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Entreprises
Écotaxe, possibles aménagements pour limiter l’impact sur l’économie bretonne

Adopté au Sénat le 8 avril, le texte sur l’écotaxe poids lourd était vécu comme un « impôt supplémentaire » qui allait « laminer l’emploi », dénonçaient, le 9 avril, les acteurs économiques agricoles et agroalimentaires bretons. « Par l’importance du fret expédié, par son éloignement des centres de consommation », la région « sera l’une des plus pénalisées », indiquaient-ils. Les aménagements apportés n’étaient en effet pas à la hauteur des promesses de Jean-Louis Borloo, ministre d’État en charge du dossier sous la précédente majorité. Les professionnels régionaux demandaient dés lors son « report sine die ».
Plusieurs amendements ont été apportés lors de l’examen du texte, les 10 et 11 avril par les députés. L’exonération pour certains camions de collecte laitière, accordée en son temps par Jean-Louis Borloo, serait réintégrée. Tout comme le fait que la RN 164, axe central de la région, ne soit pas assujettie à l’écotaxe. Enfin, la minoration liée aux régions périphériques de la Bretagne passerait à 50 % (contre 40 % concédé par le précédent gouvernement). « Cette baisse du taux est liée à la majoration du prix de transport appliquée au chargeur », justifie Xavier Roux, directeur logistique de Le Gouessant. Notons que le texte doit encore passer en commission paritaire mixte le 17 avril.

Une difficile répercussion sur l’aval des filières
Alors que le secteur pratique depuis longtemps le report modal, pour certains flux, comme la livraison d’aliments du bétail ou le ramassage des produits animaux dans les élevages, le transport routier reste incontournable, donc incompressible. Cette Écotaxe se serait élevée (sans tenir compte des potentiels aménagements apportés à l’Assemblée) « à 40 M€ pour l’agriculture et l’agroalimentaire bretons », précisait le communiqué cosigné par plusieurs associations, et notamment l’Afab, Coop de France Ouest et l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne). « Contrairement à la TVA, qui donne lieu à déduction et qui est répercutée au client, l’effet de l’Écotaxe sera, à son premier niveau, concentré sur le tissu productif. » « Elle représente une somme très importante pour les entreprises qui grèverait leur rentabilité, témoigne Xavier Roux. Elle nécessiterait un report sur les clients, donc les éleveurs. Mais ceux-ci ne sont pas en mesure de l’assumer, dans la situation économique actuelle. » Et, du fait du rapport de forces déséquilibré avec la grande distribution, « il existe peu de possibilité de répercuter la taxe en aval ». De plus, une part non négligeable de la production étant exportée, cette charge est vue comme une distorsion de concurrence supplémentaire. L’agriculture et l’agroalimentaire représentent pour la Bretagne 420.000 postes directs et indirects, soit un tiers de l’emploi régional, selon les professionnels. Sans aménagement du projet de loi initial, le coût de l’Écotaxe représenterait alors pour le secteur « l’équivalent de 2.000 » postes.

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