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Production / Marché
Les céréales, mauvaises élèves de la production biologique

L’agriculture biologique peine à prendre racines dans les grandes cultures. Les transformateurs restent contraints de se tourner vers les importations.

Un marché multiplié par quatre, une surface et un nombre d’opérateurs aval qui ont doublé. En dix ans, le secteur de la bio a enregistré un développement « spectaculaire », s’est réjouit Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio, le 14 février à Paris. Pour l’organisation, créée en 2001 pour conférer davantage de visibilité à ce mode de production et aider à la structuration de filières, l’heure est au bilan. En 2011, 3,5 % de la surface agricole française serait consacrée à l’agriculture biologique, soit une hausse de 126 % sur la décennie ! A la traîne, « la filière céréalière freine le développement général », regrette François Thiery, président de l’Agence Bio.

Quelque 35 % des besoins céréaliers couverts par les importations en 2010
Multiplication des produits, des conditionnements et des circuits de distribution ont permis un essor du marché alimentaire bio. « L’essentiel de l’envolée s’observe depuis 2008 » suite au Grenelle de l’environnement, souligne Elisabeth Mercier. Depuis cette date, les surfaces en bio ont bondi de 63 % ! Et le marché a atteint 4 Md€ de chiffre d’affaires. « Nous visons des rythmes de croissance comparables de l’offre et de la demande », explique Elisabeth Mercier. Objectif raté sur les grandes cultures dont le marché est déficitaire. En 2011, la part du bio dans les surfaces céréalières dépasserait à peine 1,5 %, contre 3,1 % en moyenne pour l’ensemble des secteurs avec un record de 9,6 % pour les fruits. La « filière n’est pas encore dans le mouvement », en raison « des hauts niveaux de prix actuels proposés en conventionnel », justifie François Thiery. En 2010, les ventes de farines et de pains ont représenté, chacunes, 10 % du marché de la bio. Elles ont généré un CA de 349 M€ en 2010, contre 190 Me en 2005. La filière meunière, qui capte près de 80 % de la production nationale, est contrainte d’importer près d’un quart de ses besoins en blés.
« La demande française est en revanche satisfaite à 100 % par la production nationale en viandes ovine et bovine, en volailles et œufs frais bio. Et le marché du lait devrait s’approcher de  l’équilibre en 2012 », poursuit la directrice de l’Agence bio. Des marchés qui ont représenté 745 M€ en 2010 (351 M€ en 2005). « Mais pour accompagner cet essor, il faut nourrir les animaux, notamment en céréales », insiste François Thiery. A 20 % en 2005/2006, « la part des approvisionnements extérieurs en céréales a atteint jusqu’à 38 % en 2009 ». Or, 55 % des Français se disent soucieux de l’origine des produits selon le baromètre de l’Agence bio de 2011. A 35 % en 2010, la part des importations « va encore reculer en 2011 », indique Elisabeth Mercier, assurant  que « le mouvement est enclenché ». Mais la dynamique n’est pas la même selon les espèces, et « l’offre de blé dur se développe moins vite que celle de blé tendre », précise-t-elle. « On vend aussi à l’extérieur. L’équilibre recherché se situe parfois à 110 % (des besoins domestiques, NDLR) pour se prémunir également des aléas climatiques. »
S’il est « difficile d’initier le développement sur les céréales », le dossier des bassins de captage et de la qualité de l’eau pourrait être un élément structurant pour les filières dans certaines régions, estime François Thiery. Par ailleurs, « nous comptons beaucoup sur la future Pac ». Satisfaits du projet de la Commission, prévoyant un verdissement des aides, les protagonistes de la bio restent mobilisés alors que « des forces contraires s’exercent ». Procès de l’amiante, condamnation d’un pesticide, disponibilité des ressources, baisse de la biodiversité,… sont, pour François Thiery, autant de sujets démontrant que « la pratique de l’agriculture biologique est en ligne avec les nécessités d’aujourd’hui. (…) Avec la Pac, 2013 sera, ou pas, un déclencheur de conversions des céréaliers en agriculture biologique. »

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