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Prix à la consommation et conjoncture économique
Difficile fin de premier trimestre pour l’économie française

Croissance nulle, confiance et consommation des ménages en baisse et prix à la consommation qui grimpent caractérisent la fin de ce premier trimestre 2022.

La consommation, en jaune, un vrai coup de blues au premier trimestre 2022
© Insee

Au premier trimestre 2022, le PIB de la France « marque le pas » (0 % en variation trimestrielle, après + 0,8 % au quatrième trimestre 2021) selon la première estimation des comptes nationaux trimestriels pour le premier trimestre publiée ce 29 avril 2022 par l’Institut national de ma statistique et des études économiques (Insee).

Alors que les exportations se comporteraient plutôt bien, la demande intérieure (la consommation des ménages notamment) reculerait de façon significative : - 1,3 % pour la période janvier mars 2022 contre + 0,6 % sur les trois mois précédents et + 5,3 % pour le troisième trimestre 2021. La consommation alimentaire des ménages reculerait de 1,7 % pour les trois premiers mois de l’année (+1,1 % au quatrième trimestre 2021).

Une impression trimestrielle renforcée par les seuls chiffres du mois de mars sur la consommation alimentaire, également publiés ce 29 avril : « en mars, la consommation alimentaire diminue de nouveau (–2,5 % après –0,1 %), du fait d'une forte baisse de la consommation de produits agricoles et agroalimentaires. Rapportée au mois de mars 2021, la consommation alimentaire baisse très fortement (–6,9 %). Ce résultat s’explique en partie par le niveau élevé de la consommation alimentaire il y a un an, la crise sanitaire ayant alors conduit à remplacer des services de restauration par de la consommation alimentaire. Sur l'ensemble du premier trimestre 2022, la consommation alimentaire baisse de 1,7 % » peut-on lire dans la note de l’Insee.

On retrouve également cette problématique de dynamisme de la consommation dans la dernière enquête sur la confiance des ménages, publiée le 27 avril par l’Insee. « En avril, la confiance des ménages continue de diminuer, mais moins fortement qu'en mars. À 88, l'indicateur qui la synthétise baisse de deux points et reste ainsi bien au-dessous de sa moyenne de longue période (100). Il est à un niveau voisin des points bas atteints fin 2018 lors du mouvement des gilets jaunes et en 2020 lors des confinements » écrivent les spécialistes de l’Insee.

Quelques motifs d’espoir

Si l’opportunité de réaliser des achats importants est en « très nette baisse » et qu’il apparaît une légère hausse des craintes en matière de chômage, d’autres indicateurs peuvent paraître plus rassurants : celui du niveau de vie à venir apparaît en « léger rebond » et les Français estiment aussi que les prix à la consommation devraient continuer à augmenter, certes, dans les prochains mois mais de façon moins rapide qu’à l’heure actuelle.

En tout cas, pour le mois d’avril 2022, l’Insee estime, dans son estimation provisoire parue le 29 avril, que les prix à la consommation pour le mois d’avril augmenteraient de 4,8 % sur un an. Ils avaient progressé de 4,5 % en mars 2022, toujours sur un an.

« Cette hausse de l'inflation serait due à une accélération des prix des services, de l'alimentation et des produits manufacturés. Les prix de l'énergie resteraient en forte hausse sur un an » expliquent les experts de l’Insee.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,4 %, après +1,4 % en mars. « Les prix de l’énergie se replieraient en lien avec la baisse des prix des produits pétroliers, et ceux des produits manufacturés ralentiraient. Les prix des services accéléreraient, notamment en raison d’un net rebond saisonnier des prix des services de transports. La hausse des prix de l’alimentation serait plus soutenue que le mois précédent ».

Les résultats définitifs concernant les prix à la consommation pour le mois d’avril seront connus le 13 mai et les résultats provisoires pour mai le 31 mai. Il sera par ailleurs intéressant d’analyser le point de conjoncture de l’Insee prévu le 9 mai et qui fera une large place aux prévisions économiques pour le deuxième trimestre 2022 (dont la croissance économique ou PIB) et aux prix à la consommation.

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