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Les inquiétudes climatiques font grimper les prix du blé tendre

L’évolution hebdomadaire des prix des céréales (blé tendre, blé dur, orge fourragère, orge de brasserie et maïs) et des coûts du fret fluvial sur le marché physique français entre le 17 et le 24 juillet 2024, expliquée par La Dépêche Le petit meunier.

Les inquiétudes climatiques font grimper les prix du blé tendre
© Généré par l'IA

Les prix du blé tendre sur le marché physique français ont renchéri entre les séances du 17 et du 24 juillet, compte tenu des inquiétudes climatiques au sein de plusieurs bassins de production mondiaux.

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Au Canada et au nord des États-Unis, les cultures de printemps sont soumises à une météo chaude et sèche, tout comme certains secteurs en Russie. En Europe, les pays du Nord-Ouest souffrent encore d’un temps excessivement humide. Des précipitations tombent encore en Allemagne et en France. Néanmoins, les échos de rendements en Russie seraient toujours bons pour le moment. Au niveau hexagonal, le retard des récoltes causé par les pluies continue de freiner les affaires. Les fabricants d’aliments pour animaux se positionnent pour des besoins immédiats, alors que les vendeurs (agriculteurs et organismes stockeurs) sont encore dans les travaux de moisson, et ne se positionnent guère. Raison pour laquelle la prime a tendance a progressé sur le rapproché (échéance septembre) et à s’affaiblir sur l’éloigné (échéance décembre). Cette progression de la prime sert également à compenser le gros écart de prix entre les échéances septembre et décembre sur Euronext. De leur côté, les exportateurs ne sont guère à l’achat, en raison de la faible compétitivité à l’export de l’origine hexagonale. Dans le Sud, les lots de qualités fourragères ne seront guère abondants. Ainsi, l’activité vers les fabricants d’aliments pour animaux est réduite. Quelques achats de meuniers français et espagnols sont rapportés. Concernant la récolte, si les taux de protéine semblent bons, ce n’est pas le cas des poids spécifiques, trop bas dans certains secteurs. Le rapport hebdomadaire Céré’Obs paru le vendredi 19 juillet juge désormais les conditions de culture "bonnes à très bonnes" dans seulement 52 % des cas en blé tendre d’hiver (-5 % par rapport à la semaine antérieure).

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Arrêt de la navigation sur la Seine pour les Jeux olympiques Paris 2024

Les coûts du fret fluvial n'ont pas évolué entre le 17 et le 24 juillet, en raison d'une activité désespérément calme.

Sur le bassin de la Seine, on enregistre beaucoup de reports voire d’annulations de transport, pour des raisons de problèmes de teneurs en protéines ou de poids spécifiques non conformes aux contrats à l’export. Les organismes stockeurs s’interrogent sur la faisabilité de baisser les seuils d’exigences qualitatives à terme au vu d’une récolte céréalière 2024 très hétérogène.

Les potentiels dégagements de céréales sur la place portuaire rouennaise sont suspendus en cette semaine du 21 au 26 juillet, la circulation sur la Seine à hauteur de Paris étant interdite, en raison de la préparation et du déroulement de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques (JO) Paris 2024. Le 27 juillet, la navigation est permise entre 2h et 4h pour les bateaux avalants qui transportent des céréales, et à partir de 11h dans les deux sens en alternance pour tous les navires. Puis, du 28 juillet au 10 août, la navigation est interdite uniquement entre 2h et 11h, pour permettre les épreuves nautiques qui se déroulent dans le fleuve. « C’est triste à dire mais finalement, la mauvaise moisson de cette année nous aide à gérer cet ajustement du calendrier de circulation », concède Christophe Grison, président de la coopérative Valfrance, interrogé par nos confrères d’Agra. Et d’ajouter : « Avant d’expédier le grain vers Rouen, nous allons devoir le travailler pour le nettoyer et homogénéiser la qualité des lots : cela va prendre un peu de temps. Autant de jours durant lesquels nous n’aurons pas besoin d’utiliser la navigation sur la Seine. Et moins de grains signifie aussi un besoin moindre en péniches ». Tout porte à croire qu’après les JO, le mois de septembre sera très actif en termes de dégagement portuaire sur Rouen, après ce travail des grains et d’allotement.

A noter que, sur la Rhin et la Moselle, les navires peuvent naviguer normalement.

Kévin Cler et Karine Floquet

 

Maïs

Que va-t-il se passer en Europe de l’Est ?

Les prix du maïs ont grimpé entre les 17 et 24 juillet sur Euronext et le marché physique hexagonal. Un des principaux éléments haussiers est la vague de chaleur qui frappe les pays de l’Europe de l’Est. Aux États-Unis, les conditions de cultures se sont quelque peu dégradées, compte tenu de certains vents violents qui ont touché des parcelles. Mais elles restent bonnes dans l’ensemble néanmoins. En France, on rapporte un courant d’intérêt de la part des industriels italiens et locaux, dynamisant quelque peu les échanges dans le Sud-Est. Dans le Sud-Ouest, les affaires se cantonnent aux fabricants d’aliments pour animaux français, les marchandises hexagonales manquant de compétitivité vers l’Espagne. Sur le reste du pays, le marché reste calme, sachant que la graine jaune a perdu en attractivité en formulation. Les fabricants d’aliments pour animaux du nord de l’UE sont absents.

Orge fourragère

Remontée des primes en portuaire

Les cours de l’orge fourragère ont suivi ceux du blé tendre à la hausse d’une édition à l’autre. On rapporte une hausse des primes portuaires, compte tenu d’un regain d’intérêt acheteur. Néanmoins, cette demande correspond davantage à des besoins de recouvertures des organismes stockeurs plutôt qu’à un réel besoin des chargeurs. Sur l’intérieur, quelques affaires à destination des fabricants d’aliments pour animaux sont rapportées. Comme pour le blé tendre, les primes ont tendance à se raffermir sur le rapproché (échéance septembre) et à s’affaiblir sur l’éloigné (échéance décembre).

Orge de brasserie

Renchérissement

Les prix de l'orge de brasserie sur le marché physique français ont suivi une tendance haussière entre le 17 et le 24 juillet, toutes variétés (hiver et printemps) et récoltes (2024 et 2025) confondues. En France, les récoltes en orges de brasserie sont moins volumineuses que l'an dernier. En termes de qualité, les calibrages en France sont décevants. Cependant, ce renchérissement devrait être limité à terme étant donné les meilleurs résultats enregistrés en Allemagne, voire en Scandinavie et au Royaume-Uni. 

Blé dur

Cours stables

Les prix du blé dur sont stables dans l’ensemble entre les 17 et 24 juillet, compte tenu de l’indolence du marché.

La rédaction

 

À surveiller

Blé tendre

  • Suivi de la récolte française en allemande, qui donne pour le moment des résultats assez décevants.
  • Suivi de la moisson en Russie, jugée plutôt bonne pour l’instant.
  • Attention au déficit hydrique sur les cultures de printemps en Russie, aux États-Unis et au Canada.

Orges

  • Fin de la coupe hexagonale, confirmation des faibles volumes et d’une qualité disparate.
  • Dynamique de la demande portuaire, pour le moment toujours réduite.

Maïs

  • La vague de chaleur pourrait se poursuivre en Europe de l’Est, dégradant encore les cultures.
  • Conditions de culture aux États-Unis.
  • Fin des récoltes en Argentine et au Brésil.

 

Kévin Cler

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