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Dans quel état se trouvent les cultures françaises de colza, de pois et de féveroles ?

En France, des dégâts de ravageurs sont rapportés dans les parcelles de colza. Les conditions de cultures des pois et des féveroles sont dégradées par rapport à l'an dernier. 

© Seaq68-Pixabay

Dans quel état se trouvent les cultures de colza, de pois et de féveroles en France en 2024? Selon Thibault Ledermann, responsable relations terrain de la FOP (fédération française des oléagineux et des protéagineux) et Afsaneh Lellahi, directrice de l’action régionale et du transfert de Terres Inovia, les conditions sont globalement moins bonnes que l'an dernier à la même époque. 

Lire aussi : Tour de plaine en France : des surfaces de tournesol stables entre 2023 et 2024, voire en légère baisse

De la mycosphaerella dans les colzas

En colza, « la principale inquiétude provient du manque de luminosité, qui peut affecter le remplissage des grains », alerte Thibault Ledermann en se basant sur les informations collectées auprès de Terres Inovia. Le système racinaire des plantes a parfois été fortement dégradé par les intenses précipitations de ces derniers mois, provoquant dans certains cas des phénomènes de pourriture racinaire. L'état phytosanitaire n'est pas toujours optimal, les températures douces ayant favorisé l'apparition de champignon. « Il y a de la sclerotinia, mais aussi, et cela est assez nouveau, de la mycosphaerella. Cette maladie est traitable, encore faut-il que les agriculteurs puissent entrer dans les parcelles. Il y a aussi des insectes : méligèthes, charançons, etc. », déplore le responsable relations terrain de la FOP. Des problèmes de verse sont également signalés : « les fortes pluies, les vents et parfois la grêle à courber certaines plantes ».  

Pour toutes ces raisons, les volumes de graines de colza en France pourraient bien être inférieurs à ceux de l'an dernier. Rappelons que selon Agreste, plus de 4,3 Mt avaient été récoltées en 2023. Les basses températures actuelles, susceptibles de provoquer des dégâts de gel, n'inquiètent pas outre mesure. « Il faut vraiment que les températures soient très basses et au niveau du sol pour dégrader les plantes », rappelle le représentant de la FOP.

La bactériose fait mal aux pois et aux féveroles

En pois et en féveroles, « nous avons d'importants problèmes de bactériose », signale Thibault Ledermann. Afsaneh Lellahi confirme la situation complexe des protéagineux : « la situation sanitaire en pois n’est vraiment pas brillante et pire que l’année dernière. Il y a eu des retournements en pois d’hiver sans pouvoir les chiffrer. Les conditions météo de l’année sont en cause, le complexe maladie est présent et entretenu par une humidité constante. Les cultures même peu développées sont plaquées au sol par endroit ce qui n’améliore pas les choses ». Le représentant de la FOP ajoute que les agriculteurs n'ont pas forcément porté une attention particulière à ces cultures. En effet, ces espèces étant souvent choisies pour des raisons administratives, à savoir l'obtention d'aides PAC (Politique agricole commune), les producteurs ne sont pas forcément aussi enclins à procéder à des travaux significatifs et parfois coûteux.

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