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Filière biocarburant
Le Superéthanol-E85 en superstar en 2022

Tous les indicateurs du secteur sont au vert.

Présentation du bilan 2022 et des perspectives 2023 par la Collective du Bioéthanol, mardi 24 janvier 2023 à Paris. De gauche à droite : Nicolas Kurtsoglou (responsable carburants du SNPAA), Jérôme Loubert (directeur commercial de FlexFuel Company), Sylvain Demoures (secrétaire général du SNPAA), Alexis Landrieu (directeur général de Biomotors) et Fabrice Devanlay (responsable des affaires publiques de Ford France).
© Collective Bioéthanol

Avec + 83 % de consommation en un an, + 20 % de stations E85 (3 300, soit 36 % du parc national) implantées, 3 fois plus de boîtiers de conversion (85 000) installés par rapport à 2021 et six fois plus de véhicules neufs vendus (35 000) comparé à l’année précédente, le Superéthanol-E85 a connu une année faste en 2022. « Fin janvier 2023, l’E85, toujours moins cher que le SP95-E10, en moyenne de - 0,76 euro, a permis de réaliser 675 euros d’économie pour 20 000 km », a complété Sylvain Demoures, secrétaire général du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole (SNPAA).

C’est la principale conclusion de la présentation annuelle faite ce mardi 24 janvier 2023 par les responsables et les acteurs de la filière éthanol dédié aux carburants en France et réunis au sein de la Collective du Bioéthanol. Désormais, le superéthanol représente 6,5 % des essences venues en France en 2022 contre 4 % en 2021. Tout cela dans un contexte de flambée des prix des carburants fossiles, de pénuries, d’inflation générale… et avec des automobilistes de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux.

Lire aussi : La consommation française de Superéthanol E85 grimpe de 33 % entre 2020 et 2021

« Avec un boîtier Bioflex Connect vendu toutes les quatre minutes, chaque jour de travail, l'année 2022 confirme l'intérêt des Français pour le Superéthanol-E85 ! Début 2023, les automobilistes paient 38 euros de moins à chaque plein de 50 litres », a précisé Alexis Landrieu, directeur général de Biomotors.

« Après une année 2022 record qui nous aura permis d’optimiser notre structure et d’améliorer encore notre niveau de service, nous nous projetons plus forts en 2023 avec de nombreux réseaux partenaires à nos côtés. En 2022, Norauto, Autodistribution et Speedy ont représenté 29 000 boîtiers sur les 53 902 commercialisés mais en 2023, de nouveaux acteurs vont s’engager fortement. Un réseau comme First Stop a déjà annoncé l’implantation en une seule fois de 140 garages installant nos boîtiers », a ajouté Jérôme Loubert, directeur commercial de FlexFuel Energy Development. Pour ce dernier, l’intérêt du superéthanol ne réside pas uniquement dans le prix au litre. Et d’expliquer que ce carburant permet des économies aussi sur le prix d’achat du véhicule, le coût d’entretien, le coût de l’assurance et la décote du véhicule.

Et 2023 ?

Alors que 2023 s’ouvre dans un climat d’incertitude (inflation généralisée qui se poursuit, instauration plus intense des zones à circulation restreinte ou ZFE…), les acteurs du superéthanol espèrent atteindre 8 % de part de marché des carburants vendus en France et passer la barre des 3 500 stations-service installées. Ils travaillent aussi pour maintenir l’économie moyenne réalisée en roulant avec ce biocarburant (rappel : 675 euros pour 20 000 km parcourus et 440 euros pour 13 000 km).

Rappelons que la loi Climat et résilience instaure le principe de la mise en place obligatoire des zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m) dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants avant le 1er janvier 2025, pour lutter contre la pollution de l’air. Plusieurs grandes métropoles ont déjà instauré ces zones comme Paris, Lyon, Strasbourg, Toulouse. « Cette mesure cristallise les inquiétudes des automobilistes pour l’avenir de leur mobilité en ville, faute de moyens pour acquérir un nouveau véhicule » souligne les responsables de la filière. La Collective du Bioéthanol soutient les conclusions de la « Mission flash » sur les mesures d’accompagnement de la création de ces zones et « qui préconisent que les voitures équipées de boîtiers E85 soient autorisées dans les ZFE-m car il est possible en effet de les identifier grâce à leur carte grise modifiée ».

La filière devra cependant faire face, à l’instar de l’ensemble des secteurs, à l’augmentation des coûts agricoles et des prix de l’énergie, en particulier du gaz. « Cette inflation généralisée s’est répercutée dans les contrats annuels d’approvisionnement à prix fixe conclus entre les fournisseurs d’éthanol et les distributeurs de carburants pour toute l’année 2023 et signés en général à l’automne », prévient Nicolas Kurtsoglou, responsable carburants du SNPAA.

Le consensus européen sur un plafond maximum de 7 % de biocarburants de première génération dans la consommation finale d’énergie des transports en 2030 devrait favoriser leur essor en France qui, pour le moment, plafonne à 6 %. Il convient de rappeler aussi que la France a banni de sa production et de sa consommation les biocarburants intégrant des huiles de palme et de soja, contrairement à d’autres pays membres où le travail commence sur ce sujet (Allemagne, Belgique, Pays-Bas) ou est encore à faire (pour les autres).

Outre ces éléments, le bilan favorable en termes d’empreinte carbone (notamment en combinant les énergies éthanol et électricité rechargeable) ainsi que la régulation française sur les types d’incorporation (éthanol de résidus, éthanol issu d’huiles végétale hydrogénée et éthanol de marcs, de lies et ligno-céllulosique) pourraient pousser le marché vers le haut.

Engouement des collectivités

La Collective du Bioéthanol met aussi en avant l’intérêt des différentes collectivités de l’Hexagone pour favoriser le déploiement du superéthanol. « Partout en France, les collectivités sont de plus en plus nombreuses à se mobiliser pour aider les Français à faire équiper leur véhicule de boîtiers de conversion E85 homologués. Deux régions (Ile-de-France, PACA-SUD), des départements (Oise, Seine Maritime), des communes et communautés de communes (Montereau, Dammarie-les-Lys, La Tour du Pin, Libourne, Nice Métropole…) déploient des aides pour financer une partie de l’installation du boîtier. 

La région capitale a annoncé, en novembre 2022, prolonger en 2023 son aide à la conversion E85 de 500 euros. La région Hauts-de-France étudie la relance de son aide au cours du premier trimestre de cette année, ce qui pourrait réactiver les aides associées des départements de la Somme et de l’Aisne.

Une filière tricolore efficiente

La France produit 12 millions d’hectolitres par an de bioéthanol. Cela en fait le premier producteur en Europe avec 25 % de la production du continent. La filière mobilise 55 000 agriculteurs qui permettent à 13 sites de production de fonctionner. Le secteur génère 9 000 emplois directs, indirects et induits et produit un chiffre d’affaires de 590 millions d’euros (chiffre 2020). La production de bioéthanol hexagonal permet d’économiser un million de tonnes équivalent CO2 par an. En France, le bioéthanol est produit pour moitié́ à partir de betteraves à sucre et pour moitié́ à partir de céréales (mais et blé́ fourrager). La fabrication de bioéthanol génère également des pulpes de betteraves et des drêches de céréales, riches en protéines, destinées à̀ l’alimentation animale.

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