passé, le pays avait commandé, à cette même période, moins de 205.000 t. Le total des ventes se hissait déjà à 1,17 Mt en ce milieu du mois de décembre, selon les chiffres communiqués par le bureau du Caire de France Export Céréales (Fec), contre 960.000 t sur l’ensemble de la campagne 2008/2009. Un dynamisme à saluer, dans la mesure où les ventes à l’Egypte seront déterminantes dans le bilan de campagne à l’export sur pays tiers, estimé en baisse d’une campagne sur l’autre de 9,75 Mt à 8,75 Mt, en raison des bonnes disponibilités chez nos clients tradtionnels du Maghreb. Le hic est que le Gasc a récemment durci son cahier des charges et que la France peine à s’y incrire, comme l’a souligné FranceAgriMer lors du Conseil spécialisé du 9 décembre à Montreuil.

Les cargaisons, par tranches de 60.000 t, doivent être chargées dans un seul port
Le Caire impose désormais un agréage de la marchandise au port d’embarquement ainsi qu’une obligation, dans un souci de traçabilité, de charger dans un seul port les cargaisons de 60.000 t qu’elle commande. Une évolution qui pose problème aux exportateurs français. Les navires à destination de l’Egypte étaient en effet jusqu’ici chargés en deux temps, une première cargaison partant de Rouen afin d’alimenter un bateau au départ des ports de Dunkerque ou de La Pallice. La place portuaire rouennaise, qui accueille des Handysize d’une capacité de 35.000 t, est en effet contrainte de ne les charger qu’à 30.000 t. Dunkerque et La Pallice sont eux capables de gérer des navires de gros tonnage et d’assurer des expéditions par tranche de 60.000 t, mais n’ont pas assez de matières premières à disposition.
Pourquoi ces soudaines nouvelles contraintes ? Simplement parce que le Gasc a demandé aux Russes de procéder de la sorte. « Il a donc intégré cette donnée à son cahier des charges de manière à ce que tous les fournisseurs soient sur un pied d’égalité », justifie Roland Guiragossian, responsable du bureau égyptien de Fec. Une évolution qui semble due, à l’origine, aux problèmes de propreté rencontrés précédemment sur des livraisons russes. « Ces nouvelles exigences, si elles devaient se pérenniser, pourraient devenir problématiques pour le blé français », commente FranceAgriMer qui devrait bientôt accueillir une délégation égyptienne sur la question. Néanmoins : « rien n’est joué, modère FranceAgriMer, puisque la France était présente sur deux des trois derniers appels d’offres du Gasc ». Néanmoins, selon le directeur animation filières de l’établissement, Christian Vanier, « il est nécessaire de poursuivre, par l’intermédiaire de Fec, le travail de fond engagé avec l’Egypte sur le cahier des charges pour tenter de passer d’une obligation de moyen à une obligation de résultat ». Cette période de flottement profite à la Russie, devenue le premier fournisseur de l’Egypte. Avec 1,5 Mt écoulées, elle accapare 43 % des parts du marché. La France en assure tout de même 36 %.

L’Allemagne trouve sa place parmi les fournisseurs de l’Egypte
Autre nouveauté, la présence, pour la première fois de la campagne, de l’Allemagne dans les rangs des fournisseurs retenus par Le Caire. Ils ont contractualisé ensemble 115.000 t sur novembre et décembre. L’habituel différentiel de prix entre les blés allemands, riches en protéines, et français a en effet fondu depuis le début de campagne (cf. courbe). De 14 $/t en départ UE, il est tombé à 1 $/t, en raison d’un faible intérêt des importateurs pour les blés de haute qualité. L’Allemagne pourrait bien tirer son épingle du jeu dans le cadre des nouvelles règles énoncées par le Gasc. Les Etats-Unis sont pour leur part « totalement hors course », avec des prix qui progressent outre-Atlantique, sous l’influence d’un marché à terme aux mains des fonds spéculatifs. La distance, avec des coûts de fret qui se sont consolidés, n’arrange pas la position des Américains qui n’ont plus vendu à l’Egypte depuis de nombreuses semaines. Le bilan des Etats-Unis sur cette destination stagne alors à 410.000 t.

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