Aller au contenu principal

« Le courtier participe à la transparence des marchés »

La Dépêche-Le Petit Meunier : Que ce soit en oléagineux ou en blé de meunerie, les marchés, qui ont atteint des sommets, manquent actuellement de fluidité. Quel rôle le courtier peut-il jouer dans ce cas de figure ?
Antoine de Gasquet :
Effectivement, des prix élevés comme on les observe actuellement ne favorisent pas la réalisation de transactions. Une situation qui ne fait que renforcer le rôle du courtier qui est d’apporter de la transparence aux marchés. Nous passons une grande partie de notre temps à collecter des informations, à droite, à gauche. Nous les synthétisons, notamment en ce qui concerne les données conjoncturelles, et les restituons à nos clients. Nous communiquons l’ensemble des offres quotidiennes à tous les opérateurs qui le souhaitent, sans a priori, et en particulier aux vendeurs et acheteurs, mais également à la presse. La France défend, dans le cadre des travaux du G20 sur la régulation, la nécessité de plus de transparence à tous les niveaux. Le courtier y contribue donc, d’autant qu’il a aussi un devoir de neutralité. C’est une donnée importante, garante de son objectivité. A ce sujet, je tiens à rappeler qu’être courtier et négociant à la fois, comme on peut le lire ou l’entendre ces derniers temps, est inconcevable. Le courtier ne peut être juge et parti. Etre propriétaire de la marchandise, comme l’est le négociant, enlève cette neutralité. Ces deux fonctions ne peuvent cohabiter. Sur cette base, il nous arrive de refuser des adhésions à notre syndicat. D’ailleurs, s’il s’avérait que l’un de nos adhérents procédait à cette double activité, en assurant du courtage pour certaines affaires et du négoce pour d’autres, notre commission de discipline serait saisie et des sanctions seraient prises.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Face à des prix élevés, certains peuvent être tentés de commercialiser leur marchandise en direct sans passer par les courtiers comme cela a été le cas lors de la précédente flambée des cours. Constatez-vous une telle tendance à l’occasion de cette nouvelle poussée de fièvre ?
Antoine de Gasquet :
Une autre responsabilité du courtier est d’être le garant de la bonne exécution des contrats. Nous devons apporter à chaque contrepartie des clients fiables. En 2008, quand les prix sont redescendus de leurs sommets, les acheteurs qui s’étaient engagés sur les niveaux de prix les plus élevés ont cherché à rompre leurs engagements.
De nombreux clients vendeurs ayant réalisé des affaires en direct sont revenus vers nous en nous demandant de les aider à faire exécuter leurs contrats. Cette tendance ne se retrouve pas en 2010/2011, d’autant que les marchés sont encore dans la phase ascendante. Les opérateurs sont dans une logique de sécurisation et ont besoin de nos services. D’ailleurs, avec l’accroissement de la volatilité, notre activité n’a fait que s’intensifier.

La Dépêche-Le Petit Meunier : Votre fédération tiendra son assemblée générale le 19 mars à Paris. Quels sont les grands thèmes retenus pour cette réunion annuelle ?
Antoine de Gasquet :
Les sujets que nous venons d’aborder seront bien entendu évoqués. Arrivée des biocarburants, fin des dispositifs de régulation au niveau européen et donc mondialisation des marchés, hausse de la demande dans les pays en voie de développement… En dix voire même cinq ans, les marchés ont été révolutionnés. Les courtiers doivent eux aussi s’adapter et être encore plus rigoureux. Dans cette logique, nous allons nous pencher lors de notre assemblée générale sur la question de l’analyse technique. Cette discipline, encore peu utilisée chez les courtiers,  constitue un support de réflexion supplémentaire dans l’analyse globale des marchés auquel la profession doit donc s’intéresser. Olivier de Ducla, spécialiste financier et auteur de plusieurs ouvrages dans le domaine économique, interviendra sur ce sujet. Après un parcours professionnel à la Société générale, chez Continental Grain Co et Montenay notamment, cet ancien directeur des achats au sein du groupe Lesieur a publié en 2003 “Le krach programmé”, ouvrage inspiré de l’analyse technique. Dans le cadre des formations proposées par la fédération, un module consacré à cette discipline devrait d’ailleurs être développé.

Les plus lus

<em class="placeholder">granulé d&#039;engrais blancs</em>
Marché des engrais : incertitudes, tensions et ajustements face au MACF

La mise en place du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) par l’Union européenne a fortement impacté le marché…

Alain Charvillat, directeur Céréales export de Sénalia.
« Cette première partie de campagne céréalière est une bonne surprise en termes de flux à l’exportation », indique Alain Charvillat

Le directeur Céréales export de Sénalia, le plus important terminal portuaire de Rouen, est plus que satisfait du trafic de…

Photo d'Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains, filiale d'Expana.
« Les exportations françaises de blé sont finalement moins exposées à la menace argentine que les origines mer Noire », déclare Amadou Sarr, analyste chez Stratégie Grains

La récolte record de l’Argentine en blé ne devrait pas pénaliser outre mesure les exportations françaises de blé tendre sur la…

Portrait de Pierre-Jean Huré, directeur commercial du groupe Sica Atlantique
« Nous espérons une meilleure dynamique à l’exportation en blé tendre sur la seconde partie de campagne », indique Pierre-Jean Huré

Le directeur commercial du groupe Sica Atlantique fait le bilan du premier semestre de la campagne de commercialisation 2025-…

De gauche à droite : Franck Bluteau, nouveau président de la Cavac, Jérôme Calleau, ancien président de la Cavac, et Olivier Joreau, directeur général
La coopérative Cavac garde un résultat net positif en 2024-2025

La campagne 2024-2025 a été difficile pour la Cavac, avec une forte baisse des volumes. Le résultat net de la branche…

Diego de la Puente, analyste du marché des grains chez Novitás.
Une récolte de blé record en Argentine pénalisée par la qualité

L’abondante récolte de blé argentin lui confère une grande compétitivité en ce début d’année. Les ventes vers l’Asie sont très…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne